Mercedes EQC : un premier pas dans le monde de l’électrique (+ photos)

Publié le 04 septembre 2018 à 19h00 | Fabrice SPATH | 5 minutes

Premier modèle électrique du label EQ, le Mercedes EQC offre une autonomie réelle de 350 km et une charge haute puissance limitée à 110 kW

Premier modèle électrique du label EQ, le Mercedes EQC offre une autonomie réelle de 350 km et une charge haute puissance limitée à 110 kW

NOUVEAUTE – Très attendu, le premier véhicule électrique à autonomie étendue de Mercedes vient d’être présenté lors d’un événement dédié à Stockholm. Si le design est conforme au concept présenté il y a deux ans, les spécifications techniques ont en partie été revues à la baisse. Explications depuis la capitale suédoise.


Deux ans déjà que le concept EQ Generation a été révélé au Mondial de l’Automobile de Paris 2016. Premier constructeur premium à répliquer au californien Tesla, Mercedes-Benz s’est pourtant fait griller la politesse par le challenger britannique Jaguar qui, dès cet été, a lancé la commercialisation et la production de son i-Pace, un SUV électrique aux performances très convaincantes. A défaut, la firme de Stuttgart a multiplié les teasers durant la période estivale pour faire patienter presse et clients jusqu’à sa présentation officielle qui a eu lieu ce soir à Stockholm, devant un parterre de quelque 600 journalistes.

 

Offre élargie

Sur le segment des SUV « zéro émission », la concurrence s’intensifie et les lancements se multiplient : outre l’i-Pace, le Mercedes EQC dont la mise en production est attendue début 2019 devra affronter le BMW iX3 ainsi que l’Audi e-tron quattro. Et, bien évidemment, le pionnier Tesla Model X lancé il y a maintenant trois ans. Plus court de 30 cm que ce dernier, le nouveau modèle à l’étoile repose sur la plateforme du SUV compact GLC dont il partagera les chaînes d’assemblage du site de Brême, en Allemagne.

 

Design proche du concept

Esthétiquement, l’EQC est proche des lignes fluides et modernes du concept de 2016. L’inédit masque noir qui entoure optiques et calandre ainsi que les jantes aérodynamiques ont été conservés. Même constat dans l’habitacle épuré : les traditionnels aérateurs ronds ont disparu et la planche de bord accueille une grande dalle numérique inspirée de la nouvelle Classe A. Équipé du système MBUX (Mercedes-Benz User Experience), l’écran central devient tactile – une première chez le constructeur – et intègre une technologie basée sur l’intelligence artificielle dotée de capacités d’apprentissage.

Mercedes EQC électrique 

« One-Pedal Driving »

Disponible en deux livrées – Electric Art et AMG Line –, le Mercedes EQC repose sur des jantes de grandes dimensions (de 19 à 21 pouces) et propose 5 modes de conduite (Comfort/Eco/Max Range/Sport/Individual) et autant de niveaux de récupération d’énergie cinétique lors des décélérations (via des palettes au volant). Et, comme une BMW i3 ou une Nissan LEAF, le SUV peut être piloté avec une seule pédale, un formidable outil dans un environnement urbain. Question finition enfin, les assemblages et les matériaux sont exemplaires et de qualité, comme à l’accoutumée.

 

Performances et transmission

Reste la chaîne de traction dont les caractéristiques semblent enthousiasmantes à première vue : batterie Lithium-Ion d’une capacité de 80 kWh refroidie par liquide, double motorisation – un bloc par essieu – développant une puissance cumulée de 300 kW / 408 ch et un couple maxi de 765 Nm, une transmission intégrale avec un moteur arrière plus puissant offrant a priori un comportement proche d’une propulsion, un 0 à 100 km/h exécuté en tout juste 5,1 s et une vitesse max limitée électroniquement à 180 km/h. 

 

Autonomie et recharge : la triple déception

Suivent les chiffres qui déçoivent pour un véhicule en gestation depuis plus de deux ans. Et en premier lieu l’autonomie qui a été annoncée aujourd’hui à 450 km selon l’ancien cycle NEDC – un comble alors que le WLTP est obligatoire depuis le 1er septembre –, soit moins de 350 km en conditions réelles de roulage. A titre de comparaison, le Jaguar i-Pace et sa pile de 90 kWh offrent une portée de 470 km en WLTP (corrélation NEDC).

Si on pardonnera aux ingénieurs Daimler d’avoir fait l’impasse sur la charge par induction du concept, la présence d’un « petit » chargeur embarqué de 7 kW – équivalent à une Nissan LEAF dont la batterie est pourtant deux fois plus petite – est une erreur. Tandis qu’ont fleuri des bornes accélérées de 11 ou 22 kW en Europe, un chargeur plus puissant aurait été le bienvenu. Histoire de réduire le temps de charge de plusieurs et précieuses heures.

Troisième déception : actionnaire dans le consortium IONITY dont la mission est de déployer 400 stations de charge à haute puissance (350 kW) sur l’ensemble du Vieux Continent d’ici à 2020, le groupe allemand a limité la charge de la batterie à 110 kW sur ce type d’infrastructure (40 mn pour passer de 10 à 80 %). Un non-sens pour un modèle premium alors que la concurrence annonce 150 kW au lancement. Maigre lot de consolation : le système embarqué pourra rechercher et payer la charge sur les bornes IONITY.

 

Un premier pas dans l’électrique

Lourd (2,4 t), puissant (408 ch) et probablement cher (85 000 euros estimés), le Mercedes EQC ne fait pas d’étincelles face à la concurrence directe incarnée par le Jaguar i-Pace et le futur BMW iX3. Pour un premier véhicule électrique de grande série d’un constructeur premium, la fiche technique déçoit. Essentiellement sur la recharge, l’EQC n’exploitant pas à plein les capacités actuelles et futures des infrastructures.

Un petit pas dans l’électrique donc qui, on le souhaite ardemment, sera suivi par des modèles plus efficients et aux capacités de charge étendues. A commencer par la berline compacte EQA qui fera ses débuts sur les chaînes d’assemblage du site mosellan de Hambach en 2019-2020. Trois ans plus tard, le catalogue du constructeur ne comptera pas moins de 10 véhicules à propulsion électrique.

Galerie de photos

Fabrice SPATH

Fabrice SPATH

Cofondateur du site, Fabrice roule en électrique la semaine et en hybride rechargeable le week-end. Après être passé par la case ingénierie chez des constructeurs et équipementiers outre-Rhin, il collabore régulièrement avec la rédaction et travaille au développement de la place de marché.