Véhicule électrique : le Royaume-Uni veut en faire une source d'énergie

Publié le 15 février 2018 à 17h00 | La rédaction | 3 minutes

Pour développer la technologie Vehicle-to-Grid sur son territoire, le Royaume-Uni va investir près de 34 millions d'euros dans différents projets

Pour développer la technologie Vehicle-to-Grid sur son territoire, le Royaume-Uni va investir près de 34 millions d'euros dans différents projets

Le Royaume-Uni vient d’accorder un financement de 30 millions de livres sterling à un ensemble de projets qui visent à développer la technologie du « Vehicle to Grid » dans le pays. Nissan compte ainsi installer 1 000 bornes de recharge bidirectionnelles qui pourront réinjecter de l’énergie dans le réseau.

Près de 30 millions de livres sterling (soit 33,6 millions d’euros) viennent d’être alloués par le gouvernement britannique à 21 projets axés sur le V2G (Vehicle to Grid) dans le cadre de son premier investissement majeur dans cette technologie. « Ces programmes montreront comment l'énergie stockée dans les batteries des véhicules électriques pourrait être utilisée par le système électrique pendant les heures de pointe, avant d'être rechargés pendant les heures creuses, à temps pour que leurs conducteurs puissent partir pour leur prochain voyage », a déclaré le gouvernement dans un communiqué. L’un des objectifs politiques majeurs de ce dernier est de transformer le pays en un leader mondial dans la conception et le développement des technologies propres, notamment dans le domaine des batteries.

 

Révolutionner la façon de stocker et de gérer l’énergie

Plusieurs acteurs économiques et académiques à travers le royaume bénéficieront du financement : constructeurs automobiles, fournisseurs d'énergie, exploitants d'infrastructures, agrégateurs, mais aussi universités. Les projets qui ont été sélectionnés couvrent en effet un vaste champ de recherche allant de l’économie à l’ingénierie en passant par le marketing et le commerce. Certains parmi eux vont ainsi tenter d’identifier la valeur et les revenus qui peuvent être générés par la technologie V2G, tandis que d’autres vont tester les meilleures façons de combiner les chargeurs V2G avec des unités de batterie domestique.

Le ministre britannique des Transports, Jesse Norman, a déclaré qu'au fur et à mesure que le nombre de véhicules électriques augmentera et que la capacité de leurs batteries progressera, il y aura « une immense opportunité » pour que ces véhicules apportent une contribution significative à l’efficacité du réseau. « Ces projets sont à la fine pointe de leur domaine, a souligné M. Norman. Tout comme les conceptions visionnaires de Brunel et Stephenson dans les transports, elles pourraient révolutionner la façon dont nous stockons et gérons l'électricité, aujourd'hui et demain ».

 

1 000 points de recharge V2G d’ici trois ans

Parmi les projets industriels retenus, il y a celui du groupe nippon Nissan qui vise à installer 1 000 bornes de recharge V2G dans l'ensemble du Royaume-Uni au cours des trois prochaines années. Financé à hauteur de 9,8 millions de livres, il verra également la participation des énergéticiens Northern Powergrid, UK Power Networks, National Grid et Nuvve, mais aussi de l'Université de Newcastle et de l'Imperial College London qui seront chargées d’effectuer des travaux de recherche et d'analyse poussés.

« Il s'agira de la première démonstration à grande échelle de la technologie V2G dans le monde entier et, ce qui est crucial, ce projet réunit pour la première fois tous les acteurs clés – un géant de l'industrie automobile avec des fournisseurs d'énergie, des experts en infrastructures et des universitaires », a déclaré Myriam Neaimeh, chercheur à l'Université de Newcastle. En France, la région Grand Ouest s’apprête également à déployer des bornes bidirectionnelles fournies par le constructeur Honda.