Présidence Trump : Elon Musk pactise-t-il avec le diable ?

Publié le 26 janvier 2017 à 16h30 | Fabrice SPATH | 3 minutes

Favorable à la nomination de l’ancien patron d’ExxonMobil à la tête de la Diplomatie américaine, le patron de Tesla Motors a créé un début de polémique

Ardent défenseur de la transition énergétique, le patron de Tesla Motors a une seconde fois surpris ses partisans en soutenant la nomination de Rex Tillerson, ancien patron d’ExxonMobil, à la tête de la diplomatie américaine. Un écart qui intervient au moment où l’agence de protection de l’environnement (EPA) est mise en coupe réglée par la nouvelle administration Trump.

 

Le bénéfice du doute

Opposant affirmé aux énergies fossiles n’hésitant pas à donner de la voix dans la lutte contre le changement climatique, le visionnaire entrepreneur Elon Musk avait surpris ses partisans et clients en acceptant mi-décembre d’être nommé au conseil économique au sein de l’équipe de transition de Donald Trump. Une nomination qui avait valu au cofondateur de Tesla Motors de nombreuses critiques acerbes, certains y voyant tout de même la possibilité d’infléchir de l’intérieur les positions pour le moins radicales du Républicain en matière de réglementations environnementales.

Pragmatique, M. Musk qui a été reçu lundi à la Maison Blanche en compagnie d’autres décideurs pour évoquer les viviers de création d’emplois, a apporté le lendemain son soutien à Rex Tillerson, ancien dirigeant du pétrolier ExxonMobil et candidat au poste de Secrétaire d’Etat (affaires étrangères). En réaction à un article du magazine The Economist favorable à sa candidature, Elon Musk a déclaré sur Twitter qu’il est « peut-être surprenant venant de moi mais je pense que Rex Tillerson a les compétences pour être un excellent Secrétaire d’Etat ». Puis d’affirmer à l’agence Bloomberg que le candidat climatosceptique convaincu « mérite le bénéfice du doute ».

 

Assouplir les normes antipollution

Déception pour les uns, scandale pour les autres : les followers du compte Twitter du dirigeant de Tesla Motors et de SpaceX ont été extrêmement partagés quant à ses prises de position. Un début de polémique que Musk a habilement éteint en annonçant un nouveau projet de tunnel reliant son bureau de Hawthorne jusqu’à l’aéroport international de Los Angeles (LAx) pour éviter les embouteillages. Reste que sa participation aux réunions de Washington a jeté le trouble sur sa probité, à l’image de la réunion de mardi qui a rassemblé les dirigeants des Big 3 de Detroit.

Automobile : l’EPA finalise les nouvelles normes avant l’arrivée de Trump

Mary Barra pour General Motors (GM), Mark Fields pour Ford et Sergio Marchionne pour Fiat Chrysler Automobiles (FCA) ont donc rencontré Donald Trump pour évoquer le retrait du Traité transpacifique, le non-renouvellement de l’Accord de libre-échange nord-américain, la relocalisation des sites de production aux Etats-Unis ainsi que l’assouplissement des normes antipollution validée par l’EPA quelques jours avant sa prise de fonction. Une agence de protection de l’environnement qui est, depuis, mise en coupe réglée – interdiction est faite aux salariés de communiquer avec les médias ou sur les réseaux sociaux – et qui attend son prochain directeur en la personne de Scott Pruitt, le Procureur général de l’Oklahoma connu pour contester le consensus scientifique sur le changement climatique.

Fabrice SPATH

Cofondateur du site, Fabrice roule en électrique la semaine et en hybride rechargeable le week-end. Après être passé par la case ingénierie chez des constructeurs et équipementiers outre-Rhin, il collabore régulièrement avec la rédaction et travaille au développement de la place de marché.



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