Chargemaster : le trublion de la borne de recharge

Publié le 12 juillet 2013 à 03h21 | Fabrice SPATH | 3 minutes

David Martell, le PDG fondateur de Chargemaster, aux côtés d’une Chevrolet Volt et d’une Nissan LEAF au siège à Luton (nord-ouest de Londres)

Le britannique Chargemaster, spécialisé dans les bornes de recharge pour voitures électriques, poursuit sa croissance en Europe, au nez et à la barbe de puissantes multinationales. Fondée en 2008 par un management expérimenté, la société multiplie les succès : bornes de recharge installées sur les sites et les concessions Renault en France, création d’un réseau privé de 4 000 points de charge au Royaume-Uni et, dernière actualité, une introduction en Bourse.

 

Plus de 1 000 bornes de recharge pour Renault France

La marque au losange avait choisi dès 2010 l’équipementier britannique pour équiper son réseau au Royaume-Uni. Toutefois, c’est avec stupeur que l’écosystème électromobile français a accueilli début 2012 l’annonce du vainqueur de l’appel d’offre lancé par Renault en France pour doter une dizaine de ses sites de 400 points de charge. En remportant l’appel d’offre aux côtés de Vinci Energies, Chargemaster a gagné en légitimité sur ce marché concurrentiel.


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Dotées de deux prises délivrant des puissances de 3 kW (charge normale) et 22 kW (charge accélérée en 1 heure), les bornes installées rechargent – gratuitement dans un premier temps – les véhicules électriques des salariés et des visiteurs des sites du constructeur. Au printemps 2013, Renault a choisi à nouveau le britannique pour équiper 600 de ses concessions en bornes 7 kW installées par l’intégrateur SPIE.

 

POLAR : le réseau privé constitué de 4 000 bornes

Créé par David Martell, fondateur de Trafficmaster spécialisé dans la gestion de trafic et la gestion de flotte automobile, Chargemaster a lancé en 2011 le projet POLAR. Initiative privée, ce projet porte sur le déploiement d’un réseau de 4 000 points de charge répartis sur une centaine de municipalités du Royaume-Uni. D’une puissance de 7 kW (charge normale en 3-4 heures), ces bornes sont accessibles via une carte RFID associée au système de supervision ChargeVision développé par l’équipementier.


Une Chevrolet Volt se rechargeant sur une borne du réseau POLAR à Kingston, au sud-ouest de Londres


L’initiative POLAR complète le programme « Plugged in Places » (PiPs) du gouvernement britannique. La position de la société a été renforcée par le rachat de l’entreprise Elektromotive fin 2012, dont la technologie de recharge équipe pas moins de 3 000 points de charge sur les zones Europe et Asie-Pacifique. Il y a quelques jours, Chargemaster a annoncé son introduction prochaine sur le marché des investissements alternatifs de Londres. Objectif : lever 6,8 millions d'euros pour financer son expansion et répondre à une demande croissante.

 

Des milliers de bornes de recharge gratuites à domicile

En 2012, Chargemaster a communiqué sur 2 800 bornes commercialisées et sur un bénéfice de 1,44 millions d’euros. La bonne santé de la société est soutenue par l’engagement récent du gouvernement britannique de verser près de 43 millions d’euros d’aides pour financer l’infrastructure de recharge publique.

L’annonce de l’énergéticien British Gas concernant son programme de fourniture et d’installation gratuites de bornes domestiques confortent également la position de l’équipementier. Les particuliers ont jusqu’au 31 mars 2015 pour faire leur demande auprès de l’opérateur. Il est vrai que la subvention gouvernementale couvrant jusqu’à 75 % de l’achat et de l’installation de points de charge domestiques facilitent ce type d’opérations spectaculaires. En France, le gouvernement a débloqué 50 millions d’euros pour développer le réseau public et alloue une très généreuse subvention de 7 000 euros pour l’achat d’une voiture électrique (contre 5 797 euros outre-manche).

 

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Fabrice SPATH

Cofondateur du site, Fabrice roule en électrique la semaine et en hybride rechargeable le week-end. Après être passé par la case ingénierie chez des constructeurs et équipementiers outre-Rhin, il collabore régulièrement avec la rédaction et travaille au développement de la place de marché.



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