En Norvège, le manque d’infrastructure de recharge se fait sentir

Publié le 12 octobre 2017 à 07h00 | La rédaction | 3 minutes

Grâce à un soutien unanime des pouvoirs publics, les modèles électriques et hybrides rechargeables représentent 40 % du parc automobile d'Oslo, la capitale

Grâce à un soutien unanime des pouvoirs publics, les modèles électriques et hybrides rechargeables représentent 40 % du parc automobile d'Oslo, la capitale

Au mois de septembre en Norvège, une voiture neuve vendue sur cinq était électrique. Ce ratio fait de la pétromonarchie scandinave la référence incontestée en matière de vente de véhicules électriques en Europe.

 

25 % des ventes de voitures neuves en électrique

Tout ce que les constructeurs proposent en matière de véhicules à batteries semble s’être donné rendez-vous le long des artères d’Oslo, la capitale de la Norvège. BMW i3, Volkswagen e-Golf, Kia Soul EV, Peugeot iOn, Citroën C-Zero, ­Renault ZOE, Nissan LEAF, pour ne citer que les modèles les plus courants. Quant aux Tesla, c’est un défilé continu. Les Model X succèdent aux Model S. Les véhicules haut-de-gamme du fabricant californien, vélos sur le toit, semblent constituer désormais la voiture lambda des familles de cadres.

Facilement repérables grâce à leur plaque d’immatriculation commençant par « EV », les voitures « zéro émission » ont franchi une nouvelle étape dans leur conquête de la pétromonarchie au mois de septembre dernier. Une voiture neuve vendue sur cinq y était en effet 100 % électrique. Et ce n’est qu’une moyenne. A Bergen, sur la côte ouest du pays, la part de marché atteint désormais 45 %. A Oslo, elle est passée à 40 %. Même dans la partie la plus septentrionale où le froid glacial de la température réduit de moitié la capacité des batteries, ce taux s’élève maintenant à près de 5 %. Un taux trois supérieur à celui enregistré en France. Et en comptabilisant les modèles hybrides rechargeables, les véhicules à très faibles émissions représentent plus de 40 % des ventes de voitures neuves.

Voiture électrique Norvège 

Soutien unanime des pouvoirs publics

Sture Portvik, chef de projet au sein de l’Agence de l’environnement urbain de la mairie d’Oslo, explique le large succès rencontré par les véhicules électriques dans son pays par le soutien unanime dont ils ont bénéficié du côté des décideurs politiques. « Quelles que soient les familles politiques, tout le monde a soutenu cette décision [La promotion par les pouvoirs publics des voitures électriques afin de lutter contre les pollutions atmosphérique et sonore en milieux urbains, NDLR], pointe-t-il. Une unanimité qui a été essentielle, car elle a permis de créer de la cohérence et d’adopter une perspective sur le long terme. »

 

Besoin important en nouvelles infrastructures de recharge

Toutefois, le succès a son revers : les ventes sont allées plus vite que l'installation de nouvelles bornes de recharge. Résultat, à Oslo où le parc automobile est composé à 40 % de modèles électriques et hybrides rechargeables mais où 60 % des gens vivent en appartement, c'est la saturation. « En ce moment, les infrastructures de recharge font partie de nos priorités », admet Christina Bu, la Présidente Norsk Elbilforening, l'association norvégienne de véhicules électriques. Le pays scandinave a par ailleurs aussi besoin d'aménager plus d’emplacements dédiés aux deux-roues électriques.

De son côté, M. Portvik souligne la nécessité de limiter la taille du parc automobile norvégien. « Même s’il s’agit de voitures électriques, nous ne voulons pas une augmentation de la circulation à caractère privé. Rouler électrique doit rester ­attractif, mais investir dans les infrastructures publiques ou convaincre les professionnels de s’équiper en véhicules électriques sont les ­priorités » a-t-il ainsi déclaré. Et si le gouvernement n’a pas encore légiféré sur le sujet, l’idée d’interdire la vente de véhicules thermiques à l’horizon 2025 fait son chemin.