Europe : luttes d'influence pour limiter les émissions automobiles

Publié le 07 février 2018 à 11h00 | La rédaction | 3 minutes

Au Parlement européen, le groupe socialiste propose de réduire de 40 % les normes d'émissions de CO2 automobiles d'ici 2030

Au Parlement européen, le groupe socialiste propose de réduire de 40 % les normes d'émissions de CO2 automobiles d'ici 2030

Les socialistes européens veulent durcir les normes d’émissions polluantes des voitures. Une ambition forte dont la réalisation dépendra des gouvernements nationaux.

 
Au Parlement européen, les socialistes se préparent à batailler pour un objectif de réduction de 40 % des émissions de CO2 des voitures. « Les objectifs globaux sont trop faibles – nous devons les renforcer », a assuré Kathleen Van Brempt, eurodéputée belge et vice-présidente du groupe S&D en charge des politiques climatiques. En novembre, un projet de règlement a été déposé au Parlement qui fixe un objectif de réduction de 30 % pour la période 2021-2030. « Allons jusqu’à 40 % », a assené la socialiste, dont la réputation a bien grandi depuis qu’elle a dirigé une commission d’enquête spéciale sur l’affaire du Dieselgate, qui veut ainsi rapidement revoir à la hausse les ambitions climatiques de l’Union européenne (UE).

Remplacer la méthode de calcul des émissions polluantes

Kathleen Van Brempt a également proposé d’abandonner l’actuelle méthode de calcul des émissions de CO2, basée sur la masse du véhicule, au profit d’une approche basée sur l’empreinte écologique de celui-ci. « Je pense que nous devrions essayer de trouver une meilleure solution », a martelé l’eurodéputée. « Tant que nous basons notre proposition sur le calcul de la masse des véhicules, les constructeurs ne seront pas incités à concevoir des véhicules (Sic). Quoi qu’il en soit, il vaut mieux le baser sur l’empreinte », a-t-elle affirmé.

La méthode de calcul basée sur l’empreinte est soutenue par quelques organisations très influentes telles que l’International Council on Clean Transportation (ICCT), l’association à but non lucratif qui a révélé le scandale du Dieselgate aux États-Unis, mais aussi par l’industrie et le lobby de l’aluminium, qui milite pour un plus grand usage de ce métal dans les véhicules, métal qui permet d’en réduire le poids. L’Allemagne, première puissance économique de la zone euro, s’est cependant opposée à cette approche en 2008, lorsque l’UE a adopté ses dernières normes de CO2 pour les voitures, car elle représente un fardeau pour les constructeurs de véhicules plus lourds.

Des normes de pollution qui dépendront des gouvernements nationaux

« C’était un point d’achoppement majeur dans le processus législatif », se souvient Artur Runge-Metzger, directeur du département de la Commission européenne pour l’action climatique (DG Climat), en charge de secteurs comme le transport routier et le bâtiment. « Si le Parlement et le Conseil peuvent s’accorder sur une meilleure solution, nous serons bien entendu derrière pour la soutenir », a-t-il affirmé, ajoutant que les calculs de la Commission ont montré qu’une approche fondée sur la masse permettait de répartir plus équitablement le fardeau sur les constructeurs automobiles européens. Quoi qu’il en soit, l’accord des eurodéputés dépendra au final en grande partie des gouvernements nationaux.