Volta : l’hélicoptère électrique « Made in France » verra-t-il le jour ?

Publié le 19 décembre 2017 à 09h00 | La rédaction | 2 minutes

Premier hélicoptère « zéro émission » conçu en France, le Volta offre une autonomie de 15 minutes à 150 km/h

Premier hélicoptère « zéro émission » conçu en France, le Volta offre une autonomie de 15 minutes à 150 km/h

Tout juste un an après son vol inaugural, une nouvelle vidéo montrant le premier hélicoptère électrique conventionnel français vient d’être dévoilée. Mais les contraintes techniques pourraient repousser de plusieurs années une version commerciale du Volta.

 

Autonomie de 15 minutes

Hélicoptère 100 % électrique crée par l'entreprise toulousaine Aquinea et par l'École nationale de l'aviation civile (Enac), Volta a réalisé sous la pluie son vol inaugural le 19 octobre 2016. Un premier vol depuis l’héliport d’Issy-les-Moulineaux, en présence de la ministre de l’Écologie Ségolène Royal. Il s'agit d'un appareil qui dispose de commandes de vol tout à fait conventionnelles. Le birotor électrique est alimenté par deux batteries lithium-ion d'une puissance de 80 kW et d'un poids total de 150 kg situées à l'arrière du cockpit. Les accumulateurs lui permettent de voler à près de 150 km/h pendant 15 minutes. Selon Philippe Antoine, le porteur du projet, « au départ, il s’agissait de le montrer à la DGAC et à la presse », mais l’ENAC en a voulu autrement. « Nous étions arrivés à un point du développement où il fallait en parler pour trouver des partenaires ». Leur objectif est de développer un appareil biplace dédié à la formation des pilotes et au vol de loisir, puis à terme, de lui faire intégrer le trafic aérien dans des conditions d'utilisation commerciale.

Grand consommateur d’énergie

Son autonomie « record » le différencie des autres appareils expérimentaux, précisent ses concepteurs. « La difficulté, c'est essentiellement qu'un hélicoptère en vol stationnaire consomme deux fois plus d’énergie qu'un avion pour un kilo de charge utile et environ 4 à 5 fois plus qu'une voiture », explique M. Antoine. « Cela demande énormément d'énergie, les batteries vont donc se décharger très vite et vont monter en température », ajoute-t-il. Mais avec une durée de vie de 350 heures, la batterie de Volta permet d’économiser jusqu’à 17 000 litres de carburant, ce qui évite le rejet de pas moins de 11 tonnes de CO2 et 22 kg d’azote. Selon la ministre Royal qui s’exprimait en 2016, rappelant que l'aviation représente plus de 2 % des émissions mondiales de CO2, « c'est avec des ruptures technologiques qu'on réussira à maintenir le réchauffement climatique en dessous des 2 degrés ». Un aéronef qui se montre aujourd’hui dans une nouvelle vidéo destinée à entretenir le projet. En attendant une hypothétique version commerciale du Volta.