Julie, 28 ans, utilisatrice d’une Citroën C-Zero

Publié le 06 février 2013 à 18h56 | Fabrice SPATH | 8 minutes

Le témoignage de Julie, une utilisatrice de véhicule électrique au quotidien

Julie, une habitante de Mulhouse (68), en région Alsace, partage avec son compagnon une Citroën C-Zero depuis l’été 2012. La rédaction de Breezcar est allée à sa rencontre pour vous faire partager son quotidien au volant de sa voiture électrique, les motivations qui l’ont poussées à en faire l’acquisition, la recharge à domicile et sur des bornes publiques, le coût d’utilisation, les avantages mais également les contraintes inhérentes à ce type de motorisation.
 

Sommaire : 
1. Julie et sa C-Zero
2. 70 km en utilisation quotidienne
3. La recharge de sa voiture électrique
4. Budget mensuel : 154 euros
5. Bilan après 7 500 kms 

 

1. Julie et sa Citroën C-Zero

Professeur d’histoire-géographie, Julie et son compagnon ont « craqué » pour une petite citadine 100 % électrique en juin 2012, à l’occasion d’une opération de déstockage massif lancée par le groupe PSA Peugeot Citroën sur ses modèles iOn et C-Zero. 

« Nous nous intéressions depuis quelques mois aux voitures électriques, d’une part parce que nous cherchions à faire des économies de carburant, d’autre part parce que mes trajets quotidiens ne dépassaient pas plus de 70 km par jour et que l’autonomie d’une voiture électrique était amplement suffisante. Pourtant, le prix a toujours constitué un véritable frein au passage à l’électrique

Lorsque Citroën a lancé une offre spéciale sous forme de location à partir de 90 euros par mois, nous nous sommes lancés sans hésitation » affirme Julie. « La bouille de la voiture, toute en rondeur mais sans être particulièrement belle, le bon niveau d’équipement (climatisation, connexion Bluetooth pour le téléphone, …) et, surtout, le silence qui règne à bord en font une voiture agréable à vivre au quotidien ». 

 

 

2. 70 km en utilisation quotidienne

Julie habite avec son ami une maison dotée d’un garage couvert où elle peut recharger son véhicule. Le couple possède un deuxième véhicule, une berline Peugeot 407 à moteur essence, qui leur permet d’effectuer de longs trajets le week-end ou pour les vacances. « La C-Zéro est notre deuxième voiture et a remplacé une citadine essence sans que mon quotidien en soit chamboulé » avance Julie, qui parcours en moyenne moins de 70 km par jour pour : 

  • se rendre au travail : un voire deux aller-retour pour se rendre à son travail (de 25 à 50 km),
  • faire ses courses deux fois par semaine (de 15 à 25 km),
  • faire du shopping en centre-ville deux fois par semaine (5 km)

 

« L’été dernier, nous avons fait 140 km avec la C-Zero, en parcourant la route des vins qui mêle voie express, ville et route de campagne. En hiver, surtout lorsqu’il fait froid et humide, son autonomie ne dépasse pas 75 km avec une utilisation intensive du chauffage et de la climatisation (pour favoriser le désembuage) » témoigne-t-elle. En revanche, elle ne s’aventurera plus que rarement sur autoroute : « A 120 km/h, l’autonomie baisse très vite et c’est une sensation nouvelle et très étrange que de penser qu’on peut tomber en « panne sèche » et devoir stationner sur la bande d’arrêt d’urgence ! 

La voiture électrique est faite pour les déplacements en ville et sur route ; son autonomie me suffit amplement, surtout si je peux me recharger facilement le temps d’une course, histoire de se rassurer … » avance Julie, pour qui la peur de tomber en « panne sèche » est définitivement derrière elle. « C’est surtout une question d’anticipation » selon elle. Il est aussi vrai que Julie habite une région qui a su mener une des politiques publiques les plus incitatives en matière de véhicule électrique, en développant notamment une infrastructure de recharge publique (voir notre article La voiture électrique en Région Alsace).  

 

3. La recharge de sa voiture électrique 

La région Alsace, en partenariat avec le constructeur automobile Nissan, le constructeur de bornes de recharge DBT CEV et l’enseigne de la grande distribution CORA, a déployé 5 stations de recharge rapide réparties entre le sud et le nord du territoire. Son objectif : que chaque propriétaire de véhicule électrique ou hybride rechargeable puisse trouver une borne à moins de 40 km et recharger les batteries de son véhicule en moins de 20 minutes. 

« La région Alsace avait communiqué son plan au printemps 2012. Lorsque nous avons opté pour la C-Zero, ces stations de recharge nous ont conforté dans l’idée que nous ne serions que peu pénalisés en remplaçant ma voiture thermique par une électrique. Parcourir un Mulhouse-Colmar n’est plus inaccessible ; je me rends régulièrement à Colmar, où je sais que je pourrais me recharger sur une borne rapide ». 

 

Julie recharge son véhicule : 

  • à son domicile : la recharge se fait via le câble de recharge dite occasionnelle (COR) fourni de série avec le véhicule. « Tous les soirs, je branche mon véhicule sur une prise électrique classique ; si la batterie est presque déchargée, il faut en moyenne 6h pour la recharger complètement. Le matin, je récupère ma C-Zero chargée pour partir au travail ». Pour plus de sécurité, le couple a choisi de faire auditer son installation électrique par un professionnel qui leur a installé une prise dédiée et un disjoncteur différentiel. 

  • pendant son shopping :« Mulhouse a équipé plusieurs de ses parkings souterrain (Vinci Park) en prises de recharge ; ce ne sont malheureusement pas des bornes, mais en 2h j’ai récupéré environ 30 km d’autonomie ; la recharge est gratuite et les places se trouvent à proximité de la sortie, c’est plutôt sympa ! » s’enthousiasme Julie. Les prises installées sont des prises renforcées Green’Up Access du constructeur Legrand. 

  • pendant ses courses : « Lorsque je me rends dans un hypermarché CORA, je recharge ma C-Zero à une borne rapide, mais seulement quand j’en ai réellement besoin, pour ne pas stationner sur l’une des deux places dédiées, histoire de ne pas empêcher un autre propriétaire de se recharger … ». Ces stations de recharge rapide (accès gratuit la première année) ne sont, pour le moment, compatibles qu’avec des véhicules de la gamme Nissan, Peugeot, Citroën et Mitsubishi. « Il m’arrive de faire mes courses dans un hypermarché E. Leclerc; mon magasin propose depuis quelques semaines une recharge gratuite. Seul problème : des voitures thermiques qui se garent sur les places réservées aux électriques : c’est vraiment rageant, surtout si on a besoin de faire une recharge d’appoint … » témoigne Julie (voir notre article Une borne de recharge E. Leclerc à l’essai). 

 

  

4. Coût d’utilisation de sa voiture électrique : 154 euros par mois

L’offre spéciale de Citroën portait sur des modèles C-Zero, en location longue durée (LLD)sans option d’achat, sur une période de 23 mois (20 000 km inclus). « Cette offre portait sur 200 véhicules ! Nous nous sommes rendus le lendemain en concession où on nous a annoncé que tous les exemplaires avaient trouvé preneur en moins de 24h. Et nous qui pensions que ça n’intéresserait que peu de monde » témoigne Julie, très étonnée par cet engouement. « Le prix a poussé beaucoup d’acheteurs potentiels à sauter le pas ». Au final, ce sont 577 C-Zero qui auront trouvé preneur en seulement quelques jours.

 

Julie nous fait partager le détail de son budget mensuel

  • location mensuelle du véhicule (pack batterie inclus) : 90 euros
  • assurance perte financière du véhicule : 15 euros
  • assurance tous risques (GMF) : 19 euros
  • électricité pour la recharge : 20 euros

 

Le couple alsacien dépense ainsi chaque mois 154 euros pour utiliser sa voiture électrique. Le budget électricité pour parcourir les 1 000 km mensuels a tôt fait de convaincre certaines des amies de Julie utilisant leurs véhicules actuels dans les mêmes conditions (trajets domicile-travail et shopping). « Avec mon ancien véhicule thermique, mon budget carburant dépassait allègrement la centaine d’euros chaque mois. Ne plus passer à une station-service est un vrai privilège » assure Julie. « En plus, avec la formule de location, je ne me soucie pas des éventuelles pertes de capacité des batteries ou de la valeur de revente du véhicule dans 3 ou 4 ans … ».  

  

5. Bilan après 6 mois et 7 500 km

« Je n’étais pas habituée aux boîtes automatiques ; le temps d’adaptation a été pourtant rapide, surtout parce qu’elle apporte un vrai confort lors de mes déplacements en ville » avance Julie. Parmi les points forts de la voiture électrique, elle souligne le silence qui règne à bord, les accélérations franches et linéaires et, bien entendu, les économies réalisées (jusqu’à 1 000 euros par an dans son cas). Elle ne regrette pas de ne plus s’arrêter aux stations-service pour faire le plein de carburant ; toutefois, elle « trouve que le câble et la prise des bornes de recharge rapide (CHAdeMO) sont peu pratiques et bien trop lourds ».

Même si l’autonomie varie en fonction de l’utilisation de la climatisation ou du chauffage, elle assure que conduire une voiture électrique est une question d’adaptation (rouler « de façon plus souple, anticiper ses trajets, … ») et que les points de recharge publique, tout du moins en Alsace, couvrent suffisamment ses besoins actuels. Pour conclure, Julie espère voir se multiplier les modèles électriques sur nos routes dans les prochaines années. Ce qui est certain, c’est qu’à l’issue de la période de location de sa C-Zero, elle choisira à nouveau une électrique, « peut-être une Renault ZOE ou une Nissan LEAF, si le prix de cette dernière aura baissé un peu ».

Si vous aussi vous possédez une voiture électrique ou hybride et voulez témoigner, envoyez-nous vos coordonnées à l’adresse : contact@breezcar.com

Fabrice SPATH

Cofondateur du site, Fabrice roule en électrique la semaine et en hybride rechargeable le week-end. Après être passé par la case ingénierie chez des constructeurs et équipementiers outre-Rhin, il collabore régulièrement avec la rédaction et travaille au développement de la place de marché.



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