Voiture électrique : va-t-elle détruire des emplois par milliers ?

Publié le 17 mars 2017 à 18h00 | La rédaction | 3 minutes

Le Président Donald Trump rencontrant le 24 janvier 2017 Mark Fields, patron de Ford, et Sergio Marchionne, patron de Fiat Chrysler Automobiles (FCA)

Le Président Donald Trump rencontrant le 24 janvier 2017 Mark Fields, patron de Ford, et Sergio Marchionne, patron de Fiat Chrysler Automobiles (FCA)

Une étude récemment publiée par une équipe de chercheurs d’une université américaine affirme que l’obligation de conformité des véhicules commercialisés aux Etats-Unis à la norme environnementale CAFE (Corporate Average Fuel Economy) va entraîner des pertes d’emplois au niveau de l’industrie automobile et renchérir le coût des voitures.

 

Hémorragie dans l’industrie américaine

L’étude en question, réalisée par des chercheurs de l’Indiana University’s School of Public and Environnement Affairs, a bénéficié du soutien financier d’un consortium rassemblant plusieurs constructeurs. La principale conclusion à laquelle aboutissent les chercheurs est que le niveau élevé des investissements requis pour rendre les véhicules conformes aux exigences de la norme CAFE va causer d’importantes destructions d’emplois dans le secteur automobile. D’après leur estimation, plus de 150 000 emplois devraient disparaitre sur le territoire américain d’ici à 2021. Ils prévoient par ailleurs une augmentation générale du coût des nouveaux véhicules. Ces chercheurs affirment ainsi que dès 2025, la hausse de prix causée par l’application du CAFE pourrait atteindre en moyenne plus de 1 800 dollars pour chaque unité produite.

Destruction d'emplois voiture électrique 

Trump s’oppose à la nouvelle norme

Face aux conséquences économiques que ne manqueraient pas d’entraîner de tels changements, la question se pose si les autorités américaines ne vont pas décider d’amender le CAFE afin de préserver un maximum d’emplois. Donald Trump, le Président républicain nouvellement élu, plaide lourdement en faveur d’une telle démarche auprès des élus du Congrès qui auront le dernier mot dans cette affaire. C’est d’ailleurs en martelant tout au long de sa campagne électorale que les emplois perdus vont bientôt revenir dans son pays que M. Trump a bâti sa popularité et s’est fait élire aux dépens de la candidate démocrate Hillary Clinton qui partait pourtant largement favorite.

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L’EPA maintient le cap

De son côté, l’EPA, l’agence de protection environnementale américaine semble bien décidée à maintenir le cap et à préserver les grandes lignes du CAFE. Face à la pression déjà forte et au travail de lobbying des constructeurs, Gina McCarthy, l’administratrice de l’EPA, a déclaré il y a quelques semaines que son agence maintiendrait ses objectifs de réduction d’émissions automobiles. Elle avait alors soutenu que les industriels du secteur étaient en mesure d’atteindre les objectifs prévus par le CAFE à des coûts bien moins élevés que ceux entendus habituellement de leur part. L’étude des chercheurs de l’université de l’Indiana tend à montrer que l’argument de Mme McCarthy recèle quelques failles. Toutefois, les conclusions de ces derniers peuvent être remises en cause par leur partialité, cela en raison de l’origine du financement qui a permis la réalisation de l’étude. La bataille pour le maintien des normes ne fait que commencer.