Pour accélérer la production, Tesla affrète 6 avions pour le transport de robots

Publié le 04 juin 2018 à 13h00 | Mathieu PARAIN | 3 minutes

L’Américain Tesla a récemment fait importer des équipements par voie aérienne depuis l'Europe

L’Américain Tesla a récemment fait importer des équipements par voie aérienne depuis l'Europe

L’Américain Tesla a récemment fait importer des équipements par avions depuis l'Europe. Une initiative qui vise à rompre une bonne fois pour toute les « goulets d’étranglement » empêchant la production en masse de sa berline familiale Model 3.


Rarissime dans l'industrie automobile, l'acheminement d'équipements industriels par voie aérienne est une opération complexe qui requiert la mobilisation de moyens financiers très importants. Fortement endetté, c’est pourtant cette coûteuse option qu’a choisie Tesla pour accélérer la production de sa berline à large diffusion Model 3.

« Comme d'habitude avec Tesla, tout se fait dans la précipitation et l'argent ne semble pas être un obstacle », a réagi l'une des sources anonymes qui a récemment révélé l’information à l’agence Reuters. Les six avions affrétés par le constructeur américain de voitures électriques auraient transporté des robots et divers matériels de la société Grohmann, un spécialiste allemand de la technologie robotique passé dans son giron l’an passé.

Production Tesla Model 3 électrique

6 000 berlines Model 3 par semaine

Début avril, le rythme de production de la Model 3 peinait toujours à atteindre 2 000 voitures par semaine, loin des 5 000 unités hebdomadaires visées initialement. Pour pallier les difficultés sur ses chaînes d’assemblage, qui demeurent nombreuses en dépit des efforts consentis, Tesla a « brûlé » environ 1 milliard de dollars de liquidités rien qu’entre janvier et mars. Des dépenses qui ont fortement fait grimper son niveau d’endettement, déjà élevé. Un endettement devenu tel que le constructeur a été récemment obligé d’hypothéquer son usine de Fremont, en Californie, qui compte parmi ses « joyaux ».

Pour le PDG de Tesla, Elon Musk, les nouveaux équipements venus d’Europe joueront un « rôle clé » dans l’atteinte des objectifs de production de son entreprise. Ils permettront, soutient-il, le passage de « 3 000 par semaine à 6 000 par semaine » du nombre de Model 3 qui sort des chaines d’assemblage du groupe. Promesse dont le respect sera bien entendu scruté très attentivement par tous les observateurs.

Doutes autour du modèle économique

Avec plusieurs centaines de milliers d'exemplaires déjà précommandés, le destin de Tesla est lié à la réussite de la Model 3, dont la commercialisation est prévue en Europe et en Asie courant 2019. C’est avec cette berline familiale proposée à un tarif d’accès de 35 000 dollars que la marque californienne née en 2003 espère enfin accéder au marché de masse et ainsi se transformer en un constructeur « grand public ». Et de démontrer par la même occasion la viabilité de son modèle économique qui suscite toujours autant d’interrogations malgré les succès enregistrés sur le front technologique.

Mathieu PARAIN

Mathieu PARAIN

Passionné par les motorisations alternatives et attentif à l’impact des normes d’émissions sur le secteur automobile, Mathieu a débuté sa carrière de journaliste en Suisse avant de rejoindre la place de marché dédiée aux véhicules électriques et hybrides.