Daimler investit dans l’électrique mais ne renonce pas au diesel

Publié le 15 septembre 2017 à 21h00 | Fabrice SPATH | 3 minutes

D’ici à 2022, le groupe allemand aura électrifié 50 de ses modèles et arrêté la production des citadines Smart à motorisation essence

D’ici à 2022, le groupe allemand aura électrifié 50 de ses modèles et arrêté la production des citadines Smart à motorisation essence

Mercedes se lance à son tour dans un vaste programme d’électrification de ses modèles. Une orientation stratégique très attendue, mais qui n’entraînera pas l’abandon des motorisations essence et diesel. Du moins, pas dans un avenir immédiat.

 

Programme d’électrification massive

Daimler va proposer des déclinaisons électrifiées à tous les modèles de la marque Mercedes d’ici 2022. « L’ensemble du portefeuille de produits Mercedes-Benz sera disponible dans une version électrifiée (hybride rechargeable ou tout-électrique, NDLR) afin d’offrir un maximum de choix aux consommateurs », a ainsi indiqué Dieter Zetsche, le PDG du groupe allemand, lors de la « Journée des Investisseurs », événement qui s’est tenu à Sindelfingen, dans le sud-ouest de l’Allemagne, le 11 septembre dernier. Ce programme concernera plus de « 50 versions de véhicules électrifiés » a par ailleurs précisé M. Zetsche.

Daimler a profité de l’occasion pour annoncer également que Smart, sa filiale spécialisée dans les citadines, va uniquement commercialiser des modèles électriques à compter de 2020. « Une marque urbaine comme Smart se doit d’être électrique », a déclaré sa PDG, Annette Winkler. « Le plan est d’arrêter la production des Smart essence mi-2019 en Europe et en Amérique du Nord », a-t-elle poursuivi.

Mercedes EQA
 

Conserver le portefeuille de véhicules diesel du groupe

Avec une stratégie d’électrification aussi ambitieuse pour ses deux filiales, Daimler se prépare d’ores et déjà à devoir faire face à des dépenses importantes afin d’assurer le développement de nouvelles motorisations. Un processus qui pèsera sur la rentabilité à court terme du groupe puisque les modèles électriques vont dégager « une marge de moitié inférieure à un modèle conventionnel, du moins en début de cycle », selon Dieter Zetsche.

Afin de conserver son niveau actuel de marge opérationnelle dans les années à venir, Daimler entend compenser ce virage accéléré vers l’électrique, d’une part, par la mise en place d’un vaste plan d’économie d’un montant de 4 milliards d’euros. Et d’autre part, par le maintien de la production de ses modèles diesel et essence. Pour M. Zetsche, l’abandon brutal des moteurs à explosion est en effet préjudiciable au développement même des moteurs dits « alternatifs » en raison de la baisse de revenus qu’il entraîne.  

« Quiconque estime que la mobilité sera durable grâce à l’interdiction d’un type de conduite rate l’essentiel. En particulier si cette interdiction rend un mauvais service à la politique actuelle sur le climat. En définitive, chaque voiture électrique est aussi durable que l’électricité qui la propulse » a ainsi averti le grand patron de Daimler.

Et d’ajouter : « Nous sommes dans une situation confortable avec le diesel le plus propre du marché. Nous ne devrons pas prendre de décision sur les investissements dans le diesel avant plusieurs années » (pour aller plus liin, lire notre article Voiture électrique : Daimler resserre encore son calendrier).

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Fabrice SPATH

Fabrice SPATH

Cofondateur du site, Fabrice roule en électrique la semaine et en hybride rechargeable le week-end. Après être passé par la case ingénierie chez des constructeurs et équipementiers outre-Rhin, il collabore régulièrement avec la rédaction et travaille au développement de la place de marché.