Voiture à hydrogène : 400 stations en Allemagne pour lancer le marché

Publié le 10 novembre 2016 à 07h00 | Fabrice SPATH | 3 minutes

Une version hydrogène de la Mercedes Classe B sur une station-service allemande Shell équipée d’une station de distribution

L’Etat fédéral allemand n’exclut aucune énergie alternative pour réduire les émissions de CO2 de son parc automobile. Si la voiture électrique avait jusqu’alors toutes les faveurs de la chancelière Angela Merkel, celle dopée à l’hydrogène devrait elle aussi bénéficier d’un plan d’accompagnement. De 21 stations publiques actuellement opérationnelles, le pays s’est donné pour objectif d’atteindre les 400 unités en 2023.
 

Un programme national de 955 millions d’euros

Conséquence du Dieselgate et des engagements pris par l’Etat dans la réduction des émissions de CO2, le Conseil fédéral allemand (Bundesrat) adoptait début octobre une résolution portant sur l’interdiction de la vente de véhicules diesel et essence dans le pays à l’horizon 2030. Une résolution adoptée par les représentants des 16 Länder à une très large majorité qui a surtout vocation à montrer la voie aux industriels et à inciter le gouvernement fédéral d’atteindre cet ambitieux objectif (lire notre article à ce sujet). Un mois seulement après le coup d’éclat du Bundesrat, le ministre des Transports Alexander Dobrindt a présenté hier lors d’une conférence de presse tenue à Berlin son plan stratégique en faveur des infrastructures destinées aux carburants alternatifs.

Toyota Mirai : essai de la première voiture à hydrogène

Dans sa mission d’accompagnement du marché de la mobilité à faibles émissions polluantes, le ministre débloquera une enveloppe d’un montant total de 955 millions d’euros qui sera investie sur la période 2017-2023. Avec un investissement de 440 millions d’euros, la voiture électrique tient toujours une place prépondérante dans la stratégie gouvernementale de réduction des émissions du secteur des transports. Pour soutenir le programme d’aides à l’achat mis en œuvre au printemps, M. Dobrindt souhaite l’installation de 10 000 bornes de recharge publique et 5 000 bornes rapides supplémentaires d’ici la fin de la décennie. Soutenu depuis de nombreuses années par l’Etat, la filière hydrogène mobilité profitera elle aussi d’une importante manne financière.

 

100 stations à hydrogène opérationnelles en 2018

Initié en partenariat avec les pétroliers Shell et Total, le réseau de distribution d’hydrogène comptait 21 stations publiques au 1er juillet dernier. Pour doper les ventes de véhicules équipés d’une pile à combustible, le ministre allemand a annoncé le déblocage d’une enveloppe de 247 millions d’euros sur la période 2017-2023 et l’installation de 100 stations de distribution dès la fin 2018. Cinq ans plus tard, l’Allemagne devra compter un total de 400 stations publiques à hydrogène, un nombre suffisant pour ravitailler les Hyundai Tucson FCEV, Honda Clarity et autres Toyota Mirai. Des constructeurs asiatiques qui ont pris le leadership mondial sur cette technologie qui peine à s’imposer face aux véhicules 100 % électriques dont une borne rapide est 20 fois moins onéreuse qu’une station d’hydrogène.

Voiture à hydrogène : une bataille mondiale perdue d’avance

Restés au stade de la petite série chez Daimler, les véhicules à hydrogène prennent progressivement du crédit auprès des constructeurs allemands. Mercedes commercialisera dès l’année prochaine une déclinaison de son GLC doté d’une pile à combustible tandis que BMW a récemment annoncé qu’un modèle équivalent verra le jour au début des années 2020. Chez Volkswagen, la division premium Audi présentait il y a deux ans son prototype A7 h-tron Quattro (lire notre essai détaillé) puis son concept h-tron dont la version de série reste encore incertaine. La force de ces modèles réside dans l’autonomie délivrée (500 km) et dans le temps de charge du réservoir équivalent à un plein de carburant fossile, contrairement aux actuelles bornes de recharge rapide qui nécessitent un temps d’arrêt de 30 minutes environ pour une autonomie recouvrée de 150 km.

Fabrice SPATH

Cofondateur du site, Fabrice roule en électrique la semaine et en hybride rechargeable le week-end. Après être passé par la case ingénierie chez des constructeurs et équipementiers outre-Rhin, il collabore régulièrement avec la rédaction et travaille au développement de la place de marché.



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