Paris : la Mairie teste une Renault ZOE dotée d’un filtre à particules … de frein

Publié le 03 octobre 2018 à 07h00 | Mathieu PARAIN | 3 minutes

Pour un coût d’une soixantaine d’euros, le système inventé par le français Tallano aspire en moyenne 82 % des particules émises par l’abrasion des plaquettes de frein.

Pour un coût d’une soixantaine d’euros, le système inventé par le français Tallano aspire en moyenne 82 % des particules émises par l’abrasion des plaquettes de frein.

INNOVATION - La Mairie de Paris a récemment présenté une Renault ZOE équipée d'un système de récupération des particules fines. Mis au point par Tallano Technologie, le dispositif permet de réduire de 82 % les émissions liées à l'abrasion des plaquettes de frein.

Les particules fines sont une des principales sources de pollution urbaine, dont les effets néfastes pour la santé ne sont plus à prouver. Une émission qui est responsable de diverses maladies cardio-vasculaires et de cancers, et qui est en partie due à la circulation automobile. Voilà qui a conduit les régulateurs à rendre quasi-obligatoire l'implantation d'un filtre à particules sur les automobiles, que ce soit sur les moteurs essence ou Diesel.

Toutefois, les émissions à l'échappement n'en sont pas la seule source. En effet, avec la mise en place systématique des systèmes de dépollution, les voitures émettent aujourd’hui plus de ces nanoparticules du fait de l'abrasion des plaquettes de freins que par l'échappement, 20 mg/km en moyenne contre 5 mg/km selon les valeurs publiées, soit quatre fois plus.

Dispositif flexible

La mise au point d’un filtre à particules pour freins est ainsi devenue une urgence de santé publique.  A Paris, une Renault ZOE a récemment été équipée d'un tel dispositif. Une grande première sur une voiture particulière. Mis au point par le bureau d'études français Tallano Technologie, ce système d'une centaine de grammes, dénommé Tamic, se compose d'un évent qui canalise les poussières fines, et est fixé sur le bras de suspension. Les nanoparticules sont aspirées à l'aide d'une petite turbine électrique activée lors de chaque action sur la pédale de frein.

Tamic peut par ailleurs s'adapter sur des modèles existants selon ses concepteurs, sans modification notable de leur architecture. « Nous n'avons jamais eu de problème pour adapter notre système sur un quelconque modèle », explique Christophe Rocca-Serra, PDG de Tallano Technologie. « Même sur des véhicules à hautes performances dotés de disques et étriers volumineux, nous avons trouvé une solution », souligne-t-il. A noter que la technologie peut également s'adapter à des systèmes d'étriers flottants ou fixes.

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Diminution de 82 % des émissions de particules

Selon les tests menés par Tallano en collaboration avec Renault, une baisse de 82 % des émissions de particules liées à l'abrasion des plaquettes est constatée suite à l’installation du Tamic. D’un coût d’une soixantaine d'euros, celui-ci ne nécessite aucun entretien : le changement du filtre s'effectue lors de chaque remplacement des plaquettes de frein. Le Tamic est conçu pour fonctionner pendant toute la vie du véhicule.

« Ce dispositif de récupération de ces poussières, couplé à une voiture 100 % électrique zéro émission, ouvre la voie vers le véhicule propre », s’est félicité Jean-Louis Missika, adjoint au maire chargé de l'urbanisme et des projets du Grand Paris. Le Tamic devrait arriver en série au plus tard en 2021.

Mathieu PARAIN

Mathieu PARAIN

Passionné par les motorisations alternatives et attentif à l’impact des normes d’émissions sur le secteur automobile, Mathieu a débuté sa carrière de journaliste en Suisse avant de rejoindre la place de marché dédiée aux véhicules électriques et hybrides.