Lithium : après Toyota, Tesla et BMW sécurisent leurs approvisionnements

Publié le 20 février 2018 à 13h00 | Mathieu PARAIN | 3 minutes

Tesla, BMW, Toyota ou encore BASF sécurisent leurs approvisionnements en lithium, un métal indispensable à la fabrication de batteries pour véhicules électriques

Tesla, BMW, Toyota ou encore BASF sécurisent leurs approvisionnements en lithium, un métal indispensable à la fabrication de batteries pour véhicules électriques

Avec la croissance du marché des véhicules électriques à batterie, le lithium coûtera de plus en plus cher dans l’avenir. Tesla vient donc d’entamer des pourparlers avec la Sociedad Química y Minera pour sécuriser son approvisionnement dans cette matière première.

Alors que la production de batteries dans la Gigafactory 1 située au Nevada connaît une forte montée en puissance, le groupe américain Tesla a entamé les pourparlers avec la Sociedad Química y Minera (SQM), le plus important producteur de lithium du Chili, afin d’aboutir à un partenariat permettant de sécuriser l’approvisionnement de l’entreprise pour cette matière première. Les discussions pourraient conduire à la mise en place d’une nouvelle usine de traitement au Chili pour produire le lithium de haute qualité dont Tesla a besoin pour ses batteries, selon Eduardo Bitran, vice-président exécutif de la Corfo, agence chilienne en charge des licences de production pour le secteur minier.

« Avec un approvisionnement croissant en lithium, le Chili est la clé de voûte de toute firme qui souhaite s'internationaliser dans le domaine de l'électromobilité », a affirmé M. Bitran. Et d’ajouter : « Être proche du Chili ou avoir une alliance stratégique au Chili devient un facteur stratégique pour une entreprise comme Tesla ».

Une demande dix fois supérieure en 2025

Le plus important gisement au monde de lithium se trouve dans les lacs salés du désert chilien d'Atacama. Après la récente résolution du différend de longue date opposant la SQM et la Corfo, aucun obstacle majeur ne semble plus désormais se dresser pour empêcher de tirer au maximum l’exploitation de la riche filière sud-américaine. Enraciné dans une intrigue renvoyant à l’ère du Général Pinochet, ce conflit a entraîné une limitation importante du nombre de licences de production accordées aux compagnies minières, empêchant ainsi la mise en place de tout nouveau projet d’envergure dans le secteur du lithium dans le pays.

Le partenariat avec la SQM, s’il parvenait se concrétiser, permettrait à Tesla non seulement de sécuriser son approvisionnement en lithium mais également d’en limiter les coûts. Des coûts qui, au cours des prochaines années, exploseront selon toute vraisemblance en raison de l’augmentation de la demande. Celle-ci devrait aller au-delà des 500 000 tonnes par an en 2025 alors que du côté de l’offre, la production a plafonné à 43 000 tonnes en 2017. Pour rappel, la tonne de lithium se vendait à 14 500 dollars en moyenne l’an passé. Ce cours est passé à 25 000 dollars au mois de janvier 2018.

Contrat d'approvisionnement pour BMW

Tesla n’est pas le seul fabricant à vouloir sécuriser son accès aux matières premières qui sont indispensables aux batteries des véhicules « zéro émission ». Le groupe BMW serait sur le point de signer un contrat d'approvisionnement de 10 ans pour le lithium et le cobalt, selon le journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ). BASF, géant allemand de la chimie qui développe des activités dans le domaine des batteries électriques, aurait quant à lui démarrer des pourparlers avec la compagnie russe Norilsk Nickel (Nornickel), également sur un partenariat d'approvisionnement, toujours selon la FAZ.

Trois annonces qui interviennent quelques semaines seulement après que Toyota Tsusho, la division trading du constructeur nippon, ait pris une participation de 15 % dans la société minière australienne Orocobre pour un montant de 282 millions de dollars australiens (224 millions de dollars). Objectif : sécuriser l’approvisionnement en lithium en vue de répondre à la demande croissante de véhicules électriques. Son premier modèle « zéro émission » sera commercialisé en Chine dès l’an prochain, l’Europe et les États-Unis suivront en 2020.

Mathieu PARAIN

Mathieu PARAIN

Passionné par les motorisations alternatives et attentif à l’impact des normes d’émissions sur le secteur automobile, Mathieu a débuté sa carrière de journaliste en Suisse avant de rejoindre la place de marché dédiée aux véhicules électriques et hybrides.