Voiture électrique : la France détient le plus grand parc d’Europe

Publié le 24 mars 2017 à 17h30 | Fabrice SPATH | 3 minutes

Grâce à un écosystème complet, la France vient de franchir le cap des 100 000 véhicules électriques en circulation

Grâce à un écosystème complet, la France vient de franchir le cap des 100 000 véhicules électriques en circulation

La France détient désormais le plus grand parc de véhicules électriques d’Europe. Avec plus de 100 000 voitures et utilitaires « zéro émission » immatriculés depuis 2010, le pays s’offre le luxe de déclasser la Norvège. Fragile, la croissance est essentiellement tirée par la citadine Renault ZOE tandis que le marché représente moins de 1,5 % des ventes.

 

117 000 électriques et hybrides rechargeables

Le jeudi 23 mars 2017 est une date à marquer d’une pierre blanche. Celle où la France a franchi le cap symbolique des 100 000 véhicules électriques en circulation. Un chiffre qui place l’Hexagone en tête des pays les plus dynamiques en matière de mobilité électrique, devant la Norvège pourtant considérée comme l’une des références mondiales en la matière. Communiqué par l’Avere France, l’association nationale de référence du secteur, ce chiffre est à mettre en parallèle avec celui révélé un peu plus tôt dans la semaine par Renault qui a signé son 100 000e contrat de location de batteries en Europe. Un hasard du calendrier qui tombe à pic et fait de l’Hexagone l’une des références européennes en matière de mobilité à très faibles émissions polluantes. En comptabilisant les modèles hybrides rechargeables, le nombre de véhicules à batteries rechargeables grimpe à 117 000 unités.

Parc électrique France 

Bornes de recharge, aides à l’achat, …

Patiemment construit, l’écosystème français de la voiture électrique compte une généreuse panoplie d’aides à l’achat, une dense infrastructure de recharge ainsi qu’une offre élargie en concessions. Légèrement modifiée au 1er janvier 2017, le bonus « écologique » pour l’achat d’un modèle 100 % électrique se monte à 6 000 euros et le « super bonus » également appelée prime à la conversion se monte à 4 000 euros (contre la mise à la casse d’un vieux diesel). Côté bornes de recharge publique, la France compte depuis peu plus de 16 000 points de charge accessibles au public. Parmi ces derniers, on dénombre plus de 500 bornes rapides installées sur les principales aires d’autoroutes et les parkings des centres commerciaux. En concession enfin, l’offre élargie qui couvre actuellement tous les segments a contribué à la bonne santé du marché.

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Croissance fragile et dépendances

La croissance à deux chiffres enregistrée depuis le début des années 2010 ne doit toutefois pas cacher une certaine fragilité. A commencer par une part de marché qui a rarement dépassé 1,5 % des ventes de véhicules neufs. En 2016, la France a ainsi immatriculé plus de 27 300 voitures et utilitaires électriques, soit 1,04 % des immatriculations totales. Une paille à comparer aux chiffres avancés par la Norvège où la voiture électrique représente depuis le début de l’année près de la moitié des mises à la route. Autre menace : la trop forte dépendance du marché hexagonal aux produits de l’Alliance Renault Nissan qui, l’an passé, a représenté les deux tiers des ventes de véhicules électriques. Une particularité française qui s’est encore accentuée en ce premier trimestre avec l’arrivée de la nouvelle Renault ZOE Z.E. 40. Enfin, et comme le rappelle l’Avere France, la position du pays sur le Vieux Continent ne sera maintenue que si les pouvoirs publics pérennisent les dispositifs d’aides initiés à l’occasion de la création du bonus/malus « écologique ».

Fabrice SPATH

Fabrice SPATH

Cofondateur du site, Fabrice roule en électrique la semaine et en hybride rechargeable le week-end. Après être passé par la case ingénierie chez des constructeurs et équipementiers outre-Rhin, il collabore régulièrement avec la rédaction et travaille au développement de la place de marché.