Batteries électriques : vers un approvisionnement en minerais éthique et durable

Publié le 12 décembre 2017 à 15h00 | La rédaction | 3 minutes

Pour s’assurer un approvisionnement en minerais plus éthique et durable, 10 constructeurs s’engagent

Pour s’assurer un approvisionnement en minerais plus éthique et durable, 10 constructeurs s’engagent

Dix constructeurs automobiles ont récemment annoncé la création d’une alliance dont le but est d’assurer que le processus d’approvisionnement en matières premières qui entrent dans la fabrication des batteries de leurs véhicules électriques soit acceptable du point de vue éthique, environnemental et légal.

Drive Sustainability, une alliance pour plus d’éthique

Dix constructeurs automobiles ont récemment lancé une initiative commune visant à identifier et à résoudre les problèmes éthiques, environnementaux, et de droits du travail relatifs à l'approvisionnement en matières premières qui entrent dans la fabrication des batteries de leurs véhicules électriques. Ce partenariat, baptisé « Drive Sustainability », inclut Ford, Volkswagen, Toyota Europe, Daimler, BMW, Jaguar Land Rover, Honda, Volvo Cars et les constructeurs de poids-lourds Scania et Volvo.

L'alliance « évaluera les risques posés par les principales matières premières utilisées dans le secteur automobile », et sera aussi en charge d’identifier « les actions les plus pertinentes » à mener en cas d’éventuels problèmes au sein des chaînes d'approvisionnement, a déclaré Stefan Crets, Directeur exécutif du réseau d'affaires CSR Europe et facilitateur de Drive Sustainability.

Il est à noter que plus de la moitié du cobalt produit dans le monde sont extraites des mines de la République démocratique du Congo, un pays en proie à une instabilité politique permanente et par ailleurs réputé pour sa gestion opaque des ressources naturelles. Et où l’utilisation d’enfants dans les mines de cobalt est phénomène courant.

Batterie voiture électrique

L’industrie automobile pointée du doigt

L'initiative Drive Sustainability fait suite à des craintes croissantes concernant les violations des droits de l'homme et aussi parce que les chaînes d'approvisionnement des entreprises sont scrutées par des enquêtes toujours plus minutieuses. Plus tôt ce mois-ci, l’organisation Amnesty International a ainsi publié un rapport avertissant que les groupes automobiles « ne font pas assez » contre les violations des droits de l'homme qui subsistent au niveau de leurs chaînes d'approvisionnement.

Parmi les constructeurs, le rapport de l’ONG des droits de l’homme montre que c’est BMW qui a accompli le plus d'améliorations dans la démarche éthique d’accès aux minerais, tandis que Renault et Daimler « ont particulièrement mal performé ».  La demande de minéraux tels que le cobalt, le graphite, et le lithium devrait augmenter dans les années à venir au fur et à mesure que les fabricants augmentent leurs investissements dans les modèles électriques.

Pour faire réagir le Losange, l’ONG a ouvert une pétition à destination de Carlos Ghosn, le patron de Renault. Une pétition ainsi formulée : « Face aux violations des droits humains et au travail des enfants, Renault, vous devez mener une enquête sur votre chaîne d’approvisionnement en cobalt ! ». Ouverte jusque fin mai 2018, elle compte déjà plus de 2 000 signataires sur les 30.000 attendus. « Il est temps pour Renault d’assumer la responsabilité de la provenance de ces matières premières », justifie Amnesty international.