Voiture électrique : Continental mise sur la batterie solide et les partenariats

Publié le 29 août 2018 à 05h00 | Mathieu PARAIN | 3 minutes

Après avoir mis en sommeil son projet de trois usines dédiées à la production de batteries solides, Continental souhaite nouer des partenariats dans le domaine

Après avoir mis en sommeil son projet de trois usines dédiées à la production de batteries solides, Continental souhaite nouer des partenariats dans le domaine

Continental déclare à nouveau qu’il ne fermait pas la porte à la production de cellules de batteries. L’équipementier allemand veut se préparer à l’envol du marché de la voiture électrique qu’il prédit pour la deuxième moitié de la prochaine décennie.

 

L’équipementier Continental a récemment fait savoir qu’il était toujours ouvert à l’idée de fabriquer des cellules de batteries pour véhicules électriques, tout en conditionnant la mise en place d’un tel projet par une étude préalable et rigoureuse de rentabilité.

« Nous avons indiqué que nous cherchions à savoir si une activité dans la production de cellules de batterie nous convenait », a tenu à rappeler Wolfgang Schaefer, son directeur financier, dans un entretien accordé à l’agence Reuters après la publication des résultats financiers du groupe pour le deuxième trimestre.

Cependant, a-t-il ajouté, « il est trop tôt pour décider si une telle activité sera réalisée en partenariat, que ce soit en Allemagne ou en Europe, et si un tel partenariat devrait se faire entre constructeurs et fournisseurs ou seulement entre fournisseurs ». Des partenariats aux contraintes différentes qui conditionneront à terme les coûts et les bénéfices retirés de la nouvelle activité.

 

Focaliser les moyens sur la production

Au cas où il décidait de se lancer dans la fabrication de cellules, l’équipementier a par ailleurs d’ores et déjà prévenu qu’il ne souhaitait pas focaliser l’essentiel de ses moyens sur la partie R&D, tâche qui sera donc confiée en grande partie à son (ses) futur(s) associé(s). Sa principale contribution sera du côté de l’industrialisation et de la production selon son actuel PDG, Elmar Degenhart. Une stratégie qui semble s’inspirer de celle adoptée par Volkswagen vis-à-vis de la compagnie QuantumScape, une startup basée en Californie spécialisée dans la conception de batteries à l’état solide.

Chez Continental, on s'attend à ce que le marché de la voiture électrique prenne véritablement son envol à partir de la seconde moitié de la prochaine décennie. En annonçant ne pas vouloir fermer la porte à la production de cellules de batteries, la firme a souhaité donner un signal aux investisseurs qu’elle était prête à faire face à toutes les éventualités, éventualités qui comprennent une possible transformation radicale du paysage de l’industrie automobile.

Batteries solides Continental

Parier sur les batteries à l’état solide

Par ailleurs, M. Degenhart a également soutenu que les batteries de véhicules électriques doivent avoir une densité de 1 000 wattheures par litre (Wh/L) pour commencer à être compétitives, alors que les solutions actuelles, qui fonctionnent au lithium-ion, offrent au mieux environ 300 Wh/L. Une telle performance « ne se produira qu'avec des batteries à l’état solide », a affirmé le responsable. Prochain défi majeur sur l’agenda de Continental : travailler sur l’émergence de la technologie des batteries à l’état solide.

Mathieu PARAIN

Mathieu PARAIN

Passionné par les motorisations alternatives et attentif à l’impact des normes d’émissions sur le secteur automobile, Mathieu a débuté sa carrière de journaliste en Suisse avant de rejoindre la place de marché dédiée aux véhicules électriques et hybrides.