Elon Musk : les voitures électriques "sont encore trop chères"

Publié le 28 janvier 2019 à 15h00 | Fabrice SPATH | 3 minutes

Dans son mail envoyé le 18 janvier dernier aux salariés du groupe, le directeur général de Tesla Inc. a annoncé la suppression de plus de 3 000 emplois à temps plein. Un moyen d’anticiper la montée en puissance de la concurrence mais aussi la mise en production de la version d’accès de la Model 3.


Vendredi 18 janvier, vers 1h20 du matin (heure de Californie), le directeur général de Tesla envoyait une note de service à l’ensemble de ses salariés. Après avoir souligné les nombreuses réalisations de l’année passée - parmi lesquelles le second bénéfice de la jeune histoire du constructeur -, Elon Musk a annoncé une nouvelle coupe dans ses effectifs.

 

Concurrence des grands groupes automobiles

Une variable d’ajustement sur un marché encore embryonnaire à laquelle l’ancien président du Conseil d’administration a dû se plier et se résoudre à licencier l’équivalent de 7 % des emplois à temps plein, soit plus de 3 000 salariés.

Un nouveau coup dur pour une partie des employés, après plusieurs vagues de recrutement lancées en 2018 pour assurer la montée en cadence de la production de la familiale Model 3.

Pourquoi l’électrique restera inabordable pour les revenus modestes ?

Une décision justifiée par le cofondateur de l’entreprise comme nécessaire « pour aider l'entreprise à relever les défis uniques auxquels elle est confrontée. » Des défis tels que « rendre nos voitures, nos batteries et nos produits solaires concurrentiels au regard des combustibles fossiles », des produits qui, admet M. Musk, sont « encore trop chers pour la plupart des gens ».

Et le dirigeant de reconnaître que Tesla est désormais entré en compétition « avec de grands concurrents bien établis ... [les employés] devront donc travailler beaucoup plus que les autres fabricants pour survivre. »

 

La Model 3 à 35 000 dollars pour le printemps

Numéro 1 des ventes de véhicules électriques et hybrides rechargeables aux États-Unis, Tesla est, sous la contrainte de ses principaux investisseurs et des marchés financiers, contraint de réussir à atteindre la rentabilité au plus vite.

Après avoir lancé en priorité les versions haut de gamme de sa Model 3 - garantes de marges plus élevées - qui a permis à la firme de Palo Alto de sortir de son marché de niche et de venir concurrencer les marques allemandes premiums parmi lesquelles BMW et Mercedes-Benz, Tesla se doit d’en augmenter le rythme d’assemblage - 5 238 unités par semaine au 28 janvier - et, surtout, de mettre en production la version d’accès de la familiale électrique.

Citadines électriques : des économies facturées au prix fort 

Annoncée outre-Atlantique à un prix de départ de 35 000 dollars, cette version « Standard » devrait rejoindre les lignes au printemps prochain. L’Europe qui ne bénéficie actuellement que de deux déclinaisons haut de gamme - Long Range et Performance - devra patienter un an de plus (au moins). D’ici là, le Vieux Continent bénéficiera à son tour de la variante Mid Range facturée 45 000 dollars. Des tarifs qui s’entendent hors taxes et aides à l’achat.

En France, les premiers clients de la Tesla Model 3 seront livrés le mois prochain, pour un tarif démarrant à 59 500 euros ou 419 euros/mois pour une LOA (hors bonus de 6 000 euros). Des prix de vente qui, associés à l’exonération totale de TVS pour les entreprises et aux budgets carburant et entretien réduits, en font une redoutable concurrente aux Audi A4, BMW Série 3 et Mercedes Classe C.

Fabrice SPATH

Cofondateur du site, Fabrice roule en électrique la semaine et en hybride rechargeable le week-end. Après être passé par la case ingénierie chez des constructeurs et équipementiers outre-Rhin, il collabore régulièrement avec la rédaction et travaille au développement de la place de marché.



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