Essai du Toyota RAV4 Hybride : seul au monde ! (+ photos)

Publié le 16 janvier 2016 à 07h51 | Jean-Christophe LEFEVRE | 6 minutes

La quatrième génération du Toyota RAV4 adopte une motorisation hybride essence-électrique de 197 ch

Lancé en 1994, le Toyota RAV4 adopte pour sa quatrième génération une motorisation hybride déjà proposée sur le cousin Lexus NX 300h. Si le crossover compact n’apporte pas d'innovations majeures, il délivre des prestations déjà validées et fiabilisées par le savoir-faire de Toyota dans le domaine du véhicule à double motorisation hybride essence-électrique. Essai à son volant sur les routes de la province d’Alicante (Espagne) par Jean-Christophe Lefèvre.

 

4x2 ou 4x4 , au choix

Toyota n'est pas peu fier d'avoir défriché le premier, il y a 20 ans, le domaine du "Recreational Active Vehicle 4 wheel drive" avec son bien nommé RAV4. Quatre générations plus tard, le spécialiste de l'hybride lui offre enfin une version essence-électrique disponible en version 4x2 avec un seul moteur électrique à l'avant (105 kW/143 ch et 270 Nm) ou 4x4 avec un autre moteur entraînant les roues arrière (50 kW/68 ch et 139 Nm), tous deux affichant les mêmes performances et quasiment la même consommation.

Dans les deux cas, le 4 cylindres essence est un nouveau "gros" 2.5 l ne développant que 152 ch et 206 Nm car fonctionnant selon le cycle Atkinson qui favorise le rendement au détriment de la puissance. Au total, la puissance cumulée est de 197 ch (145 kW) en 4x2 comme en 4x4, largement suffisante mais "limitée" par la capacité de la batterie (1,59 kWh, 45 ch) et l'électronique de puissance qui va répartir cette capacité de traction. Ainsi, le moteur électrique arrière sert surtout à fournir du couple et favoriser le remorquage (1 650 kg au lieu de 800 kg en 4x2) ainsi qu'une meilleure adhérence en accélération sur sols glissants.

 

Du très classique

Une architecture de traction somme toute classique chez Toyota-Lexus - avec les Prius, Auris, Yaris et RX450h ou NX300, frère jumeau - qui y adjoint l'incontournable boîte à variation continue CVT. Cette dernière est enfin plus agréable à l'usage car la sensation de mouliner en permanence à l'accélération a été neutralisée par une modification de la gestion moteur – à condition de ne pas enfoncer trop brutalement l'accélérateur.

Autre architecture classique pour le N°1 mondial de l'hybridation essence, l'utilisation d'une batterie Nickel Hydrure métallisée fiable et moins coûteuse que la Lithium Ion. Sa capacité demeure restreinte mais nous a tout de même permis de rouler en mode EV (100 % électrique) sur un peu plus de 2 km à la vitesse maximale de 50 km/h. Largement de quoi faire baisser la consommation d'essence en utilisation urbaine à moins de 7 l/100 km. Les éléments de batterie sont judicieusement placés sous la banquette arrière, n'entamant pas ou peu la capacité du coffre en 4x2 comme en 4x4 avec 46 l en moins par rapport au RAV4 diesel (501 l au lieu de 547 l). En revanche, les dossiers ne se rabattent pas totalement à l'horizontale. Mais l'encombrement total généreux de cette 4ème génération (4,61 m de longueur) favorise le chargement de nombreux bagages, tout comme l'habitabilité des passagers arrière.

 

Lourde hybridation

Si les prestations au quotidien en ville ou en périurbain sont donc positives, dès que l'on prend la route, a fortiori l'autoroute, le bilan est moins flagrant tant en termes d'agrément de conduite que d'économies d'usage. En effet, ce RAV4 Hybride est lourd, très lourd : 1 625 kg en 4x2 et 1 690 kg en 4x4, soit une centaine de kilos de plus que le RAV4 diesel 2.0 l D4-D qui vient de s'équiper du bloc BMW de l'Avensis (143 ch et 4,7 l pour 123 g, disponible uniquement en 4x2 et BVM, à partir de 28 000 euros). Un embonpoint qui pèse sur la consommation moyenne de ce RAV4 hybride car nous avons relevé en utilisation mixte autoroute et route, environ 9 l/100 km.

C'est beaucoup, surtout sans récupération possible de la TVA sur le carburant pour les entreprises – une situation qui devrait changer progressivement d'ici 2020 selon Pascal Ruch, le patron de Toyota France. Il justifie aussi l'exclusion à 5 g près, au bonus de 750 euros pour les hybrides et, par conséquent, de l'exonération partielle de taxe sur les véhicules de société (TVS) – 110 g de CO2 au maximum – en arguant de l'impossibilité d'élaborer une stratégie mondiale d'hybridation de Toyota et du RAV4 en fonction de la législation de chaque pays. Autrement dit, le coût nécessaire pour passer de 115 g (avec roues de 17 pouces) à 110 g est bien trop élevé pour justifier un développement spécifiquement hexagonal.

 

Défauts corrigés

Dommage, car ce RAV4 Hybride a aussi corrigé ses quelques points négatifs observés lors du lancement de cette 4ème génération en 2013. A savoir sa mauvaise insonorisation ici "étouffée" avec 5 kg d'un épais matelas sur le tablier avant et le plancher de l'habitacle. Mais aussi des matériaux plus valorisants pour la planche de bord, en plastique moussé avec un écran tactile plus grand. Et une amplitude des amortisseurs plus importante avec des ressorts moins durs, améliorant nettement le confort dynamique des passagers, la souplesse l'emportant sur la raideur. Enfin, la filtration des remontées de la route est excellente, favorisant par-là les longs parcours. Notons aussi que la direction électrique a été reparamétrée pour une meilleure information de guidage mais il est dommage que les pneumatiques d'origine (Bridgestone Ecopia, basse consommation) soient trop glissants, provoquant dans les transferts de masse en appui, un miaulement caractéristique d'un roulis trop prononcé allant jusqu'au sous-virage marqué si l'on adopte un rythme de conduite soutenu. Rien de grave, l'électronique de sécurité (enrichie et de série) corrigeant tout cela.

Optimisme assumé

Ces prestations routières et « fiscales » contrastées n'empêchent pas Pascal Ruch de miser sur un doublement de ses ventes de RAV4 grâce à cette version hybride qui devrait représenter 70 % du mix dont 30 % en 4x4. Il faut dire que, à finition comparable (Dynamic, roues de 17'', clim' mais pas de GPS), l'hybride débute à 33 400 euros, soit tout juste 3 000 euros de plus que son homologue diesel (+ 2 300 euros en 4x4). Pour les particuliers comme pour les entreprises, si ce dernier est montré du doigt, le nouveau SUV compact hybride peut montrer patte blanche et accéder aux centres-villes à circulation restreinte. Et le patron de Toyota France s'enorgueillit toujours de pouvoir garantir les meilleures valeurs résiduelles du segment. 

Toyota RAV4 Hybrid (tarifs, caractéristiques, fiscalité, ...)

 


Toyota RAV4 (roues 17'')

Hybride 4x2 CVT

Hybride 4x4 CVT

2.0 D-4D 4x2 BVM6

Moteur thermique (cm3)

2 494

2 494

1 995

Puissance/couple (ch/Nm)

152/206

152/206

143/320

Moteurs électriques (kW/Nm)

AV : 105/270

AV : 105/270

AR : 50/139

-

Batterie

1,59 kWh

1,59 kWh

-

Puissance cumulée (ch)

197

197

-

Conso. mixte (l/100 km)

4,9

5,0

4,7

Émissions de CO2 (g/km)

115

117

123

Vitesse maxi (km/h)

180

180

195

0 à 100 km/h (s)

8,3

8,3

9,6

Poids à vide (kg)

1 625

1 690

1 535

Charge utile (kg)

580

580

600

Coffre (l)

501/1 633

501/1 633

547/1 746

L x l x h (mm)

4 605 x 1 845 x 1 675

4 605 x 1 845 x 1 675

4 605 x 1 845 x 1 675

À partir de (€ TTC)

33 400

35 700

28 000

 

Galerie de photos

Les plus

  • hybridation en ville
  • finition de qualité
  • confort et insonorisation
  • capacité de remorquage

Les moins

  • consommation sur route
  • sensibilité au roulis
  • pas de bonus
  • pas d'exonération de TVS

Jean-Christophe LEFEVRE

Journaliste auto depuis plus de 30 ans, sa passion c'est le journalisme sous toutes ses formes. Essayeur attitré des lecteurs de l'Auto-Journal, du Monde et du Figaro, cet « auto addict » a aussi copiloté le site éponyme et écrit aujourd'hui pour Breezcar, Silver Age et la presse auto pro.



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