SeaBubbles : face à la rigidité administrative française, la société rejoint le Lac Léman

Publié le 24 novembre 2017 à 07h00 | Mathieu PARAIN | 3 minutes

Les contraintes techniques et réglementaires des administrations françaises ont finalement conduit SeaBubbles à s’exiler sur les bords du Lac Léman

Les contraintes techniques et réglementaires des administrations françaises ont finalement conduit SeaBubbles à s’exiler sur les bords du Lac Léman

La jeune compagnie SeaBubbles, à l’origine d’un concept novateur de bateaux électriques, n'a pas obtenu les conditions d'accueil qu'elle espérait à Paris pour son projet de « taxi volant ». Elle s'installera donc en Suisse, au bord du lac Léman.

Départ pour la Suisse

Paris n'aura pas ses bateaux volants. Du moins, pas dans un futur proche. La compagnie SeaBubbles va en effet s’établir en Suisse, sur les rives du lac Léman, pour perfectionner le développement de son concept novateur de bateaux électriques. L’entreprise, fondée par les navigateurs Alain Thébaut et Anders Bringdal, n'a pas obtenu les conditions d'accueil qu'elle espérait à Paris pour son « taxi volant ». Elle a donc décidé qu’il était temps de voir ailleurs.

« On ne va pas continuer à pédaler dans le vide en passant des mois à discuter avec les administrations » a déclaré un Alain Thébault passablement frustré par l’impasse traversée par sa société. Alors que ses « bulles », qui naviguent en s’aidant de foils, sorte d’ailerons capables de soulever le bateau hors de l’eau, devaient de nouveau être testés sur la Seine fin septembre, des contraintes techniques et réglementaires ont finalement empêché les essais de se tenir.

Rigidité administrative

Le soutien affiché de l’actuelle maire de Paris, Anne Hidalgo, n’a donc pas suffi pas au projet SeaBubbles pour surmonter les obstacles administratifs auxquels celui-ci est confronté depuis plus d’un an, c’est-à-dire depuis le début de sa mise en route. Des obstacles liés à la régulation actuelle qui interdit de circuler à plus de 12 km/h sur la Seine, alors que les bateaux, alimentés par des batteries électriques, doivent avoir une vitesse proche de 50 km/h pour atteindre leur plein potentiel et s’élever au-dessus des vagues.

Ce plafonnement est destiné à empêcher que des bateaux traditionnels ne fassent trop de bruit ou de vagues sur le fleuve et ses berges, qui bordent des quartiers résidentiels ou touristiques, comme l'île de la Cité. En réaction, Mme Hidalgo a dit souhaiter que les services de l’Etat fassent « évoluer la réglementation pour permettre à Paris d’accueillir SeaBubbles ».

Des Genevois plus généreux

Une rigidité administrative de la ville de Paris qui contraste singulièrement avec l’attitude des pouvoirs publics suisses. A Genève, les autorités de la ville ont proposé à la compagnie française de financer les infrastructures permettant d’accélérer le développement du projet. Un appui qui pourrait permettre à SeaBubbles notamment de disposer de pontons – qui servent à la charge des bateaux – à un coût relativement abordable.

En avril de l’année prochaine, une ligne pilote sera installée entre Genève et une commune voisine. Cinq « bulles » seront intégrées au réseau de transport pour servir de taxis à la demande. « Je veux voir ces bulles voler », a déclaré Alain Thébault. Quant à Paris, « on y reviendra ».

Mathieu PARAIN

Mathieu PARAIN

Passionné par les motorisations alternatives et attentif à l’impact des normes d’émissions sur le secteur automobile, Mathieu a débuté sa carrière de journaliste en Suisse avant de rejoindre la place de marché dédiée aux véhicules électriques et hybrides.