Mercedes EQA : des compromis et quelques étoiles

Publié le 21 janvier 2021 à 10h36 | Fabrice SPATH | 5 minutes

Offrant une autonomie WLTP de 426 km, le Mercedes EQA sera commercialisé au printemps 2021 à un tarif inférieur à 50 000 euros (hors aides)

NOUVEAUTÉ - Basé sur l’actuel Mercedes GLA animé par des motorisations thermiques, l’EQA est un SUV compact, fruit de nombreux compromis techniques. En attendant une plateforme commune dédiée aux chaînes de traction à batteries qui sera inaugurée en 2025, le constructeur de Stuttgart nous offre une première version baptisée 250 dotée d’une autonomie de 426 km WLTP. Commercialisation au printemps 2021 à un tarif inférieur à 50 000 euros (hors aides).


Révélée sous la forme d’un concept lors de l’édition 2017 du salon de Francfort, le Mercedes-Benz EQA ne sera donc pas une berline compacte mais un SUV appartenant au même segment et ne sera pas produit sur le site mosellan de Hambach, cédé en décembre dernier par la maison-mère Daimler au groupe britannique Ineos, mais à Rastatt (Allemagne).

 

Pas de plateforme dédiée

Après la marque Smart qui ne commercialise plus que des véhicules électriques en Europe, après le monospace compact Mercedes Classe B 250e dont la chaîne de traction a été développée en partenariat avec l’américain Tesla, après le SUV familial Mercedes EQC dont les immatriculations ont longtemps patiné, le groupe Daimler vient de dévoiler à la presse le Mercedes EQA. Un SUV compact qui reprend en partie la base technique du frère jumeau GLA à motorisations thermiques, à l’instar de l’EQC reposant sur la plateforme du GLC.

Si les principaux avantages de ce partage consistent en des économies d’échelle et en la capacité de pouvoir assembler le nouveau modèle sur les mêmes chaînes que le GLA, en Allemagne mais aussi en Chine, la base technique n’est clairement pas optimisée pour accueillir une chaîne de traction 100 % électrique, comme cela est le cas - ou le sera dans un avenir proche - pour les MEB et PPE au sein du groupe Volkswagen.

Il faudra attendre le printemps prochain pour que le vaisseau amiral EQS inaugure la plateforme EVA (Electric Vehicle Architecture) - dédiée aux segments supérieurs Classe E et S ainsi qu’à leurs déclinaisons SUV - et même 2025 pour voir la plateforme MMA (Mercedes-Benz Modular Architecture) être étrennée par un premier modèle compact (Classe A et B).

 

Autonomie WLTP : 426 km

Programmée pour juin, la commercialisation de la première version badgée 250 du Mercedes EQA sera une traction d’une puissance maximale de 140 kW / 190 ch (375 Nm) alimentée par une batterie Lithium-Ion d’une capacité totale de 66,5 kWh offrant une autonomie de 426 km selon le cycle mixte WLTP. Une performance modeste, comparée aux 550 km WLTP que peut parcourir la compacte Volkswagen ID.3 équipée du grand accumulateur 77 kWh, probablement liée à l’absence de plateforme dédiée mais aussi au type de carrosserie, le crossover étant moins aérodynamique. Autre bémol lié à ce choix : le coffre arrière voit son volume passer de 435 à 350 litres.

Un compromis technique qui ne fait toutefois pas l’impasse sur un système de charge performant, avec un chargeur embarqué de 11 kW (5h45 sur une Wallbox résidentielle ou une borne publique de même puissance) et une puissance de 100 kW en crête sur une station haute puissance de type IONITY (prise Combo 2, standard CCS). Sur une prise de courant domestique (13 A), il faudra compter une vingtaine d’heures pour faire le plein d’énergie de la batterie.

Sur le plan des performances, l’EQA 250 abat le 0 à 100 km/h en 8,9 secondes et la vitesse maximale est volontairement bridée à 160 km/h. Quant à la consommation homologuée communiquée par la firme à l’étoile, elle s’établit à 17,7 kWh/100 km.

 

Un assistant ECO pour optimiser l’autonomie

Stylistiquement très proche du GLA, l’EQA s’en distingue par une calandre pleine soulignée d’un filet lumineux sur sa partie supérieure, un hayon arrière traversé par un bandeau à LED, des boucliers arrière remodelés et des jantes spécifiques. Dans un second temps, le véhicule bénéficiera d’une version à transmission intégrale 4MATIC grâce à l’ajout sur l’essieu arrière d’un second moteur électrique synchrone à aimants permanents (asynchrone sur le train avant) dont la puissance sera supérieure à 200 kW mais aussi d’une version à autonomie étendue (500 km).

Dotée de cinq niveaux de récupération d’énergie au freinage (jusqu’à 140 kW), la version électrifiée du GLA bénéficie d’un système de récupération et de gestion de l’autonomie baptisé « ECO Assist » qui, en fonction du niveau de charge de la batterie et de l’état de la circulation, assiste le conducteur dans l’anticipation et le lâcher de pédale. Comme sur une Volkswagen ID.3, le système anticipe les limitations de vitesse, les stops, virages et autres carrefours en utilisant le frein moteur du véhicule. Mais contrairement à une BMW i3 ou à une Nissan LEAF, il n’est pas ici question de conduite à une seule pédale avec un freinage jusqu'à l'arrêt total.

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L’avis de la rédaction

Long de 4,46 mètres, large de 1,83 mètres et doté d’un empattement de 2,7 mètres, l’EQA n’est autre qu’un GLA électrifié dont il reprend d’ailleurs une grande partie de sa plateforme et de ses éléments de carrosserie.

Un choix qui se paie en termes d’habitabilité, avec un plancher arrière rehaussé, un volume de coffre amputé de 85 litres mais aussi en matière d’autonomie, les 66,5 kWh et leurs 426 km d’autonomie faisant pâle figure face aux 448 km de la Tesla Model 3 Standard Plus (53,6 kWh).

Pour satisfaire les futurs clients, Mercedes promet un tarif serré (47 540,5 euros en Allemagne, hors aides) rapprochant le modèle d’un GLA thermique à prestations et équipements équivalents ainsi qu’un dispositif de charge à haute puissance particulièrement performant. En effet, la courbe de charge sur une station IONITY devrait tutoyer les 95 kW pendant une vingtaine de minutes afin de remplir la batterie de 10 à 80 % (soit 46,55 kWh d’énergie) en tout juste 30 minutes.

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Fabrice SPATH

Cofondateur du site, Fabrice roule en électrique la semaine et en hybride rechargeable le week-end. Après être passé par la case ingénierie chez des constructeurs et équipementiers outre-Rhin, il collabore régulièrement avec la rédaction et travaille au développement de la place de marché.



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