Royaume-Uni : hausse de la taxe diesel, investissement dans les bornes de recharge

Publié le 08 décembre 2017 à 11h00 | Mathieu PARAIN | 3 minutes

Suivant la cylindrée, la taxe sur l’achat d’un véhicule diesel augmentera de 20 à 500 livres à partir du printemps 2018

Suivant la cylindrée, la taxe sur l’achat d’un véhicule diesel augmentera de 20 à 500 livres à partir du printemps 2018

Tous les véhicules diesels seront frappés d’une hausse de taxe à partir de l’année prochaine au Royaume-Uni. A l’exception de ceux qui répondent aux standards RED Step 2, qui sont les normes d’émissions polluantes les plus exigeantes dans le pays. En parallèle, le royaume va investir 400 millions de livres dans les infrastructures de charge pour véhicules électriques

 

Jusqu’à 500 livres de taxes supplémentaires

Le gouvernement britannique a annoncé mercredi 22 novembre que la VED, acronyme désignant la Vehicle Excise Duty, taxe dont s'acquittent les propriétaires de véhicules au moment de l'achat, sera revue à la hausse pour tous les moteurs diesels à compter du 1er avril 2018, sauf pour ceux qui répondent aux standards « Real Driving Emissions (RED) Step 2 », qui sont actuellement les normes les plus exigeantes en matière d’émissions polluantes au Royaume-Uni.

 La majoration commence à partir de 20 livres (environ 22,5 euros) pour les motorisations les plus petites, mais pourra atteindre plusieurs centaines de livres (jusqu’à 500) pour celles disposant des cylindrées les plus élevées. A titre d’exemple, une citadine Ford Fiesta diesel est actuellement taxée de 120 livres la première année. Avec cette augmentation, le montant de la taxe sera de 140 livres. Les recettes résultant de ces augmentations seront utilisées pour financer les projets d’amélioration de la qualité de l’air du gouvernement, a indiqué Philip Hammond, le ministre des Finances. Il faut que « nos enfants puissent respirer un air pur », a-t-il une nouvelle fois martelé.

Voiture diesel Royaume-Uni

Investissement dans les infrastructures de recharge

Par ailleurs, et afin d’encourager l’utilisation des voitures électriques dans le royaume, M. Hammond a annoncé que le gouvernement allait investir près de 400 millions de livres (449 millions d'euros) dans les bornes de charge. « Nos futurs véhicules seront autonomes, mais ils seront d’abord électriques », a affirmé le ministre. Ce dernier a également confirmé une enveloppe de 100 millions de livres (112 millions d'euros) pour continuer à soutenir l'achat de véhicules hybrides rechargeables jusqu'en 2020 dans le pays.

Gareth Dunsmore, le patron de la division des véhicules électriques de Nissan Europe s’est félicité de cette décision. « Un investissement de 400 millions de livres sterling pour stimuler le déploiement des points de charge des véhicules électriques est une nouvelle étape bienvenue dans le développement de l'infrastructure des voitures électriques au Royaume-Uni, alors qu'un nombre croissant de consommateurs se tournent vers les véhicules électriques », a déclaré M. Dunsmore.

 

Budget injuste et incohérent

Le patron de la Société des constructeurs et des négociants automobiles du Royaume-Uni, Mike Hawes, a en revanche fustigé le projet de budget du gouvernement. Il estime en particulier que l’instauration des normes d’émissions RED step 2 est injuste en l’état actuel des choses. « Il est irréaliste de penser que nous pouvons accélérer la mise au point de la prochaine génération de diesel propre en quatre mois », a-t-il ainsi mis en garde. Il critique aussi l’incohérence du projet gouvernemental qui, dit-il, « ne fera rien non plus pour enlever les véhicules les plus vieux et les plus polluants de nos routes dans les années à venir », alors qu’ils sont « les pires obstacles dans la quête d'une meilleure qualité de l'air ».

Mathieu PARAIN

Mathieu PARAIN

Passionné par les motorisations alternatives et attentif à l’impact des normes d’émissions sur le secteur automobile, Mathieu a débuté sa carrière de journaliste en Suisse avant de rejoindre la place de marché dédiée aux véhicules électriques et hybrides.