Bornes de recharge rapide : les Allemands à la manœuvre en Europe

Publié le 21 octobre 2016 à 10h00 | Fabrice SPATH | 3 minutes

Attendu en concession à l’horizon 2018, le SUV électrique Audi e-tron disposera d’une batterie de 95 kWh offrant 500 km d’autonomie

Attendu en concession à l’horizon 2018, le SUV électrique Audi e-tron disposera d’une batterie de 95 kWh offrant 500 km d’autonomie

Pour doper rapidement le marché de la voiture électrique, cinq constructeurs allemands ont l’ambition de déployer une vaste infrastructure de recharge à l’échelle européenne. Une centaine de véritables stations de charge électrique verront le jour dans les prochaines années. Leur promesse : recouvrer 300 km d’autonomie en seulement 20 mn.

 

Accompagner le marché de l’électrique

La révolution électrique est en marche et rien ne semble plus pouvoir l’arrêter. Outre l’arrivée de nouveaux modèles à autonomie étendue (400 à 600 km) dont la commercialisation débutera à l’horizon 2018-2020, les constructeurs allemands travaillent au développement d’une infrastructure de recharge publique. Initiée par Nissan au début des années 2010, la tendance a été confirmée avec le déploiement de véritables corridors électriques destinés à simplifier les longs trajets en véhicule électrique. Soutenu par l’Union européenne via le programme TEN-T, ces réseaux envahissent l’ensemble du Vieux Continent.

En France, le projet CORRI-DOOR rassemblera quelque 200 bornes de recharge rapide installées sur les principales aires d’autoroutes. Outre-Rhin, le projet SLAM initié par le gouvernement fédéral vise un objectif de 700 bornes rapides opérationnelles à l’horizon 2018. Mais face aux enjeux que représentent les contraignantes normes antipollution, les industriels du secteur automobile n’ont d’autre choix que de compléter ce réseau afin d’accueillir dans les meilleures conditions l’offre grandissante de véhicules. Et pour ne rien gâcher, la future infrastructure devra délivrer bien davantage de puissance pour recharger plus rapidement des batteries dont la capacité ne cesse de croître.

Bornes de recharge Allemagne 

Une centaine de stations 350 kW

Audi, BMW, Daimler (Mercedes-Benz et Smart), Porsche et Volkswagen se sont donc associés pour lancer leur propre réseau de charge ultra-rapide. Révélée par l’hebdomadaire allemand Automobilwoche, cette information est la suite logique des annonces réalisées récemment par ces mêmes constructeurs dans le domaine de la mobilité électrique. Pour accompagner le marché, ces industriels ont décidé de monter dans les toutes prochaines années un réseau européen de charge rapide. De véritables stations électriques seront donc installées le long des grands axes de circulation.

Si le nombre de stations est encore en discussion – une centaine a priori –, il est très probable que chacune d’entre elle soit équipée d’un minimum de 30 points de charge délivrant une puissance maximale de 350 kW. A titre de comparaison, les bornes rapides actuellement en service ne délivrent que 50 kW en crête. De quoi recouvrer en seulement 20 mn quelque 300 km d’autonomie sur les futurs Audi e-tron, BMW X3 eDrive, Mercedes EQC, Porsche Mission E et autres Volkswagen I.D. Reste deux questions en suspens : le financement sera-t-il exclusivement assuré par les constructeurs eux-mêmes ou solliciteront-ils l’aide des fonds européens ? Les bornes disposeront-elles d’un seul standard (CCS) ou seront-elles multistandard comme celles installées en France ?

2016 : le TOP 5 des voitures électriques en France 

CCS, CHAdeMO ou 43 kW ? En matière de charge rapide, trois standards se livrent à une intense bataille planétaire (Chine exclue). Destinées à faire le plein d’une batterie de 20 à 40 kWh en 30-45 mn, les bornes rapides multistandard avec câbles attachés permettent de faire le plein des modèles équipés du standard CCS (BMW i3, Hyundai IONIQ Electric, Opel Ampera-e, Volkswagen e-Golf, …), du standard japonais CHAdeMO (Kia Soul EV, Mitsubishi Outlander PHEV, Nissan LEAF, …) et du standard franco-français 43 kW pour la Renault ZOE.

Fabrice SPATH

Fabrice SPATH

Cofondateur du site, Fabrice roule en électrique la semaine et en hybride rechargeable le week-end. Après être passé par la case ingénierie chez des constructeurs et équipementiers outre-Rhin, il collabore régulièrement avec la rédaction et travaille au développement de la place de marché.