Voiture électrique : la Chine se prépare à introduire les quotas de vente

Publié le 12 septembre 2018 à 07h00 | Mathieu PARAIN | 3 minutes

Attendus début 2019, les quotas de vente de véhicules à batteries s’accompagnent d’un durcissement des contributions d’attribution des subventions publiques

Attendus début 2019, les quotas de vente de véhicules à batteries s’accompagnent d’un durcissement des contributions d’attribution des subventions publiques

En Chine, le ministère de l’Industrie annonce la suppression de 272 modèles électriques et hybrides de son programme d’aides à l’achat. Un durcissement qui annonce l’arrivée des quotas en 2019 et l’électrification à marche forcée du parc automobile constitué de 185 millions de véhicules.


Le ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l'information (MIIT) a annoncé de nouvelles suppressions de sa liste de véhicules électriques éligibles aux subventions publiques. Ces modèles, au nombre de 272, ne pourront dorénavant plus bénéficier des généreuses aides à l’achat accordées par le gouvernement de Pékin et les instances régionales du pays.

Une décision qui vise à envoyer un signal fort aux constructeurs et importateurs quant à la qualité de leur offre et quant à leur capacité à répondre aux nouvelles exigences du programme d’aides. Abrogations qui s’inscrivent également, et surtout, dans le cadre de la nouvelle politique chinoise de quotas de vente, dont les règlementations commenceront à être effectives d’ici quelques mois.

En Chine, les constructeurs au défi des quotas de véhicules électriques

Triple enjeu

Pour rappel, ces quotas prévoient de contraindre tous les constructeurs présents dans l’Empire du Milieu de produire un volume minimum de véhicules à énergie nouvelle (NEV) chaque an. De 10 % en 2019, leur proportion devra passer à 12 % en 2020. Objectif : atteindre 40 % des ventes sur le territoire dès 2030. Le défi est de taille, en particulier pour les acteurs étrangers : en effet, ceux-ci représentent environ 60 % du marché des véhicules particuliers dans le pays, mais seulement 6 % des ventes de NEV.

Depuis 2014, la Chine encourage et subventionne fortement la construction de NEV, marché qui regroupe véhicules hybrides et 100 % électriques. Pour les pouvoirs publics, cette technologie représente un triple enjeu de santé publique, de sécurité énergétique et de rattrapage technologique : lutter contre la pollution dans les grandes métropoles, réduire sa dépendance aux importations de pétrole, en hausse constante ; et enfin, rivaliser avec les grands constructeurs occidentaux et japonais sur un marché automobile devenu nettement plus ouvert avec la fin annoncée des motorisations thermiques conventionnelles.

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60 % des ventes mondiales d’ici 2030

D’après les estimations de Goldman Sachs, la Chine devrait absorber d’ici 2030 plus de 60 % des ventes mondiales de véhicules électrifiés. Pour rappel, le marché électrique y est aujourd’hui largement soutenu par un système de prime à l’achat pouvant atteindre 66 000 yuans, soit environ 8 500 euros. Outre ces incitants financiers, les NEV sont également exemptés du système de contrôle des immatriculations, normalement attribuées par tirage au sort (à Pékin) ou après acquittement de taxes d’enregistrement prohibitives (à Shanghai).

Mathieu PARAIN

Mathieu PARAIN

Passionné par les motorisations alternatives et attentif à l’impact des normes d’émissions sur le secteur automobile, Mathieu a débuté sa carrière de journaliste en Suisse avant de rejoindre la place de marché dédiée aux véhicules électriques et hybrides.