Essai BMW i3 (33 kWh) : une nouvelle autonomie à bon prix

Publié le 20 août 2016 à 11h00 | Fabrice SPATH | 5 minutes

Empruntée à la BMW i8, la nouvelle couleur « Protonic Blue » sied à merveille à cette BMW i3 électrique

Première voiture électrique de la firme à l’hélice, la citadine BMW i3 s’offre une nouvelle batterie développant désormais une capacité de 33 kWh et une autonomie moyenne de 200 km. En souscrivant à l’option du prolongateur d’autonomie (REx), le parcours s’allonge de 160 km grâce à un petit moteur essence. Le tout pour une hausse des tarifs contenue à 900 euros. Premier essai au volant de la BMW i3 équipée de l’accumulateur 33 kWh (94 Ah).

 

 

En avance sur son temps

Le constructeur munichois a été le premier industriel premium à créer dès 2011 la marque BMW i dédiée à la mobilité électrique, grillant ainsi la politesse à Audi et à Mercedes-Benz. Lancée à l’automne 2012, la BMW i3 se voulait une référence sur le marché naissant de la voiture électrique. Puissante avec ses 170 ch (250 Nm), innovante avec l’emploi d’aluminium et de fibres de carbone, polyvalente avec l’option prolongateur d’autonomie (REx), produite sur le site ultramoderne de Leipzig, l’i3 avait tout pour plaire aux 49 pays dans lesquelles elle est toujours disponible.

Lui manquait une autonomie plus conséquente destinée à rassurer les acheteurs. En intégrant une nouvelle batterie Lithium-Ion, le constructeur va peut-être conquérir des clients potentiels jusqu’alors méfiant quant à la capacité de leur véhicule à assurer sans stress des trajets interurbains. En témoigne le prolongateur d’autonomie – un petit bicylindre essence de 650 cc jouant le rôle d’une génératrice d’électricité – qui a représenté l’an passé 55 % des ventes du véhicule en Europe. En France, l’option facturée 4 500 euros a même conquis 80 % des acheteurs certains mois …

 

Batterie : chimie et autonomie améliorées

Initiée par la compacte Nissan LEAF 30 kWh en ce début d’année, l’amélioration de la technologie des batteries offre des parcours rallongés sur une seule charge. En conditions réelles d’utilisation, la nippone dispose ainsi d’une autonomie moyenne de 180 km (contre 150 km auparavant). Au volant de la BMW i3 équipée de l’accumulateur 33 kWh, l’autonomie grimpe à 200 km contre seulement 150 km pour la précédente batterie 22 kWh toujours au catalogue. En souscrivant à l’option REx, la citadine électrique peut parcourir jusqu’à 360 km via le réservoir à essence d’une capacité de 9 litres.

Grâce à de nouveaux matériaux et à des cellules améliorées, la nouvelle batterie ne pèse que 40 kg de plus que sa devancière tout en conservant son encombrement. La prise de poids est donc limitée, malgré l’ajout d’un nouveau chargeur embarqué de 11 kW (7 kW précédemment). La BMW i3 et sa pile de 33 kWh affiche désormais un poids de 1 365 kg sur la balance (avec l’option REx), une masse supplémentaire qui n’influe toutefois pas sur les performances et le comportement dynamique de la citadine qui conserve sa place de voiture électrique la plus puissante sur son segment.

BMW i3 : 55 % des ventes avec le prolongateur en 2015

Au quotidien : agréable et polyvalente

Par rapport à la BMW i3 testée le printemps dernier (lire notre essai détaillé), aucun changement n’est à noter dans la présentation intérieure et extérieure. Le freinage régénératif est toujours aussi puissant, le confort et l’amortissement sont excellents, la direction est précise et le rayon de braquage ultra-court en fait une véritable alliée en ville. Les défauts persistent, à l’image du confort un peu spartiate aux places arrière lié un dossier trop vertical et à l’impossibilité de glisser les pieds sous le siège. Quant au coffre arrière, son volume de 225 litres (banquette relevée) reste en dessous d’une Renault ZOE (340 litres).

Au volant, le couple moteur de 250 Nm disponible immédiatement offre des accélérations linéaires. Le 0 à 100 km/h est exécuté en 7,3 s (8,4 s avec le REx) et la vitesse maximale culmine à 150 km/h (limitée électroniquement). Puissante, cette propulsion n’aime toutefois pas être brusquée, surtout en virage serré où les nouveaux pneus Bridgestone à très faible résistance au roulement n’offre pas suffisamment d’adhérence. Résultat : l’ESP se déclenche rapidement pour brider le bloc électrique ou déclencher le freinage. Au quotidien, l’électrique allemande sait se montrer agréable et polyvalente, notamment grâce à sa position de conduite surélevée.

 

L’ABC : l’Avis de BreezCar

Intégrant un nouveau chargeur embarqué de 11 kW (triphasé), la BMW i3 réduit son temps de charge sur une borne de recharge publique ou résidentielle adaptée. Comptez moins de 3 heures pour recouvrer 80 % de l’autonomie contre 12 heures sur une prise domestique standard. Sur l’une des 200 bornes de recharge rapide (standard CCS) installées dans le cadre du projet CORRI-DOOR (lire notre article à ce sujet), la recharge à 80 % nécessitera désormais 40 minutes (30 minutes avec la précédente batterie). Accessibles via la carte BMW ChargeNow délivrée à chaque nouveau client, ces stations font partie d’un vaste réseau rassemblant 40 000 points de charge répartis dans 25 pays.

Moins de temps de charge donc, le tout pour un surcoût maîtrisé. Facturé 900 euros de plus que la BMW i3 alimentée par une batterie de 22 kWh, le nouvel accumulateur devient presque une bonne affaire compte-tenu de ses performances. Tandis que la première version n’est plus que disponible en finition d’entrée de gamme et ne propose plus l’option REx, la seconde est bien plus attractive avec ses 360 km d’autonomie cumulés.

Reste à sortir 36 690 euros en finition d’accès (sans l’option prolongateur), un tarif salé compensé par un bonus de 6 300 euros, un éventuel « super bonus » de 10 000 euros (sous conditions) et une exonération totale de la TVS pour les entreprises. En location longue durée (LLD), la BMW i3 33 kWh devient encore plus avantageuse avec un loyer mensuel fixé à 320 euros contre 350 euros pour la version 22 kWh. De quoi réduire à peau de chagrin les ventes de cette dernière. Excellente nouvelle pour le marché de l’électrique, la nouvelle i3 l’est également pour BMW : en juillet, la citadine a enregistré 7 158 commandes soit bien plus que les 5 190 unités immatriculées en 2013, première année pleine de sa commercialisation. 

Galerie de photos

Les plus

  • autonomie en hausse
  • surcoût raisonnable
  • temps de charge réduit
  • performances
  • présentation exclusive

Les moins

  • confort spartiate à l'arrière
  • volume de coffre moyen
  • adhérence des nouveaux pneus
  • options coûteuses

Fabrice SPATH

Cofondateur du site, Fabrice roule en électrique la semaine et en hybride rechargeable le week-end. Après être passé par la case ingénierie chez des constructeurs et équipementiers outre-Rhin, il collabore régulièrement avec la rédaction et travaille au développement de la place de marché.



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