Infrastructure de charge : l'Europe attaque Malte et la Roumanie

Publié le 09 février 2018 à 13h00 | La rédaction | 3 minutes

En retard dans l'élaboration d'une feuille de route dédiée au déploiement d'une infrastructure de charge, Malte et la Roumanie font l'objet d'une plainte déposée par la Commission européenne

En retard dans l'élaboration d'une feuille de route dédiée au déploiement d'une infrastructure de charge, Malte et la Roumanie font l'objet d'une plainte déposée par la Commission européenne

La Commission européenne a décidé de porter plainte contre Malte et la Roumanie auprès de la Cour de justice de l'Union européenne (UE). Les deux pays n'ont pas réussi à mettre en place une stratégie nationale de déploiement d’infrastructures pour véhicules à carburants alternatifs et électriques.

 

La Commission européenne a décidé de renvoyer Malte et la Roumanie devant la Cour de justice de l'UE pour n'avoir pas communiqué leurs cadres politiques nationaux au titre de la directive 2014/94/UE sur le déploiement d'infrastructures de carburants alternatifs. Ces cadres ont été mis en place pour assurer que l’installation des infrastructures de mobilité « verte », en particulier les points de recharge pour les véhicules électriques et les points de ravitaillement en hydrogène pour les véhicules dotés d’une pile à combustible, soit coordonnée au niveau des pays appartenant à l’UE.

Pour rappel, les États membres étaient tenus de communiquer leurs feuilles de route à la Commission européenne avant la date du 18 novembre 2016. Mais à ce jour, Malte et la Roumanie n'ont toujours pas réaliser la démarche, cela malgré une lettre de mise en demeure, suivie d’un avis motivé, qui leur ont été envoyés l’an passé.

 

Assurer une mobilité propre et compétitive à tous les Européens

Adopté en novembre 2017, le "Clean Mobility Package" vise une accélération du déploiement des infrastructures de carburants alternatifs qui est, selon la Commission, essentielle pour assurer une mobilité propre et compétitive à tous les Européens. Ce train de mesures représente une étape décisive dans la mise en œuvre des engagements pris par l'UE dans le cadre de l'accord de Paris en vue d'une réduction contraignante des émissions nationales de CO2 d'au moins 40 % d’ici 2030. Ce « paquet mobilité propre » comprend, entre autres, une évaluation détaillée des cadres politiques nationaux, mais également un plan d’action et des solutions d'investissement pour le déploiement d'infrastructures de carburants alternatifs dans l'Europe.

Suite à la plainte déposée par la Commission, le Ministère maltais des transports, de l'infrastructure et des projets d'investissement a indiqué que les travaux d'élaboration et d'achèvement de son cadre national sont en cours après le retard pris dans la nomination de consultants experts. « Le calendrier présenté par les autorités maltaises à la Commission a donc été révisé au 16 mars, date à laquelle les autorités maltaises seront en mesure de soumettre la version finale du cadre politique national », a déclaré le Ministère dans un communiqué.

 

5,2 milliards d'euros d’investissements d'ici 2020

En septembre 2017, l'Union européenne comptait quelque 118 000 points de charge électrique, 3 458 points de ravitaillement en gaz naturel liquéfié (GNL) ou en gaz naturel pour véhicule (GNV) et 82 points de ravitaillement en hydrogène. Des chiffres qui révèlent que les infrastructures de recharge en carburant alternatif commencent à se développer. Toutefois, le mouvement doit être accéléré pour créer l'épine dorsale du réseau européen et équiper les zones urbaines et péri-urbaines. « Au total, les besoins d'investissement estimés pour les infrastructures de carburants alternatifs accessibles au public dans l'UE s'élèvent à environ 5,2 milliards d'euros d'ici à 2020 et entre 16 et 22 milliards d'euros supplémentaires d'ici 2025 », a alerté la Commission.