Autopartage : Peugeot Citroën met fin à son service en Allemagne

Publié le 09 décembre 2017 à 07h00 | La rédaction | 3 minutes

Les 200 Citroën C-Zero et 100 Citroën C1 disponibles en autopartage dans les rues de Berlin ont disparu depuis quelques semaines

Les 200 Citroën C-Zero et 100 Citroën C1 disponibles en autopartage dans les rues de Berlin ont disparu depuis quelques semaines

Après cinq années de bons et loyaux services dans la capitale allemande, le groupe Peugeot Citroën a décidé d’y retirer Multicity, son offre de service d’autopartage.

Fin de l’offre d’autopartage Multicity

Cinq ans après son lancement, PSA Group a décidé de mettre un terme à son offre d’autopartage Multicity destinée aux habitants de Berlin. Selon le site Automotive News Europe, le service a pris fin le 29 octobre dernier. « Multicity était précurseur lors de son lancement, mais l'évolution de l'environnement concurrentiel dans l'agglomération berlinoise fait que ce marché est devenu trop saturé pour qu'il soit rentable », déclare-t-on du côté des responsables du constructeur au Lion pour justifier la décision.

Disponible depuis 2012, Multicity permettait aux conducteurs de la capitale allemande de louer les véhicules électriques Citroën C-Zéro, au nombre de 200, ou ses petites citadines C1, une centaine, disponibles en « free-floating » – un système qui permet aux clients de retirer leur véhicule n’importe où et de le déposer ensuite où bon leur semble.

Multicity Berlin

Les raisons d’un échec

Le contexte devenu très concurrentiel à Berlin, avec notamment la présence du service Car2Go de l’allemand Daimler, propriétaire des marques Smart et Mercedes-Benz, n’explique pas à lui seul l’échec de PSA. Brigitte Courtehoux, vice-présidente du groupe chargée des services connectés et des nouvelles mobilités, pointe le nombre insuffisant de véhicules affectés à la plateforme, ainsi que leur mauvaise répartition dans la métropole allemande. « Certaines personnes ont parcouru jusqu'à 1 kilomètre avant de retirer la voiture louée », se désole-t-elle.

Cette dernière souligne également le manque de lucidité de PSA dans le choix de l’opérateur ferroviaire Deutsche Bahn comme principal allié. Des erreurs de management qui, une fois n’est pas coutume, sont donc publiquement reconnues, mais que l’on cherche toutefois à positiver. « Désormais, nous savons comment entrer dans une ville, comment gérer nos clients », prévient le groupe français.

Prochaine étape, les Etats-Unis

PSA affirme par ailleurs toujours croire à la pertinence des services d’autopartage malgré l’échec berlinois. Toutefois, tempère-t-il, le choix de mettre en avant ce type de plateforme doit « dépendre des villes, des politiques mises en place localement et des utilisateurs ». Cette stratégie basée sur une offre de services différenciés, PSA veut maintenant l’appliquer aux Etats-Unis, marché sur lequel il est absent depuis près de 30 ans et il cherche de nouveau à s’implanter. En toute discrétion, la marque vient d’ailleurs de lancer son application Free2Move, qui permet d’agréger les services de différents opérateurs d’autopartage, dans la ville de Seattle. La reconquête de l’Amérique par PSA passerait-t-elle donc par les services de mobilité à la demande ?