Stockage d’énergie : Renault veut une méga-batterie de 60 MWh en Europe

Publié le 25 septembre 2018 à 17h00 | Fabrice SPATH | 3 minutes

La future ferme de batteries qui sera opérationnelle en 2020 comptera 2 000 piles Lithium-Ion de véhicules électriques sur trois sites en France et en Allemagne

La future ferme de batteries qui sera opérationnelle en 2020 comptera 2 000 piles Lithium-Ion de véhicules électriques sur trois sites en France et en Allemagne

INNOVATION - D’ici 2020, le constructeur va déployer 2 000 batteries de véhicules électriques sur trois sites en France et en Allemagne. Le plus grand dispositif de stockage d’énergie d’Europe assurera une seconde vie aux piles Lithium-ion de ses modèles « zéro émission » et dopera la part du renouvelable intermittent (éolien et solaire) dans le mix énergétique.


Dans le domaine du stockage d’énergie, Tesla n’est pas le seul constructeur automobile engagé dans les fermes de batteries Lithium-Ion destinées à emmagasiner les énergies renouvelables et à stabiliser le réseau électrique. Si la firme californienne a marqué les esprits fin 2017 avec la mise en service en seulement 100 jours d’une ferme d’une capacité de 100 MWh dans l’État d’Australie-Méridionale, BMW a offert en 2016 une seconde vie à 100 batteries de sa citadine i3 dans le cadre d’un projet de stockage stationnaire à Hambourg (Allemagne) mené en coopération avec R. Bosch et Vattenfall.

 

Écosystèmes intelligents et V2G

Plus récemment, Nissan mettait en service un système composé de 240 batteries usagées - issues de la berline compacte LEAF - développant une capacité totale de 3 MW au sein de l’Amsterdamer Arena alimenté par 4 000 panneaux photovoltaïques installés sur le toit du stade.

L’allié Renault n’est en reste avec le déploiement d’écosystèmes intelligents sur les îles de Porto Santo (Portugal) et de Belle-Île-en-Mer (Morbihan) qui accueillent à la fois un dispositif de stockage stationnaire, une flotte de véhicules électriques et une recharge intelligente capable de s’adapter aux contraintes du réseau, via la technologie « vehicle-to-grid » (V2G) qui permet de réinjecter de l’énergie sur ce même réseau depuis la batterie d’un modèle électrique.

Stockage d'énergie batterie véhicules électriques Renault 

60 MWh pour favoriser les énergies renouvelables

Aujourd’hui, la firme de Boulogne-Billancourt va plus loin avec son projet « Advanced Battery Storage ». D’ici 2020, le constructeur veut déployer le plus important dispositif européen de stockage basé des batteries de véhicules électriques. A compter de 2019, trois sites en France et en Allemagne seront concernés : l’usine Renault de Douai (Nord), celle de Cléon (Seine-Maritime) et une ancienne usine à charbon située dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

A terme, le projet comptera plus de 2 000 batteries de Renault ZOE, Kangoo Z.E. et Twizy pour un total de 60 MWh, soit l’équivalent de la consommation journalière d’une ville de 5 000 foyers. Pour le constructeur, l’objectif est triple : assurer une seconde vie aux piles Lithium-ion de ses modèles « zéro émission », doper la part du renouvelable intermittent (éolien et solaire) dans le mix énergétique mais aussi assurer un équilibre entre offre et la demande sur le réseau.

En le branchant au réseau, un véhicule électrique peut rapporter gros

Parmi les partenaires du projet, le groupe nippon Mitsui mais aussi le suisse The Mobility House qui a collaboré au développement du système de stockage à Amsterdam avec Nissan et qui, le 23 octobre prochain, lancera son programme V2G à Hagen (Rhénanie-du-Nord) avec des LEAF. Une première en Allemagne pour la compacte électrique qui participe depuis de nombreuses années à ce type de dispositif au Danemark et aux Pays-Bas où les utilisateurs sont rémunérés pour la mise à disposition de la batterie de leurs véhicules lors des pics de consommation.

Fabrice SPATH

Fabrice SPATH

Cofondateur du site, Fabrice roule en électrique la semaine et en hybride rechargeable le week-end. Après être passé par la case ingénierie chez des constructeurs et équipementiers outre-Rhin, il collabore régulièrement avec la rédaction et travaille au développement de la place de marché.