Etude KPMG : malgré les investissements, les industriels ne croient pas à l’électrique

Publié le 10 janvier 2018 à 17h00 | La rédaction | 3 minutes

Plus de la moitié des cadres dirigeants interrogés pense que la voiture électrique sera un échec commercial

Plus de la moitié des cadres dirigeants interrogés pense que la voiture électrique sera un échec commercial

Selon une récente enquête publiée par le cabinet de conseil américain KPMG, la majorité des cadres dirigeants de l’industrie automobile pense toujours que la voiture électrique à batterie sera un échec commercial. Au contraire de l’hydrogène qui pose pourtant de nombreuses questions en matière de production, de transport et de distribution.

Investissements motivés par les normes

Selon les résultats d’une enquête menée par le cabinet de conseil américain KPMG, la majorité des cadres dirigeants de l’industrie automobile continuent de penser que les véhicules électriques à batterie (BEV) sont voués à un échec commercial. Ainsi, malgré le fait que la quasi-totalité des grands constructeurs investissent massivement – ou prévoient de le faire à court terme – pour développer ce type de chaîne de traction au cours des prochaines années, « plus de la moitié (54 %) des hauts cadres mondiaux du secteur de l'automobile croient que ces véhicules vont connaître une faillite commerciale », selon le cabinet de conseil.

Les problèmes liés au manque d'infrastructures et au temps de recharge, jugé encore beaucoup trop long, sont parmi les facteurs les plus évoqués par les industriels pour expliquer le peu de crédit qu’ils accordent aux BEV. Pour Gary Silberg, analyste sénior chez KPMG, ce scepticisme général suggère que la plupart des investissements actuels dans les véhicules « zéro émission » à batteries Lithium-Ion sont réalisés uniquement pour se conformer aux normes d’émissions polluantes et d’efficacité énergétique imposées par les pouvoirs publics.

« Il ne fait aucun doute que les constructeurs automobiles s'adaptent à des normes plus strictes en matière d'efficacité énergétique des véhicules dans le monde entier, et l'électrification est un élément important de cette équation », affirme ainsi l’analyste. Qui ajoute que pour le grand public, les BEV ne disposent pas encore réellement de « valeur ajoutée » à l’heure actuelle, en dehors des offres haut de gamme.

Voiture à hydrogène

Les lourds investissements liés à l’hydrogène

Toujours selon les résultats de l’enquête, plus des trois quarts des personnes interrogées (échantillon composé d’environ 1 000 individus occupant des postes exécutifs) estiment que les véhicules à pile à combustible (hydrogène) seront l'avenir de la mobilité électrique, 85 % aux États-Unis et 77 % pour le reste du monde. Le sondage n’indique toutefois pas les raisons motivant un tel optimisme, élément à ne pas négliger quand on connaît l’ampleur des difficultés d’infrastructures et d’approvisionnement liés à ce type de technologie.

« Le déploiement d'une filière hydrogène nécessite des investissements relativement lourds, tant pour la production, la distribution que le stockage de l'hydrogène : ceux-ci supposent un engagement d'acteurs industriels et une maîtrise du risque économique par le soutien des pouvoirs publics », confirme ainsi l'Ademe, l’agence française de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. L’« Hydrogen Council » chiffre ces besoins d'investissements entre 20 et 25 milliards de dollars par an, soit environ 280 milliards de dollars d'ici à 2030. Sans compter qu’à ce jour, 96 % de l'hydrogène est produit à partir d'énergie fossile (gaz naturel, pétrole, et charbon), cette méthode étant jugée la plus rentable.