EDF annonce un grand plan pour la voiture électrique en Europe

Publié le 11 octobre 2018 à 09h00 | Fabrice SPATH | 3 minutes

Dès 2019, EDF lancera des offres intégrées parmi lesquelles des solutions de charge « pour tous les clients disposant d’une place de parking »

Dès 2019, EDF lancera des offres intégrées parmi lesquelles des solutions de charge « pour tous les clients disposant d’une place de parking »

D’ici 4 ans, l’énergéticien français veut devenir le premier fournisseur d’électricité et le premier opérateur d’infrastructures de charge pour véhicules électriques en France, au Royaume-Uni, en Belgique et en Italie. Si le montant des investissements n’a pas été communiqué, EDF lancera dès 2019 des offres intégrées dans chacun de ces pays.


Déjà présent sur le marché des véhicules électriques via sa filiale Sodetrel qui exploite quelque 5 000 bornes de recharge publiques, dont les stations rapides du réseau autoroutier CORRI-DOOR ainsi que le réseau parisien BElib’, EDF veut désormais en devenir un acteur incontournable. Hier mercredi 10 octobre, le groupe a révélé ses ambitions de devenir le principal fournisseur d’électricité pour véhicules électriques et premier opérateur d’infrastructure de charge dans les 4 principaux pays où il est présent en Europe : la France, le Royaume-Uni, la Belgique et l’Italie.

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Plan solaire, stockage et mobilité électrique

D’ici 2022, l’énergéticien français s’est engagé à installer 75 000 nouvelles bornes publiques et privées et à donner accès à un réseau de 250 000 stations interopérables sur le Vieux Continent. Un plan en faveur de la mobilité électrique qui intervient près d’un an après l’annonce d’un grand plan pour l’énergie solaire et d’un véhicule d’investissement pour développer son activité stockage par batteries.

Si le marché de la voiture électrique reste encore embryonnaire avec une part de marché de seulement 1,2 % sur les 9 premiers mois de l’année (source : CCFA) et un parc de 150 000 unités en circulation dans l’Hexagone, EDF table sur une croissance soutenue lors de la prochaine décennie, portée par la réduction des émissions de CO2 imposée aux constructeurs par le législateur européen. Selon ses prévisions, les quatre pays cibles devraient accueillir 1 million de véhicules « zéro émission » en 2020, 4 millions en 2025 et 17 millions en 2035.

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Transformer la voiture en batterie mobile

Dès l’an prochain, le groupe piloté par Jean-Bernard Lévy lancera des offres intégrées dans chacun de ces pays, parmi lesquelles des solutions de charge « pour tous les clients disposant d’une place de parking », de fourniture d’électricité bas carbone - et non totalement renouvelable - ainsi que des « solutions innovantes pour tous les clients ne disposant pas d’une place de parking » sans préciser s’il s’agira d’un service mobile ou d’un système de charge intégré aux lampadaires comme le propose déjà le partenaire allemand Ubitricity dans plusieurs villes d’Europe.

Autant d’annonces qui interviennent dans un contexte difficile pour EDF, affaiblit par de la désaffection de plusieurs centaines de milliers de clients, par la baisse de la demande en électricité mais aussi par le phénomène d’autoconsommation. Très en retard sur le sujet du vehicule-to-grid (V2G) qui permet de transformer un modèle électrique en batterie mobile capable d’injecter de l’énergie sur le réseau lors des pics de consommation - et donc de limiter les investissements dans le renforcement des infrastructures -, le groupe souhaite déployer 4 000 bornes intelligentes d’ici 2020, probablement en partenariat avec Renault et Nissan.

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Fabrice SPATH

Fabrice SPATH

Cofondateur du site, Fabrice roule en électrique la semaine et en hybride rechargeable le week-end. Après être passé par la case ingénierie chez des constructeurs et équipementiers outre-Rhin, il collabore régulièrement avec la rédaction et travaille au développement de la place de marché.