Production de batteries : l’Allemagne et la Pologne font cause commune

Publié le 10 septembre 2018 à 09h00 | La rédaction | 3 minutes

Dès 2019, l’Allemagne et la Pologne veulent démarrer une coopération puis une production de cellules pour batteries électriques

Dès 2019, l’Allemagne et la Pologne veulent démarrer une coopération puis une production de cellules pour batteries électriques

Le rapprochement annoncé entre l'Allemagne et la Pologne, deux pays de la « MittelEuropa », dans le secteur des cellules de batteries pour véhicules électriques commence à se concrétiser. Le reste de l’Europe semble oublié par les deux parties.

En visite la semaine passée dans la ville de Varsovie, capitale polonaise, le ministre allemand de l’Économie, Peter Altmaier, a déclaré avoir discuté « intensément » de la mise en place d’un grand projet germano-polonais dans la production de cette technologie d’avenir avec son homologue de la Pologne, Jadwiga Emilewicz. Projet qui doit, selon les deux ministres, prendre exemple sur la réussite d’Airbus qui a su s’imposer dans le secteur aéronautique. Une coopération qui va démarrer dès l’année prochaine, et qui pourrait rapidement aboutir à la création d’un important nouveau site industriel situé à proximité et autour des frontières germano-polonaises.

Combler le vide laissé par le secteur privé

Pour l’Allemagne, la maîtrise de la technologie des cellules de batteries représente un enjeu majeur pour assurer la compétitivité future de sa filière automobile, dont le leadership semble menacé avec l’arrivée de nouveaux concurrents originaire de Chine et des Etats-Unis, en pointe dans les véhicules faiblement polluants. Avec la mise en place de ce partenariat, le pays peut rattraper son retard dans le processus de conception et de fabrication d’une composante clé pour les voitures électriques.

Mais surtout, il serait en mesure de combler, au moins en partie, le grand vide laissé par ses acteurs industriels qui ne veulent pas investir dans un secteur encore jugé peu rentable et consommateur de capital. Pour rappel, ni les constructeurs automobiles, ni les équipementiers allemands, à l’instar de R. Bosch ou Continental, n’ont voulu se lancer dans la construction de cellules dans un avenir immédiat, laissant ainsi le champ complètement libre aux acteurs asiatiques, qui règnent sans partage sur ce marché.

L’Europe, oubliée des discussions ?

Pour la Pologne, l’enjeu est de sécuriser l’avenir de sa filière électrique, qui rencontre un indéniable succès, comme en témoigne la récente acquisition de Solaris par l’espagnol CAF, mais dont la taille est encore insuffisante pour faire face à une concurrence mondiale, qui est loin de s’affaiblir. Le pays dispose de toute une série de PME très dynamiques qui fabriquent des matériaux pour la production de cellules de batterie, et surtout en mesure de faire partie du futur noyau industriel de la coopération avec l’Allemagne. A noter par ailleurs que ni M. Emilewicz, ni M. Altmaier n’ont évoqué à aucun moment la participation d’autres pays européens dans leur projet. Et l’Hexagone dans tout cela ?