ESSAI – Hyundai Ioniq Hybrid : déclaration de guerre à l’asiate

Publié le 31 août 2016 à 11h30 | Jean-Christophe LEFEVRE | 4 minutes

La version hybride de cette Hyundai IONIQ se distingue de son homologue électrique par ses liserés bleus, à l’extérieur et dans l’habitacle

En lançant, frontalement, sa IONIQ en version hybride, hybride rechargeable (début 2017) et électrique, Hyundai vise clairement Toyota et sa Prius avec des arguments très convaincants. Dont l’agrément de conduite et des prix « canons ». Une déclaration de guerre dans le plus pur style asiate : on copie, on plagie et on fait mieux et moins cher. Essai explicatif sur les routes du plat pays par Jean-Christophe Lefèvre.

 

On va voir ce qu’on va voir

Elle avait déjà surpris au dernier salon de Genève cet hiver par l’ambition de sa gamme : pas moins de trois versions pour une seule et même plateforme de 4,47 m de longueur, c’était une idée pour le moins originale sur le segment des compactes là où seul Toyota s’est risqué avec sa Prius, à peine plus longue de 7 cm. Car les autres constructeurs mais aussi Toyota, pour décliner leur hybridation – a fortiori leur « électrification » – ont à chaque fois conçu des plateformes très modulaires qui incluaient des versions 100 % essence ou diesel. Bref, on allait voir ce qu’on allait voir !

Et, conformément à leurs engagements, les coréens de Hyundai et Kia développent leur stratégie de conquête sans faiblir. C’est en réalité Kia qui a dégainé le premier il y a peu avec la Niro (4,36 m de longueur, proche d’un SUV), inaugurant ainsi le groupe motopropulseur hybride réutilisé ici (lire notre essai). On retrouve donc le très doux et silencieux 4 cylindres essence de 105 ch et 147 Nm avec son excellente boîte double embrayage supprimant l’effet moulin à café d’une boîte CVT, accouplé à un moteur électrique de 43,5 ch et 170 Nm, soit 141 ch au cumul et un bon 265 Nm de couple.

 

Rien de nouveau et pourtant !

Rien de bien nouveau et pourtant, il offre ici un bien meilleur agrément de fonctionnement avec une réelle transparence des modes de propulsion et une gestion électronique plus agréable : électrique sur les démarrages et au lever de pied, hybride en forte accélération et thermique uniquement à vitesse élevée. Sous le capot avant, les 141 ch cumulés et le très bon couple total de 265 Nm sont très convaincants pour s’insérer sans problème dans la circulation autoroutière et tenir un bon 130 km/h sans faiblir tout en consommant moins de 6,0 l/100 km de supercarburant. En ville, la douceur du moteur électrique et le silence du thermique sont tout à fait appréciables, tout comme sur route. C’est le domaine de prédilection de cette Hyundai IONIQ Hybrid qui abaisse alors sa consommation à moins de 5,0 l/100 km selon nos mesures.

En réalité, cet agrément de conduite est en grande partie la conséquence d’une plateforme très rigide et devant encaisser 1 370 kg de poids à vide (voire plus en version 100 % électrique) mais avec un réglage des liaisons au sol particulièrement travaillé pour la clientèle européenne : précision dans la direction du train avant, bon amortissement en compression et détente souple des suspensions, parfois un peu trop mais c’est pour notre confort. Bref, une réussite qui bénéficie aussi à la IONIQ Electric et, début 2017, à sa version hybride rechargeable.

 

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Si l’ergonomie du poste de conduite de cette IONIQ ferait passer la Prius pour une coréenne … la qualité des plastiques d’habillage des selleries, brillants et trop souples, n’est pas très « premium ». Remarquez, son prix n’est pas non plus haut de gamme et devrait débuter à seulement 25 000 euros (pas de TVS pendant 2 ans, bonus 750 €) lors de la commercialisation en cette rentrée.

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Face à la nippone, relativement chère et offrant les mêmes prestations globales, voire un cran au-dessous pour l’agrément de conduite, cette coréenne et sa boîte double embrayage frappe très fort. Qui plus est, la guerre est non seulement déclarée avec Toyota mais une petite guérilla se développe avec le frère de lait siamois Kia qui, à partir de la même plateforme roulante et de la même technologie hybride, n’arrive pas à une telle homogénéité de ses prestations avec son SUV compact Niro. Cette guerre à l’asiate promet donc encore de nombreuses offensives à l’avenir. A moins que ce ne soit une guerre « ionique », mais le résultat serait le même… Pour la plus grande satisfaction des amateurs de voitures « propres » et donc totalement pacifiques !

 


Hyundai IONIQ HEV Hybrid
Moteur thermique (cm3) 1 580
Puissance/couple (ch/Nm) 105/147
Moteur électrique (kW/Nm)  32/170
Batterie capacité/puissance  1,56 kWh/42 kW
Puissance cumulée (kW/ch)  104/141
Couple maxi cumulé (Nm) 265
Conso. mixte (l/100 km) 3,4
Emissions de CO2 (g/km) 79 (bonus 750 €,
pas de TVS sur 24 mois
Vitesse maxi (km/h)  185
0 à 100 km/h (s) 10,8
Poids à vide (kg) 1 370
Charge utile (kg) 500 
Coffre (l) 550/1 505 
L x l x h (mm) 4 470 x 1 820 x 1 450 
Prix non définitif (à partir de, € TTC) 25 000 

Galerie de photos

Les plus

  • agrément et confort de roulage
  • bonne sobriété
  • prestations globales comparables à une Prius

Les moins

  • plastiques trop brillants
  • insonorisation perfectible
  • mode 100 % électrique limité en hybride

Jean-Christophe LEFEVRE

Journaliste auto depuis plus de 30 ans, sa passion c'est le journalisme sous toutes ses formes. Essayeur attitré des lecteurs de l'Auto-Journal, du Monde et du Figaro, cet « auto addict » a aussi copiloté le site éponyme et écrit aujourd'hui pour Breezcar, Silver Age et la presse auto pro.



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