Toyota : ambition débordante dans l’hybride, l’électrique et l’hydrogène

Publié le 16 décembre 2017 à 15h00 | Mathieu PARAIN | 3 minutes

D’ici 2030, Toyota ambitionne d’écouler 50 % de sa production en hybride et en électrique

D’ici 2030, Toyota ambitionne d’écouler 50 % de sa production en hybride et en électrique

Toyota et Panasonic vont étudier la possibilité de mettre en commun leur savoir-faire pour développer des batteries électriques de nouvelle génération destinées aux véhicules électriques. L’annonce a été faite mercredi dernier à Tokyo par les deux géants industriels japonais lors d’une conférence de presse commune.

Développer des batteries nouvelle génération

Toyota et Panasonic vont étudier la possibilité de mettre en commun leur savoir-faire pour développer des batteries électriques de nouvelle génération. Pour le groupe automobile, la mise en place d’un tel partenariat devrait lui permettre d’augmenter la part des véhicules électrifiés dans ses ventes mondiales. De 15 % actuellement, cette part devrait grimper à 50 % au moins d'ici 2030, a déclaré Akio Toyoda. Cela devrait représenter au total 5,5 millions d'unités d'ici 2030, dont 4,5 millions de véhicules hybrides et 1 million d'unités fonctionnant avec des moteurs tout-électriques ou à pile à combustible (hydrogène), a précisé le PDG de Toyota.

En signant un nouvel accord de coopération avec Panasonic, l’un des leaders mondiaux dans la fabrication de batteries, Toyota envoie aussi un signal fort à la concurrence. L'objectif étant de rattraper le retard pris sur les fabricants étrangers (Volkswagen, Daimler, BMW, Tesla, General Motors, Ford), sans compter l'offensive des entreprises chinoises et de l'Europe souhaitant mettre sur pied un « Airbus de la batterie ».

Toyota Prius PHEV

Concurrence à l’échelle des pays

Une concurrence qui se joue ainsi non seulement à l’échelle des entreprises mais aussi à l’échelle des pays, et dont le deuxième constructeur mondial commence maintenant à prendre la mesure puisqu’il a aussi invité d'autres entreprises nippones à venir rejoindre l’alliance avec Panasonic. « Le Japon n'a pas de ressources et à une époque de grands changements, nous devons développer des batteries compétitives », a ainsi prévenu Akio Toyoda.

Pour Panasonic, la collaboration avec Toyota devrait l’aider à atteindre son objectif de doubler d'ici 2022 les revenus tirés de ses activités liées à l’industrie automobile. Selon Mika Nishimura, analyste chez Crédit Suisse, une stratégie basée sur la multiplication des partenariats avec les constructeurs automobiles pourraient permettre aux fabricants de batteries « de partager les coûts de R&D et de dépenses d'investissement ». « Travailler avec les constructeurs dès les premières étapes pourrait permettre également aux fabricants de batteries de décrocher des commandes qui permettront de réaliser des économies d'échelle », note-t-il aussi.

 

BATTERIES PRISMATIQUES : Toyota et Panasonic vont mener dans un premier temps une étude sur la faisabilité de batteries prismatiques bon marché et disposant d’une fiabilité élevée. Si cette étape est concluante, les deux partenaires auront en vue la construction à l’échelle industrielle de ces batteries. Ce qui pourrait conduire à l’édification de la première Gigafactory « Made in Japan ».

Mathieu PARAIN

Mathieu PARAIN

Passionné par les motorisations alternatives et attentif à l’impact des normes d’émissions sur le secteur automobile, Mathieu a débuté sa carrière de journaliste en Suisse avant de rejoindre la place de marché dédiée aux véhicules électriques et hybrides.