Zones à faibles émissions (ZFE) : les livraisons urbaines, cibles prioritaires

Publié le 10 octobre 2018 à 15h00 | Fabrice SPATH | 3 minutes

Pour respecter la directive européenne sur la qualité de l’air, 15 collectivités territoriales vont mettre en place des zones de restriction de circulation d’ici la fin 2020

D’ici la fin 2020, quinze collectivités territoriales mettront en place des « zones à faibles émissions ». Objectifs : interdire les véhicules les plus polluants et se conformer à la réglementation européenne en matière de concentration de dioxydes d’azote. Pour y parvenir, les métropoles de Strasbourg et de Grenoble ciblent prioritairement le transport de marchandises.


Au printemps dernier, la France était renvoyée devant la Cour de justice de l’Union européenne pour non-respect de la directive sur la qualité de l’air. Une décision motivée par les nombreux dépassements de dioxydes d’azote (NOx) dans les principales métropoles du pays. Un gaz principalement issu de la combustion des moteurs diesel et dont les effets sur la santé sont délétères. Pour se conformer à la réglementation, l’ancien ministre de l’Écologie Nicolas Hulot avait présenté un plan au début de l’été dont les premières actions seront mises en œuvre dans les prochains mois.

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15 ZFE en France, 220 en Europe

Lundi 8 octobre, 15 collectivités territoriales se sont engagées à déployer des « zones à faibles émissions » (ZFE) sur leur territoire d’ici la fin 2020. Autrement dit, des zones de restriction de circulation dont seules Paris et Grenoble dans une moindre mesure se sont dotées ces dernières années. Dans ce domaine, la France est à la traîne, le Vieux Continent comptant pas moins de 220 zones de ce type.

Fonctionnant sur la vignette CRIT’Air, chaque collectivité décidera du périmètre de la zone (centre-ville ou agglomération), des plages horaires, des catégories de véhicules concernées (tous ou seulement les poids lourds) et de la progressivité des restrictions. D’ici deux ans, les deux villes pionnières seront rejointes par les métropoles du Grand Paris, du Grand Lyon, d’Aix-Marseille, de Strasbourg, Nice, Toulouse, Montpellier, Clermont, Saint-Etienne, Reims, Toulon, Rouen et Fort-de-France.

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Transport de marchandises, cible première

Paris a ouvert la voie en annonçant l’interdiction des véhicules particuliers et utilitaires à motorisation diesel immatriculés avant 2005 (Crit’Air 4 et antérieur) de ses rues en semaine, de 8 à 20 heures, et ce à compter de juillet 2019. L’ensemble des véhicules diesel sera définitivement banni de la capitale en 2024, l’exécutif souhaitant interdire toute forme de motorisation thermique - y compris l’essence - à l’horizon 2030. Un calendrier ambitieux qu’a décidé de retenir le Grand Paris via l’extension de la « zone à faibles émissions » au-delà du périphérique.

Depuis le 1er septembre, la ville de Strasbourg interdit aux véhicules de livraison les plus anciens et donc les plus émetteurs d’accéder à son centre-ville. Une démarche dont Grenoble fera sienne au printemps 2019 avant que l’ensemble des communes des deux métropoles ne soient concernées par le dispositif. Un premier pas qui ne règle toutefois pas le problème des poids-lourds sur les grands axes dont les systèmes antipollution ont été à plusieurs reprises mis en cause. Et qui, depuis l’abandon de l’écotaxe en 2014, ne sont pas soumis au principe du pollueur-payeur.

Fabrice SPATH

Cofondateur du site, Fabrice roule en électrique la semaine et en hybride rechargeable le week-end. Après être passé par la case ingénierie chez des constructeurs et équipementiers outre-Rhin, il collabore régulièrement avec la rédaction et travaille au développement de la place de marché.



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