Autoroutes gratuites pour les électriques : l’éternel marronnier …

Publié le 12 décembre 2016 à 10h00 | Fabrice SPATH | 3 minutes

Au printemps 2015, la ministre Ségolène Royal annonçait (sans effet) la création de voies dédiées aux véhicules à faibles émissions

Au printemps 2015, la ministre Ségolène Royal annonçait (sans effet) la création de voies dédiées aux véhicules à faibles émissions

La gratuité des autoroutes pour les voitures électriques ? Voilà une idée dont la mise en œuvre ne semble jamais pouvoir aboutir. D’Arnaud Montebourg en 2012 à Ségolène Royal en 2016, les annonces sur des tarifs préférentiels se succèdent sans que jamais une décision ne soit prise.

 

4 années de perdues

Quatre ans déjà que ce marronnier est balloté d’annonces en annonces. Quatre années de perdues dans des discours dont seuls les naïfs pensent encore qu’ils trahissent une véritable volonté de l’Etat régalien de mettre en œuvre des mesures destinées à favoriser les véhicules électriques dans ce pays. Sans se douter qu’entre cette velléité politique et la réalité juridico-réglementaire, il y a un fossé aussi vaste que le Grand Canyon. Et la nouvelle annonce de Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, qui a osé proposer à Tesla Motors le site de la centrale nucléaire de Fessenheim pour son implantation européenne (lire notre article à ce sujet) est dans la même veine que celle d’Arnaud Montebourg. Le ministre du Redressement productif qui, à la veille du Mondial de Paris 2012, pérorait que les concessionnaires d’autoroutes pouvaient bien faire un petit effort financier et proposer des tarifs préférentiels aux propriétaires de voitures hybrides, hybrides rechargeables et 100 % électriques.

Autoroute : vers une voie réservée aux véhicules électriques et hybrides 

Contrainte technique

Une excellente idée qui n’a évidemment jamais vu le jour mais qui n’a pas empêché Mme Royal de la reprendre en 2015 puis à nouveau il y a quelques jours, au lendemain du phénomène de pollution aux particules fines qui a touché une grande partie de la France. Et la ministre d’affirmer en conférence de presse samedi qu’elle a récemment « demandé aux sociétés d'autoroute la gratuité des péages pour les véhicules électriques ». Une nouvelle annonce mise à mal par une source proche du dossier citée par l’agence AFP. Selon cette source très bien informée, le cabinet n’est en réalité pas entré en contact avec les concessionnaires sur ce sujet. Une vue de l’esprit donc qui s’accompagne d’une contrainte technique. En effet, comment distinguer un véhicule à très faibles émissions d’un modèle thermique conventionnel ? La solution n’a semble-t-il pas encore été trouvée, ce qui ajoute une difficulté technique à cette farce sans cesse renouvelée.

Véhicules hybrides et électriques : vers un stationnement gratuit ? 

Interopérabilité et stationnement

Sur le terrain, la véritable demande des propriétaires de véhicules électriques et hybrides rechargeables porte davantage sur la facilité d’accès aux bornes de recharge et, éventuellement, à la gratuité du stationnement dans les centres-villes. Si on espère que le premier sujet finira dans les prochains mois à être solutionné grâce à l’interopérabilité des réseaux et que les utilisateurs des bornes pourront enfin payer leur charge par carte bancaire, le second soulève encore une fois de sérieux doutes quant à la parole publique. Egalement annoncée par M. Montebourg en 2012, la gratuité du stationnement pour les véhicules à batteries n’a jamais fait l’objet d’un quelconque décret d’application. Actuellement, seules la ville de Paris ainsi que les communes qui ont adopté le Disque Vert proposent la gratuité temporaire du stationnement (de 2 à 24h). Une profusion de cartes d’accès aux bornes et de pratiques liées au stationnement dont il est autrement plus important de s’atteler qu’une hypothétique gratuité des péages autoroutiers.

Fabrice SPATH

Fabrice SPATH

Cofondateur du site, Fabrice roule en électrique la semaine et en hybride rechargeable le week-end. Après être passé par la case ingénierie chez des constructeurs et équipementiers outre-Rhin, il collabore régulièrement avec la rédaction et travaille au développement de la place de marché.