VIDEO - Lithium : le Portugal s’apprête à ouvrir la plus grande mine d’Europe

Publié le 18 septembre 2018 à 13h00 | La rédaction | 3 minutes

Pour réduire sa dépendance aux acteurs asiatiques, la Commission européenne souhaite créer une filière de la batterie dans laquelle le Portugal et son Lithium y tiendraient une place de choix

Pour réduire sa dépendance aux acteurs asiatiques, la Commission européenne souhaite créer une filière de la batterie dans laquelle le Portugal et son Lithium y tiendraient une place de choix

La course à l'extraction du lithium est lancée au Portugal, déjà principal producteur européen avec une part de marché de 11 %. La société minière britannique Savannah Resources espère ainsi y ouvrir d’ici deux ans la plus grande mine de lithium d’Europe. Objectif : créer une filière capable de fabriquer la prochaine génération de batteries pour véhicules électriques.


Actuellement, la plus grande mine de lithium du Vieux Continent est déjà en production au Portugal. Elle est exploitée par Felmica, une filiale du Grupo Mota, dans la région de Guarda, dont les réserves sont estimées à 30 ans de production. « Le lithium pourrait valoir de l'or pour le Portugal, puisque nous estimons qu'en 2025 le marché européen des batteries vaudra 250 milliards d'euros par an », a déclaré Maros Sefcovic, le vice-président de la Commission européenne chargé de l'Énergie.

La compagnie Savannah Resources qui souhaite investir dans le pays pour y ouvrir un site de plus grande taille a par ailleurs revu l'estimation des gisements du site de Mina do Barroso en hausse de 44 %, à 20,1 millions de tonnes de minerai d'une teneur en lithium de 1,04 %.

L'engouement actuel pour le lithium est alimenté par le fait qu'il s’agit d’un élément essentiel pour les batteries lithium-ion. Utilisés dans les téléphones et les ordinateurs portables, ces accumulateurs sont de plus en plus indispensables aux véhicules électriques.

Les gisements exploitables à moindre coût de ce métal alcalin ne sont toutefois pas si nombreux dans le monde. Ils sont principalement répartis dans les zones dotées de grands lacs salés comme en Bolivie, en Argentine, au Chili et en Australie.

Voiture électrique : les aides européennes financent les batteries asiatiques 

« Ruée vers l'or blanc »

« On assiste à une ruée vers l'or blanc dans plusieurs régions du monde », affirme Howard Klein, de RK Equity, un cabinet de conseil en investissement new-yorkais. Et celui-ci de relever : « Pour l'Europe et son secteur automobile, l'idée d'une chaîne d'approvisionnement allant du minerai à la voiture électrique est très attrayante ».

« L'explosion de la filière de la batterie a provoqué un véritable engouement pour le lithium » et sa valeur marchande a triplé en trois ans, rappelle pour sa part Lucas Bednarski, de Lithium Today, firme d'études de marché spécialisée dans le métal alcalin.

Par ailleurs, M. Sefcovic porte depuis près d'un an un projet de filière capable de construire au sein de l'Union européenne (UE) une nouvelle génération de batteries électriques "vertes", recyclables et réutilisables. Avec pour objectif de réduire la dépendance de l'Europe vis-à-vis de ses fournisseurs asiatiques. L’une des phases clées de ce programme consiste à réduire la dépendance en composants, alors que le continent importe 86 % du lithium qu'il consomme.

Une filière européenne encore peu compétitive ?

« Nous savons que le Portugal possède les plus importants gisements en Europe. La question est de savoir si c'est économiquement viable de l'extraire », tempère toutefois Lucas Bednarski, qui souligne aussi qu’il s’agit d’un marché mondial « très compétitif ». D'après ses estimations, la production de lithium extrait de la roche granitique portugaise coûte environ 2,5 fois plus cher que celui produit à partir des gisements de saumure chiliens.

Une prudence qui n’entame en rien l’enthousiasme de l'État portugais, qui sent qu’il détient là un filon historique, et qui ne veut plus se limiter à recevoir les royalties de l'activité d'extraction. « Nous voulons saisir l'occasion de développer des secteurs industriels liés à la transformation du minerai, à la fabrication de batteries, au secteur automobile ou aux énergies renouvelables », a déclaré Seguro Sanches, le secrétaire d'État à l'Énergie du pays.