Lexus CT 200h 2015 : essai de la berline compacte hybride

Publié le 01 mai 2014 à 12h41 | Fabrice SPATH | 7 minutes

La seconde génération de la Lexus CT 200h hybride est plus confortable, mieux insonorisée et plus dynamique sur route

Commercialisée depuis novembre 2010, la Lexus CT 200h est la seule berline compacte premium intégrant une motorisation hybride. Depuis la mi-mars 2014, la berline hybride essence-électrique de seconde génération est exposée dans les showrooms de la marque, division haut de gamme du constructeur Toyota. Les modifications esthétiques et techniques sont minimes : plus de confort, plus de personnalité et moins de consommation. Bien entendu, elle profite toujours d’un bonus « écologique » en France. Essai détaillé de la Lexus CT 200h sur les routes de Rome, en Italie.

 

Lexus : le haut de gamme hybride de Toyota

Lexus : une marque construite de toute pièce par le constructeur Toyota en 1989. A l’instar d’Infiniti pour Nissan, Lexus devait satisfaire une clientèle exigeante, notamment aux Etats-Unis. En France, la gamme de la division haut de gamme du premier constructeur automobile mondial est composée de 5 modèles hybrides : berline compacte CT 200h, berline routière IS 300h, limousines GS 450h et LS 600h, SUV RX 450h. D’ici l’automne prochain, la gamme s’étoffera de 2 autres véhicules : le crossover NX 300h présenté au dernier salon de Pékin et le superbe coupé RC 300h. L’essentiel des ventes Lexus dans le monde est porté par les motorisations hybrides essence-électrique empruntées et adaptées de la banque d’organes Toyota.

Disponible dans les concessions françaises depuis novembre 2010, la première génération de la berline compacte Lexus CT 200h devait concurrencer les Audi A3 Sportback et autres BMW Série 1. Les ambitions de la filiale hexagonale ont été douchées : l’an dernier, seuls 1 048 exemplaires ont été écoulés. Un chiffre de vente bien maigre … Trois ans après, l’unique berline hybride premium du marché s’offre un léger restylage esthétique et technique. Bienvenues, ces modifications font de cette seconde génération une vraie réussite, surtout en termes de comportement dynamique et de confort. Les ingénieurs maison ont profité du gros travail réalisé sur le modèle IS 300h pour l’adapter sur la CT.

 

Finition et ambiance dignes d’une premium allemande

Corriger les « erreurs de jeunesse » : telle devait être la devise des ingénieurs en retravaillant le design et les liaisons au sol. A l’extérieur, la Lexus CT 200h millésime 2015 adopte un léger lifting cosmétique : nouvelle calandre avant trapézoïdale intégrant un bouclier inférieur plus agressif, bouclier arrière redessiné de taille plus imposante, dessin des jantes modifié, … Pour un œil non averti, il lui est difficile de détecter de réelles différences entre les deux générations. Seule la version F-Sport dotée de jantes alliage 17 pouces bi-ton, d’une peinture métallisée Blanc Nora et d’éléments esthétiques façon « tuning » sort du lot.

Dans l’habitacle, la planche de bord gagne en qualité perçue, le nouveau volant est repris de la Lexus IS 300h et le nouveau joystick permettant de piloter le GPS, la radio ou encore le téléphone est très facile à utiliser. Vraies nouveautés : un écran TFT de 4,2 pouces intègre le combiné d’instrumentation (sur la partie droite) et un écran central fixe de 7 pouces fait son apparition. Les nombreux boutons, l’utilisation du chrome et les inserts plus qualitatifs viennent rejoindre des sièges plus enveloppants dotés de similicuir et de tissu spécifique sur la version « Normale » d’entrée de gamme.

 

Des suspensions confortables et un comportement dynamique

Dans l’habitacle, la finition et les assemblages sont dignes d’une voiture premium. Des qualités que sauront apprécier les acheteurs de ce modèle qui, pour 85 % d’entre eux, viennent d’autres marques. La Lexus CT 200h est une véritable porte d’entrée pour la division haut de gamme de Toyota. Mieux, la berline compacte hybride est en tête des ventes de modèles Lexus en France, au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne, en Norvège et aux Pays-Bas. Mais les vraies modifications sont à chercher ailleurs : la caisse a été rigidifiée par 20 nouveaux points de soudure, les trains roulants ont été réglés de manière à rendre la CT plus agile et la boîte de vitesses automatique à variation continue (CVT) a été reprogrammée.

Résultat : le châssis est plus accrocheur sur la route, le niveau sonore a baissé dans l’habitacle – surtout dans les phases d’accélération – et la CT devient beaucoup plus confortable. Grâce aux liaisons au sol qui ont été retravaillées, la raideur des suspensions de la génération précédente n’est plus qu’un mauvais souvenir. Les ressorts et les amortisseurs ont été revus, la direction assistée électriquement optimisée et la barre antiroulis arrière corrigée. On se surprend même à apprécier le confort sur les routes dégradées de la belle ville de Rome. Le poste de conduite est très agréable et l’ensemble de l’instrumentation est dédiée au système hybride : l’ambiance lumineuse, variant du rouge au bleu en fonction de la consommation, est très ludique.

 

Une consommation mixte réelle inférieure à 5l/100 km

Qui dit restylage ne dit pas nouveau véhicule. Les quelques erreurs de jeunesse gommées, il reste de vraies faiblesses : des places arrière à l’espace étriqué – les enfants sont les bienvenus, les grands gabarits sont discriminés – et le coffre d’un volume de 275 litres font de cette Lexus CT 200h une « grande citadine ». Dommage, vraiment dommage … d’autant que l’ambiance sonore est désormais feutrée et que le groupe motopropulseur hybride est très sobre. Ce dernier, emprunté à la Toyota Prius de troisième génération, associe deux blocs :

  • un moteur thermique essence 1,8l VVT-i de 99 ch (couple maximal de 142 Nm)
  • un moteur électrique de 82 ch (couple maximal de 207 Nm)


L’ensemble développe une puissance cumulée de 136 ch et exécute le 0 à 100 km/h en 10,3 s. La vitesse maximale est établie à 180 km/h. Des performances honorables au regard des consommations maîtrisées que nous avons relevées lors de notre essai : 4,8l/100 km sur un parcours ville/route/autoroute de 350 km en ayant le pied peu léger. Côté conduite, la CT 200h propose 3 modes :

  • EV autorisant le véhicule à parcourir 2-3 km en mode 100 % électrique (jusqu’à 45 km/h)
  • Eco réduisant la demande de puissance en bridant la pédale d’accélération (excepté pour les kick-down, c’est-à-dire en enfonçant la pédale à fond)
  • Normal optimisant l’utilisation des moteurs thermique et électrique
  • Sport « contraignant » les deux moteurs à délivrer leurs pleines puissances


 

6 niveaux de finitions à partir de 29 790 euros (hors bonus)

La Lexus CT 200h est dotée d’une petite batterie de technologie Ni-Mh (Nickel-Hydrure métallique) installée sous le plancher du coffre arrière. Celle-ci alimente le moteur électrique et est rechargée via le dispositif de récupération d’énergie cinétique au freinage et via le moteur thermique. Contrairement à un véhicule hybride rechargeable ou à un véhicule électrique, cet hybride « conventionnel » ne peut recharger sa batterie via une source d’énergie externe (borne de recharge ou prise de courant domestique). Sur la route, la CT millésime 2015 aime être chahutée, même si elle préfère être appréciée en conduite souple : en appuyant à fond sur l’accélérateur, la boîte CVT semble moins s’emballer tel un moulin à café. La technologie HSD – Hybrid Synergy Drive – issue du groupe Toyota a été conçue avant tout pour consommer moins. Le poids – de 1 370 à 1 465 kg selon les finitions – et la puissance « limitée » du moteur (136 ch) ne font pas de la CT 200h un modèle de sportivité.

6 niveaux de finitions sont désormais disponibles au catalogue :

  • Normale (8 airbags, jantes 15 pouces, rétroviseurs extérieurs électriques, système multimédia 7 pouces et audio 6 haut-parleurs, climatisation automatique bi-zone, système de démarrage sans clé)
  • Business (Normale + GPS + radar de recul arrière)
  • Pack (Normale + caméra de recul + jantes 16 pouces + rétroviseur extérieur électrochrome)
  • Luxe (Business + Pack + sellerie cuir + sièges avant chauffants)
  • F-Sport (Pack + jantes 17 pouces bi-ton + éléments carrosserie et habitacle spécifiques + vitres et lunettes arrière surteintées)
  • Executive (Luxe + jantes 17 pouces monochromes + feux de croisement et antibrouillards à diodes électroluminescentes + système audio Mark Levinson Surround à 13 haut-parleurs + sièges avant réglables électriquement + toit ouvrant électrique)

 

Bilan de l’essai

Commercialisée à partir de 29 790 euros, la Lexus CT 200h profite d’un bonus « écologique » correspondant à 8,25 % du montant, soit 2 458 euros sur la version d’entrée de gamme Normale. Destinée à séduire une clientèle plus jeune, cette seconde génération n’est pas particulièrement donnée. Mais, en intégrant la technologie hybride, elle reste exclusive sur le marché des berlines compactes premium. Chez la concurrence, une Audi A3 Sportback diesel est plus chère, mais aussi plus habitable. Reste son homologue nippone, moins exclusive mais bien moins chère : la Toyota Auris HSD. Cette année, Lexus compte commercialiser 850 unités de sa CT en France.

Galerie de photos

Les plus

  • Confort amélioré
  • Sobriété du groupe hybride
  • Agrément en ville
  • Exclusivité

Les moins

  • Habitabilité aux places arrière
  • Volume du coffre
  • Puissance "juste" pour une premium
  • Prix en hausse

Fabrice SPATH

Cofondateur du site, Fabrice roule en électrique la semaine et en hybride rechargeable le week-end. Après être passé par la case ingénierie chez des constructeurs et équipementiers outre-Rhin, il collabore régulièrement avec la rédaction et travaille au développement de la place de marché.



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