Taxi autonome : à Vegas, le français Navya précise ses ambitions

Publié le 10 janvier 2018 à 07h00 | Fabrice SPATH | 3 minutes

Au CES, le lyonnais Navya fait tester son robot-taxi aux visiteurs du salon sur le vaste parking du Palais des Congrès

Au CES, le lyonnais Navya fait tester son robot-taxi aux visiteurs du salon sur le vaste parking du Palais des Congrès

Inconditionnel du CES avant même son rachat en 2014, le lyonnais Navya y présente cette année un robot-taxi dévoilé en fin d’année en France. Un véhicule qui sera testé en conditions réelles à partir du printemps à Lyon ou à Paris. En parallèle, la ville de Las Vegas expérimente depuis peu un exemplaire de la navette autonome Arma.

Déjà 60 exemplaires pour Arma

Voici une opération de communication rondement menée. Deux mois seulement avant l’ouverture du Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas, le rendez-vous annuel et incontournable de l’électronique grand public, l’entreprise française Navya spécialisée dans les véhicules autonomes démarrait le test en conditions réelles – et pour une durée d’un an – de sa navette autonome Arma dans les rues de la « Sin City ». Reprise en 2014 par Bruno Bonnell et Christophe Sapet, les deux fondateurs de l’éditeur de jeux vidéo Infogrames, l’entreprise qui a déménagé son siège à Villeurbanne (Rhône) a fait entrer à son capital l’opérateur de transport Keolis et l’équipementier automobile Valeo en levant un total de 30 millions d’euros. Un financement qui a permis à la start-up de bonifier la navette Arma, de la commercialiser et de la produire à plus de 60 exemplaires.

 

Expérimentation en France au printemps

L’Australie, la Suisse, les Etats-Unis mais aussi la France accueillent déjà ces petits bus autonomes et électriques. A Lyon, le quartier Confluence expérimente depuis l’automne 2016 deux navettes rebaptisées Navly sur un parcours de 1,3 km. En novembre dernier, le catalogue Navya s’est enrichi d’un second modèle qui prend la forme d’un robot-taxi. Lui aussi « zéro émission », l’Autonom Cab est accessible depuis hier aux journalistes et visiteurs sur le vaste parking du Palais des Congrès de Vegas. Sur un parcours prédéfini, le premier taxi autonome ou VTC sans chauffeur peut transporter jusqu’à 6 passagers. Complémentaire aux transports en commun, le véhicule doit néanmoins se contenter d’une zone délimitée à l’aide d’une cartographie précise. En discussion avec Lyon et Paris pour obtenir une autorisation spéciale, l’une des deux villes devrait accueillir un ou plusieurs exemplaires de l’Autonom Cab d’ici le printemps. Une course à l’innovation et à l’expérimentation destinée à conserver son avance sur un marché de plus en plus convoité.

 

 

FINANCEMENT : en accueillant l’opérateur Keolis et l’équipementier Valeo – chacun détenant 10 % du capital –, Navya a levé un total de 30 millions d’euros. Un financement qui devrait être complété à moyen terme par un second tour de table d’un montant compris entre 50 et 60 millions d’euros. De l’argent frais destiné à renforcer les effectifs, à accélérer la commercialisation de ses deux modèles et à atteindre la rentabilité d’ici 2020.

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Fabrice SPATH

Fabrice SPATH

Cofondateur du site, Fabrice roule en électrique la semaine et en hybride rechargeable le week-end. Après être passé par la case ingénierie chez des constructeurs et équipementiers outre-Rhin, il collabore régulièrement avec la rédaction et travaille au développement de la place de marché.