Daimler : l'arrivée rapide de l'électrique va lui coûter très cher

Publié le 23 février 2018 à 11h00 | Mathieu PARAIN | 3 minutes

Entre les indemnisations des fournisseurs et la volatilité des cours des métaux, Daimler s'attend à devoir faire face à de lourdes charges financières

Entre les indemnisations des fournisseurs et la volatilité des cours des métaux, Daimler s'attend à devoir faire face à de lourdes charges financières

Dans son rapport annuel publié récemment, Daimler, propriétaire des marques Mercedes-Benz et Smart, a prévenu ses actionnaires qu'un abandon des voitures diesel au profit des véhicules électriques pourrait contraindre l'entreprise à renflouer certains de ses fournisseurs – c'est-à-dire à leur verser des « paiements compensatoires ».

 

« En raison de l'électrification prévue des nouvelles séries de modèles et d'un déplacement de la demande des clients des moteurs diesel vers les moteurs à essence, la division Mercedes-Benz Cars est particulièrement confrontée au risque d’avoir besoin de nouveaux volumes de composants provenant des fournisseurs », a déclaré Daimler dans son rapport annuel. « Cela pourrait entraîner une sur- ou sous-utilisation des capacités de production de certains fournisseurs », a-t-il estimé. Et de prévenir que si ces derniers ne peuvent pas couvrir leurs coûts fixes, ils risquent d’exiger « des paiements compensatoires », qui constitueront une nouvelle source de dépenses pour le groupe.

2018, l’année de tous les dangers pour Daimler

L'expansion nécessaire de la capacité des usines des fournisseurs pourrait également nécessiter une participation de Daimler, ajoute le rapport. De lourdes charges financières qui s’ajoutent à d’autres : la firme de Stuttgart a en effet déclaré plus tôt ce mois-ci que la croissance de ses bénéfices serait freinée cette année par les investissements consacrés aux nouvelles technologies, telles que les systèmes de pilote autonome. Pour rappel, l’entreprise fait également l'objet d'une action en justice pour fraude aux normes anti-pollution dans le cadre d'un recours collectif aux États-Unis pour laquelle elle peut être condamnée à verser plusieurs milliards de dollars d’amende.

Depuis 2015, année qui a révélé le scandale du Dieselgate, les constructeurs automobiles doivent faire face à un contrôle légal et réglementaire de plus en plus accru sur les niveaux de pollution émis par leurs véhicules diesel. Pour notamment éviter une interdiction totale de ces véhicules, Daimler et d'autres fabricants ont accéléré le développement des voitures électriques et accepté de mettre à jour leur logiciel de gestion des moteurs afin de réduire les niveaux de pollution. Une réorientation à marche forcée des activités qui touche aussi les fournisseurs automobiles, lesquels sont obligés d’effectuer de nouveaux investissements pour satisfaire les demandes nouvelles en matière d’électrification.

Volatilité des matières premières

Dans son rapport annuel, Daimler a également indiqué que les crises et les incertitudes géopolitiques pourraient entraîner des goulets d'étranglement dans l'approvisionnement de certaines matières premières, ce qui poussera à la volatilité de leurs cours. Toutefois, « la capacité de répercuter les coûts plus élevés des produits de base et d'autres matériaux sous la forme de prix plus élevés pour les véhicules fabriqués est limitée en raison de la forte pression concurrentielle sur les marchés internationaux de l'automobile » a précisé le groupe allemand.

Mathieu PARAIN

Mathieu PARAIN

Passionné par les motorisations alternatives et attentif à l’impact des normes d’émissions sur le secteur automobile, Mathieu a débuté sa carrière de journaliste en Suisse avant de rejoindre la place de marché dédiée aux véhicules électriques et hybrides.