Pourquoi Mercedes ne craint pas le poids-lourd électrique de Tesla

Publié le 15 juin 2017 à 17h00 | Fabrice SPATH | 3 minutes

Produit en petite série dès la fin 2017, le Fuso eCanter offre une autonomie réelle de 100 km et une charge utile de 2-3 tonnes

Produit en petite série dès la fin 2017, le Fuso eCanter offre une autonomie réelle de 100 km et une charge utile de 2-3 tonnes

Annoncé par Tesla, la mise sur le marché d’un poids-lourd électrique n’inquiète pas le groupe Daimler Trucks. Leader aux Etats-Unis, l’allemand prévoit de lancer une gamme complète de camions « zéro émission » inaugurée en 2019 par le petit Fuso eCanter dont la production en petite série démarrera en fin d’année.

 

Premier camion électrique de grande série pour 2019

Filiale de Daimler Trucks, la marque Mitsubishi Fuso dévoilait en septembre dernier au salon du véhicule utilitaire et industriel IAA 2016 de Hanovre la troisième génération du Canter E-Cell, désormais baptisé eCanter. Au programme : une charge utile de 2 à 3 tonnes, un moteur électrique développant pas moins de 185 kW / 248 ch et un couple de 380 Nm, alimenté par une batterie de 70 kWh assurant en principe 100 km d'autonomie en conditions réelles d’exploitation. Depuis, le camion électrique de classe 3-5 a parcouru plus de 60 000 km sur les routes d’Allemagne et du Portugal. Produit en petite série (150 exemplaires) d’ici la fin de l’année, l’eCanter rejoindra les villes de Tokyo, Lisbonne et New York pour y être testé par des entreprises partenaires.

Premier véhicule électrique de Daimler Trucks, la maison-mère du constructeur premium Mercedes, le Fuso passera à la production de masse dès 2019. Soit un calendrier calqué sur celui annoncé par Tesla l’été dernier lors la présentation de sa stratégie Master Plan, Part Deux. Confirmé en avril dernier par Elon Musk, le co-fondateur de la firme de Palo Alto, le lancement d’un poids-lourds électrique donnera lieu à une présentation officielle d’un premier prototype en septembre 2017 avant une mise sur le marché attendu deux ans plus tard (lire notre article Après la voiture, Tesla se lance dans le camion). Un nouveau concurrent que Daimler, par la voix de Marc Llistossella, le patron de la branche Asie interrogé par le site Business Insider, ne considère pas comme une menace pour son activité.

Camion électrique


Une gamme étendue et une concurrence plus nombreuse

Et M. Llistossella de confier que son groupe composé de 5 marques – Mercedes Trucks, Freightliner Trucks, Mitsiubishi Fuso, Western Star et BharatBenz – dispose des infrastructures, des concessions et du savoir-faire pour entretenir des poids-lourds et se plier aux exigences des opérateurs. Un argument conforté par les positions détenues aux Etats-Unis où Daimler est numéro 1 sur les poids-lourds de classe 8 mais aussi par la présence internationale de Fuso sur 172 marchés. Un challenge que Tesla veut toutefois relever en s’inspirant du succès rencontré sur le segment des véhicules partculiers sur lequel, malgré le lobbying des groupes nord-américains de distribution automobile, le californien a réussi à ouvrir des dizaines de showrooms ou service centers et à installer plusieurs centaines de Superchargeurs. 

Daimler Trucks dont le siège est installé dans l’Oregon ne compte toutefois pas limiter son offre de camion électrique au seul Fuso eCanter. Selon M. Llistossella, une gamme « zéro émission » complète couvrant une grande partie des classes de véhicules sera commercialisée au cours de la prochaine décennie. A l’image de ce que la filiale Mercedes ambitionne de réaliser, à la fois sur le segment des voitures particulières – 10 nouveautés électriques en 5 ans – et sur celui des utilitaires. Reste que le constructeur devra compter sur la concurrence de Google qui travaille au développement d’un camion « zéro émission » à conduite autonome, de Siemens avec ses autoroutes électriques équipées de pantographes ou encore de Nikola Motor et Toyota engagés dans la conception et l'expérimentation de prototypes alimentés à l'hydrogène.

Fabrice SPATH

Fabrice SPATH

Cofondateur du site, Fabrice roule en électrique la semaine et en hybride rechargeable le week-end. Après être passé par la case ingénierie chez des constructeurs et équipementiers outre-Rhin, il collabore régulièrement avec la rédaction et travaille au développement de la place de marché.