Train à hydrogène : Alstom livre deux premiers exemplaires à l’Allemagne

Publié le 20 septembre 2018 à 05h00 | La rédaction | 3 minutes

Alstom vient de livrer les deux premiers trains à hydrogène d’Europe au Land allemand de Basse-Saxe

Alstom vient de livrer les deux premiers trains à hydrogène d’Europe au Land allemand de Basse-Saxe

Le groupe français Alstom a lancé le premier train à hydrogène au monde, lundi 17 septembre, dans le nord de l'Allemagne. Une innovation « née d'un travail d'équipe franco-allemand », selon les mots de son PDG, Henri Poupart-Lafarge, et qui vise à s'affranchir du diesel sur les lignes ferroviaires non électrifiées.

Le modèle Coradia iLint d’Alstom est équipé de piles à combustible qui transforment en électricité de l'hydrogène stocké sur le toit et de l'oxygène ambiant. « L'hydrogène gazeux sera injecté dans les trains depuis un conteneur en acier d'environ 12 mètres de haut », explique le groupe français, qui sera bientôt absorbé par l’industriel germanique Siemens, dans un communiqué.

« Avec un plein, les trains auront une autonomie totale de 1 000 kilomètres, ce qui leur permettra de circuler sur le réseau durant toute une journée », poursuit-il. En outre, des batteries Lithium-Ion permettront de stocker l'énergie récupérée pendant le freinage, laquelle est réutilisée dans les phases d'accélération.

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Alternative sérieuse au diesel pour les petites lignes régionales

Si le Coradia iLint émet uniquement de la vapeur d'eau et de l'eau condensée, l’hydrogène qu’il utilise n’est pas pour autant "vert" puisqu'il a été produit à partir de gaz naturel, une énergie fossile émettrice en CO2. Stefan Schrank, directeur du projet, assure toutefois que les émissions de CO2 resteront inférieures de 45 % à celles d'un train roulant au gazole. Un inconvénient qu’il espère régler en produisant à terme de l'hydrogène sur place, par un processus d'électrolyse. « Une éolienne suffirait à faire circuler 5 trains à hydrogène », glisse-t-il. « L'objectif, c'est 0 % de CO2. »

Les deux exemplaires du Coradia iLint livrés à l’EVB (Eisenbahnen und Verkehrsbetriebe Elbe-Weser), société privée dont l’un des actionnaires est le land de Basse-Saxe, vont relier les villes de Cuxhaven, Bremerhaven, Bremervörde et de Buxtehude sur une ligne d’environ 100 km. C'est là le cœur de cible du nouveau train d'Alstom : les petites lignes que les autorités régionales n'ont pas les moyens d’électrifier – il faut compter un investissement de 1,5 million d'euros par kilomètre -, mais que ces dernières ne veulent pas pour autant condamner ad vitam æternam aux trains au gazole, bruyants et polluants.

Un prix encore élevé

Les Coradia iLint sont plus chers que leurs homologues roulant au diesel. Pour l’acquisition des deux trains, la Basse-Saxe a investi 81 millions d'euros au total. Selon Alstom, ce différentiel est amorti en dix ans grâce aux économies réalisées sur les coûts d'énergie. Outre l’Allemagne, d'autres pays ont montré leur intérêt pour le transport ferroviaire faisant usage de l’hydrogène, comme le Royaume-Uni, le Danemark, l'Italie ou encore la France. Dans l’Hexagone, une partie non négligeable du parc de TER roule encore au diesel, faute d’électrification des lignes.

« Nous voulons favoriser le développement des trains à hydrogène et nous conseillons de temporiser sur l’électrification des lignes ferroviaires non équipées », a martelé il y a quelques mois Philippe Duron, le Président du Conseil d’orientation des infrastructures (COI).