Bornes de recharge : tout s’accélère en France !

Publié le 07 février 2014 à 11h39 | Fabrice SPATH | 5 minutes

Bornes de recharge rapide sur les stations-services autoroutières BP France, financements et accessibilité des bornes publiques facilitées, …

A l’issue de l’édition 2014 des Assises des Infrastructures de Recharge pour Véhicules Electriques – IRVE 2014 –, organisée par l’AVEM à Nice les 5 et 6 février derniers, les électromobilito-sceptiques en seront pour leurs frais : la voiture électrique ne sera pas qu’un mirage, comme l’a été le GPL en son temps. Les nombreux partenariats et financements annoncés sur ces deux derniers jours confirment bien que la filière toute entière est mobilisée pour faire du véhicule électrique un succès à moyen terme. Une analyse de Fabrice Spath, cofondateur du site breezcar.com

 

Infrastructure de recharge : « la France se lève ! »

Il y a deux semaines, notre confrère Laurent J. Masson du site Moteur Nature publiait un billet intitulé Infrastructures de charge : aux Assises, on attend que la France se lève. Et la France s’est bien levée à l’occasion de la troisième édition des Assises IRVE 2014. Evénement traitant de la thématique des bornes de recharge publique et privée pour véhicules électriques et hybrides rechargeables, les Assises organisées chaque année par l’Association AVEM sont devenues un lieu de rencontre incontournable pour tous les acteurs de la filière électromobile française qui rayonne bien au-delà de nos frontières. En témoignent les intervenants d’excellent niveau, venus pour certains d'Irlande, des Pays-Bas, d'Allemagne ou encore d'Italie.

 

Des bornes de recharge rapide sur les autoroutes

L’information primordiale en matière de déploiement de stations de charge rapide sur les autoroutes françaises dévoilée à l’occasion de ces Assises concerne le pétrolier BP. Propriété du groupe israélien Delek, BP France a annoncé vouloir installer des bornes de recharge rapide sur les parkings de ses stations-services autoroutières situées entre Paris et Montpellier. Là où l’on pouvait légitimement attendre Total qui a expérimenté très tôt des stations rapides en Belgique, c’est finalement BP qui se lance dans l’installation de cette infrastructure. Le pétrolier n’en est pas à son coup d’essai : en décembre 2013, une station de charge rapide avait été inaugurée dans Paris intra-muros en partenariat avec le constructeur Nissan. Une première station DBT CEV – permettant de recharger 80 % des capacités d’une batterie en une vingtaine de minutes – est déjà opérationnelle depuis juillet 2012 sur l’aire de la Chaponne (A6), près d’Auxerre (Yonne).

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Pouvoir se recharger partout : interopérabilité et accessibilité

L’un des sujets récurrents portant sur la recharge publique concerne l’interopérabilité des bornes, c’est-à-dire l’homogénéisation des moyens d’accès et de paiement. Les Assises IRVE 2014 auront été l’occasion pour les représentants du GIREVE – le Groupement français pour l’Itinérance des Recharges Électriques de Véhicules a été créé en juillet 2013 – et ceux de Hubject de signer un accord de partenariat destiné à accélérer l’interconnexion des réseaux de recharge en Europe, notamment via l’e-roaming également appelé itinérance permettant aux opérateurs des réseaux de recharge, à l’instar des opérateurs de téléphonie mobile, de communiquer entre eux via une plateforme informatique commune. La co-entreprise Hubject, créée en 2012 à l’initiative de 6 industriels et énergéticiens allemands – BMW, R. Bosch, Daimler, EnBW, RWE et Siemens – avait rapidement séduit des acteurs autrichiens, belges et finlandais. Le fait que le GIREVE signe un premier accord avec Hubject est donc une excellente nouvelle. Une autre bonne nouvelle a également été annoncée aux Assises : la prise type 2 « allemande » qui devra équiper toutes les bornes de recharge en Europe n’a pas été remise en cause par les Français qui défendaient jusqu’il y a peu encore la prise type 3.

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Installation de bornes de recharge : des financements facilités

Aux Assises IRVE 2014, la Commission européenne a estimé – via la voix de Laure Chapuis, Membre du Cabinet du Commissaire Européen Siim Kallas, Vice-Président en charge des Transports – que l’Hexagone est en pointe dans le domaine de l’infrastructure de recharge publique. Toutefois, pour accueillir un nombre croissant de véhicules électriques et hybrides rechargeables sur ses routes – jusqu‘à 10 % des véhicules en circulation d’ici à 2020, selon Bruxelles –, le réseau de charge publique français devra être densifié et, surtout, géré par un ou plusieurs opérateurs. La semaine passée, nous avions évoqué les candidatures de Bolloré et d’EDF à l’exploitation du futur réseau français de 5 000 stations rapides. L’accès 24/24h et l’interopérabilité des bornes de recharge – qu’elles soient publiques ou privatives, gratuites ou payantes – est une condition sine qua non pour doper les ventes de véhicules à motorisation électrique. Objectif ? Rassurer les automobilistes. L’autre condition sine qua non consiste en un réseau de bornes publiques dense : la dépêche AFP portant sur une prochaine proposition de loi PS destinée à accélérer le déploiement des bornes de recharge en France confirme que les pouvoirs publics ont pris conscience de l’impérieuse nécessité de nommer un ou plusieurs opérateurs capables de gérer les 10 000 points de charge publique disponibles d’ici la fin du premier semestre 2014 (données Mission Hirtzman).

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Bilan des Assises IRVE 2014 : des actions concrètes !

Bilan de cette troisième édition des Assises des Infrastructures de Recharge pour Véhicules Electriques : une meilleure accessibilité des bornes, un réseau plus dense sur le territoire, des opérateurs privés dynamiques, un financement facilité, … Si la France souhaite rester leader sur le sujet de la voiture électrique en Europe, elle va devoir redoubler d’efforts pour convaincre ses automobiles à délaisser progressivement les diesels au profit de véhicules à motorisations alternatives. Et, en ce sens, les Assises IRVE devraient être reconnues d’utilité publique. Un grand bravo à Isabelle Rivière, Présidente de l’AVEM, à Michael Torregrossa, responsable du site avem.fr ainsi qu’aux partenaires de l’événement ! 

Fabrice SPATH

Cofondateur du site, Fabrice roule en électrique la semaine et en hybride rechargeable le week-end. Après être passé par la case ingénierie chez des constructeurs et équipementiers outre-Rhin, il collabore régulièrement avec la rédaction et travaille au développement de la place de marché.



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