Matières premières : un bus électrique consomme jusqu’à 369 kg de cuivre

Publié le 17 janvier 2018 à 07h00 | La rédaction | 3 minutes

La croissance du marché des véhicules électriques fera passer la demande annuelle de cuivre de 185 000 tonnes en 2017 à plus de 1,74 million de tonnes en 2027

Pour l’australien BHP Billiton, la plus grande entreprise minière au monde, le cuivre sera le métal du futur. Une prédiction étroitement liée aux espoirs placés dans la croissance des ventes de véhicules électriques.

« Le cuivre sera le métal du futur ». La déclaration est signée Arnoud Balhuizen, porte-parole de BHP Billiton, la plus grande entreprise minière au monde. Une prédiction qui s’appuie en grande partie sur la perspective de croissance associée aux véhicules électriques à batterie au cours des vingt prochaines années. Ces derniers utilisent en moyenne quatre fois plus de ce matériau en comparaison des véhicules à combustion interne, « 80 kg contre 20 kg », souligne le responsable.

Jusqu’à 369 kg de cuivre pour un bus électrique

Les modèles à très faibles émissions utilisent une quantité importante de cuivre dans leurs batteries ainsi qu’au niveau de leurs chaînes de traction, qui peuvent avoir jusqu'à six kilomètres de câblage contenant le précieux métal. Selon la taille de la batterie, un bus électrique peut quant à lui consommer entre 224 kg et 369 kg de cuivre.

« Les prévisions de l'industrie se rejoignent, le consensus général devient de plus en plus clair », remarque par ailleurs M. Balhuizen. « On s'attend à ce que la prochaine génération de véhicules électriques qui disposera de plus d’autonomie sollicitera encore plus de ce métal », ajoute-t-il. Pour rappel, BHP prévoit l’arrivée de 140 millions de véhicules « zéro émission » sur les routes d’ici 2035.

Un marché valorisé à 150 milliards de dollars

Les métaux comme le lithium ou le cobalt retiennent souvent l'attention quand il s'agit de véhicules à batteries, car plus rares et souvent d’un accès plus difficile. Toutefois, le marché du cuivre est valorisé à plus de 150 milliards de dollars, alors que celui du lithium ne pèse qu’environ 5 milliards de dollars. Une taille colossale et qui devrait encore nettement se renforcer à l’avenir.

L’International Copper Association (ICA) prévoit en effet que la demande pour le métal brun-rougeâtre sera multipliée par neuf au cours des dix prochaines années. Une augmentation qui devrait faire passer la demande pour les seuls modèles à batteries de 185 000 tonnes en 2017 à plus de 1,74 million de tonnes en 2027.

A supposer que la voiture électrique représente environ un tiers des nouveaux véhicules en 2030, il faudra extraire 18 % de cuivre en plus, soit plus du double que l’extraction de nickel et quatre fois plus de cobalt, selon Glencore, un autre géant minier. Des perspectives qui ont de quoi donner le tournis aux spéculateurs.



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