En Chine, BYD va construire une méga-usine de batteries de 30 GWh

Publié le 26 septembre 2018 à 17h00 | La rédaction | 3 minutes

Pour répondre à la demande de véhicules électriques dynamisée par les subventions et les futurs quotas, le chinois BYD va construire une méga-usine de batteries de 30 GWh

Pour répondre à la demande de véhicules électriques dynamisée par les subventions et les futurs quotas, le chinois BYD va construire une méga-usine de batteries de 30 GWh

Leader mondial de la vente de véhicules électriques, le groupe BYD annonce qu’il va construire une nouvelle usine de batteries en Chine. Capacité annuelle visée : 30 GWh de cellules.


« Super usine ». C’est ainsi que les médias chinois ont qualifié le nouveau projet récemment dévoilé par BYD. Le groupe automobile s’apprête en effet à bâtir une nouvelle manufacture de batteries, cette fois-ci d'une capacité annuelle de 30 GWh, à Xi'an, capitale de la province du Shaanxi. Un programme pharaonique qui s’inscrit par ailleurs dans le cadre d’un effort plus large du constructeur pour doper sa production de véhicules électriques, et qui va nécessiter la mobilisation de 12 milliards de yuans de financement (1,75 milliard de dollars).

Un montant qui ne devrait toutefois poser aucun problème : avec 9,9 % de parts de marché, BYD est, selon Bloomberg New Energy Finance (BNEF), un institut de recherche basé à Londres, d’ores et déjà le leader mondial actuel des ventes de voitures électriques, suivi de très près par le californien Tesla (9,7%).

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Chute du bénéfice net au premier semestre

Mais une position de leadership acquise surtout grâce à son marché domestique : la Chine est passée de quelques milliers de ventes à plus de 770 000 l'an passé. BYD en a vendu 110 000, soit environ 15 % du total. Une position qui reste toutefois des plus fragiles : BYD a enregistré d’importants reculs de vente dès que le gouvernement de Pékin a commencé à réduire les subventions pour l’achat de véhicules électriques. En 2017, la baisse des incitants financiers a entraîné la chute du bénéfice net du plus grand constructeur chinois de voitures électriques de près de 20 %.

Pour le premier semestre 2018, la société vient d’annoncer que son bénéfice net avait chuté de 72 % par rapport à l'année précédente, à 70 millions de dollars, malgré une croissance des revenus. Des subventions qui, pour rappel, seront progressivement remplacées par un système de quotas à partir de 2019, et qui seront entièrement abandonnées en 2020. Ayant débuté comme fabricant de batteries pour téléphone en 1995, BYD n'a lancé son premier modèle de voitures qu'en 2008.

En Chine, les constructeurs au défi des quotas de véhicules électriques

Excès de confiance ?

Un marché domestique chinois, qui, par ailleurs, deviendra plus ouvert : Pékin a en effet annoncé cette année un assouplissement des règles sur l’obligation de coentreprises pour les firmes étrangères. Une mesure qui vise en particulier les constructeurs de voitures électriques, ces derniers pouvant ainsi dorénavant créer des usines dans l’ex Empire du Milieu sans associer nécessairement à cette démarche des partenaires locaux.

Une plus grande facilité d’accès qui se traduira notamment par la création d’une Gigafactory dans la ville de Shanghai par Tesla, qui en aura « la propriété exclusive ».

D’ici la fin de l’année, BYD prévoit d’atteindre une capacité de production de cellules équivalentes à 28 GWh. Un chiffre qu’il espère porter à 48 GWh en 2019, et jusqu'à 60 GWh dès 2020. Une production de masse pour laquelle la demande devra impérativement suivre. Un scénario loin d’être évident : pour cause, une concurrence plus forte, plus nombreuse aussi, et surtout mieux préparée. BYD souffrirait-il d’un problème d’excès de confiance ?