Rachat PSA-Opel : incertitudes sur la voiture électrique

Publié le 06 mars 2017 à 18h00 | Fabrice SPATH | 3 minutes

Première voiture 100 % électrique du Blitz, l’Opel Ampera-e offre une autonomie réelle de 380 km grâce à sa batterie Lithium-Ion d’une capacité de 60 kWh

Première voiture 100 % électrique du Blitz, l’Opel Ampera-e offre une autonomie réelle de 380 km grâce à sa batterie Lithium-Ion d’une capacité de 60 kWh

En rachetant les activités automobiles et financières du groupe General Motors en Europe, le groupe PSA Peugeot Citroën devient le second constructeur sur le Vieux Continent. D’un montant de 2,2 milliards d’euros, la transaction expresse initiée il y a seulement trois semaines laisse toutefois planer de nombreuses incertitudes sur les projets liés à la voiture, dont la très attendue Opel Ampera-e.

 

Une bonne affaire

Annoncés le 14 février dernier, les négociations entre le groupe PSA et le groupe General Motors (GM) portant sur le rachat des activités Opel / Vauxhall ont débouché ce lundi 6 mars sur un accord. Un rachat express d’un montant de 2,2 milliards d’euros et qui permet au désormais numéro deux européen de mettre la main sur 6 usines de montage, 5 sites de production de pièces, le centre d’ingénierie de Rüsselsheim (Allemagne) et quelque 40 000 salariés. Une bonne affaire pour Peugeot Citroën qui, grâce à son trésor de guerre – 6,8 milliards d’euros en trésorerie au 1er janvier – et la situation financière désastreuse du Blitz, entre dans une course au volume. Une stratégie à laquelle s’est pourtant toujours refusé son patron, Carlos Tavares.

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La discorde de l’électrique

Selon le groupe français, les économies d’échelle liées à ce rachat s’élèveraient à 1,7 milliard d’euros entre 2020 et 2026. Des synergies dont on ignore actuellement si elles profiteront à la voiture électrique, un sujet sensible qui constituait le principal point d’achoppement lors des négociations finales de ces derniers jours. En jeu : les technologies brevetées par l’américain GM qui équipent les modèles électriques Chevrolet Bolt et sa cousine européenne Opel Ampera-e dont la commercialisation est attendue en France dans les toutes prochaines semaines. Fin février, le premier groupe automobile américain aurait toutefois été prêt à accorder des licences à Peugeot Citroën, à condition de ne pas les utiliser sur le continent nord-américain, en Chine et en Russie.

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 Avenir incertain de l’Ampera-e

En retard sur le marché des véhicules 100 % électriques, le nouveau second constructeur automobile européen et ses 3 millions de véhicules produits en 2016 – derrière Volkswagen (3,9 millions) mais devant son grand rival Renault Nissan (2,5 millions) – prévoit de lancer une nouvelle génération de modèles à autonomie étendue (300 km) à l’horizon 2019. L’arrivée ce printemps de l’Opel Ampera-e dotée d’une autonomie réelle de 380 km pourrait constituer un tremplin pour le groupe PSA. Une phase de transition avant l’arrivée d’une gamme 100 % électrique signée Peugeot Citroën. Avant même sa commercialisation, l’avenir de la compacte au Blitz n’est pas assuré, quand bien même français et américains ont tenté de rassurer en confirmant officiellement qu’une collaboration sur les sujets électriques et piles à combustible (hydrogène) n’était pas exclue.

Fabrice SPATH

Fabrice SPATH

Cofondateur du site, Fabrice roule en électrique la semaine et en hybride rechargeable le week-end. Après être passé par la case ingénierie chez des constructeurs et équipementiers outre-Rhin, il collabore régulièrement avec la rédaction et travaille au développement de la place de marché.