Opel Ampera-e : la citadine électrique va-t-elle révolutionner le marché ?

Publié le 07 septembre 2016 à 11h45 | Fabrice SPATH | 4 minutes

Il y a quelques jours, les patrons de General Motors et d’Opel ont testé une Ampera-e de développement au siège du Blitz à Rüsselsheim

Premier modèle 100 % électrique du Blitz, la citadine Opel Ampera-e sera présentée dans sa version de série au prochain Mondial de Paris. Très attendue, la cousine européenne de la Chevrolet Bolt offrira une autonomie de 300 km et un tarif « canon » qui devrait se situer sous la barre des 30 000 euros. Ces qualités suffiront-elles pour concurrencer les BMW i3, Nissan LEAF et autres Renault ZOE ?

 

D’une Ampera à l’autre

Lancée sur le Vieux Continent en 2011, l’Opel Ampera fut la première voiture électrique du marché à être équipée d’un prolongateur d’autonomie. A l’époque déjà, la berline 4 places disposait d’une déclinaison nord-américaine baptisée Chevrolet Volt. Deux modèles qui affichaient jusqu’à 80 km d’autonomie en mode 100 % électrique et 500 km grâce au prolongateur matérialisé sous la forme d’un bloc essence 1,4 l cantonné au rôle de génératrice d’électricité. Malgré les qualités de l’Ampera, le succès commercial ne fut pas au rendez-vous et le groupe General Motors (GM) décida en 2015 de cesser sa distribution en Europe.

Opel Ampera : fin de commercialisation en 2016

Grâce à la demande du marché et aux lois « zéro émission » votées dans de nombreux Etats, le Canada ainsi que les Etats-Unis ont eu droit à une seconde génération de la Chevrolet Volt. Plus habitable et plus efficiente, cette deuxième mouture sera rejointe dès le début de l’année prochaine par un modèle 100 % électrique. Baptisée Chevrolet Bolt, la citadine aux allures de monospace a été dévoilée sous la forme d’un concept en janvier 2015, à l’occasion du Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas. Après plusieurs mois de suspens, la Bolt aura elle aussi droit à une variante européenne appelée Opel Ampera-e. L’histoire se répète …

 

Une concurrence distancée

Le nouveau véhicule électrique de GM avait fait sensation auprès du public et des journalistes, d’abord au CES, l’incontournable événement annuel dédié à l’électronique grand public, puis au salon de Detroit où Barack Obama avait pris place à son bord. Un enthousiasme qui s’explique notamment par sa grande batterie de 60 kWh co-développée avec le sud-coréen LG Chem, son autonomie de 300 km, ses performances de bombinette et son tarif « abordable » de 30 000 dollars (après aides) outre-Atlantique. Des prestations qui ont de quoi inquiéter la concurrence qui craint de se faire doubler par un acteur qui n’a jamais pris de risques sur le marché du 100 % électrique.

Voiture électrique : la concurrence s’organise autour des batteries

Initiée par la compacte Nissan LEAF 30 kWh, l’hypertrophie des batteries Lithium-Ion a plus récemment été embrassée par la citadine BMW i3 qui, avec ses 33 kWh d’énergie embarquée, offre une autonomie moyenne de 200 km (contre 180 km pour la nippone). Chez l’allié au Losange, la citadine Renault ZOE ne devrait pas recevoir de nouvelle batterie avant 2017 ou 2018 (lire notre article Renault ZOE : vers une autonomie de 320 km en option ?). Et en Californie, la Tesla Model 3 précommandée à plus de 400 000 exemplaires ne sera pas produite avant la fin 2017. Une situation qui devrait profiter à la nouvelle Opel Ampera-e qui sera officiellement présentée au Mondial de l’Automobile de Paris (du 1er au 16 octobre) et dont la production débutera dans la foulée.

L’électrique idéale ?

Entre l’Opel Ampera-e et sa cousine nord-américaine, seules des éléments esthétiques minimes à l’extérieur (optiques et boucliers) et dans l’habitacle les différencient. En toute logique, la chaîne de traction électrique de la Chevrolet Bolt devrait être conservée, à savoir un bloc délivrant une puissance de 150 kW / 204 ch et un couple maximal de 360 Nm, le tout alimenté par une batterie Lithium-Ion développant une capacité de 60 kWh. Une cavalerie qui offrira à la citadine au Blitz des performances dignes du label OPC, avec un 0 à 50 km/h exécuté en seulement 3,2 secondes et une vitesse maximale bridée électroniquement à 146 km/h.

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Avec une autonomie annoncée de 300 km (cycle d’homologation non communiqué), l’Opel Ampera-e va 1,5 à 2 fois plus loin que ses concurrentes sur une seule charge. A ce sujet, elle devrait aussi adopter le standard de charge rapide CCS qui lui permettra de recouvrer 150 km d’autonomie en seulement 30 minutes. Autant d’atouts qui pourraient sérieusement changer la donne sur le marché européen de la voiture électrique rassemblant les BMW i3, Kia Soul EV, Nissan LEAF, Renault ZOE et Volkswagen e-Golf, toutes dotées de batteries inférieures à 33 kWh. A moins que le tarif d’environ 30 000 euros (bonus de 6 300 euros déduit) qui n’a rien d’abordable pour une citadine d’un constructeur généraliste ne vienne doucher ses ambitions …

Fabrice SPATH

Cofondateur du site, Fabrice roule en électrique la semaine et en hybride rechargeable le week-end. Après être passé par la case ingénierie chez des constructeurs et équipementiers outre-Rhin, il collabore régulièrement avec la rédaction et travaille au développement de la place de marché.



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