ESSAI – Porsche Panamera ST Turbo S E-Hybrid : l’écolo coiffe la gamme

Publié le 03 décembre 2017 à 15h00 | Fabrice SPATH | 7 minutes

Premier essai du break de chasse animé par un groupe hybride rechargeable V8 essence-électrique développant une puissance de 680 ch

Premier essai du break de chasse animé par un groupe hybride rechargeable V8 essence-électrique développant une puissance de 680 ch

Très proche des lignes du concept Sport Turismo dévoilé il y a plus de 5 ans, le premier break de l’histoire du constructeur adopte une seconde déclinaison hybride rechargeable qui, avec ses 680 ch et son prix de 191 942 euros, coiffe la gamme Porsche. Sans équivalent sur le marché, le break de chasse de Zuffenhausen est bluffant d’efficacité et, avec sa cinquième place d’appoint, séduira les pères de famille réfractaires aux SUV. Premier essai à son volant sur les routes de Malaga, en Espagne.

 

Premier break Porsche

Porsche Panamera Sport Turismo Turbo S E-Hybrid : un nom à rallonge dont l’idée a été matérialisée à l’automne 2012 avec le concept Sport Turismo exposé au Mondial de Paris. A l’époque, journalistes, clients et grand public s’émerveillaient devant les lignes du premier break de l’histoire du constructeur allemand. Oui, la berline Panamera née en 2009 était enfin devenue belle. Mais il aura fallu attendre 5 ans et une seconde génération pour que Porsche se décide à mettre en production ce modèle unique dont le style est étonnamment proche de l’étude. Dévoilée dans une première variante hybride rechargeable baptisée 4 E-Hybrid au dernier salon de Genève, la Sport Turismo Turbo S E-Hybrid troque le V6 contre un V8 essence-électrique développant une puissance totale de 680 ch.
 

Diversification et normes antipollution

Depuis le début des années 2000, le Porschiste a subi contraint et forcé les conséquences de la stratégie de diversification du constructeur et des normes antipollution : SUV Cayenne en 2002, berline Panamera en 2009 suivie dans la foulée d’un V6 diesel puis de motorisations hybrides essence-électrique. Première marque automobile premium à commercialiser une gamme de trois véhicules hybrides rechargeables – 918 Spyder, Cayenne et Panamera –, Porsche a été durant plusieurs années le fer de lance du groupe Volkswagen en matière de chaînes de traction électrifiées. Et dès 2019, le catalogue s’enrichira d’un modèle 100 % électrique, version de série du concept Mission E dévoilé en 2015 à Francfort en plein Dieselgate.
 

Un groupe essence-électrique de 680 ch

Les ambitions de Porsche dans ce domaine sont grandes : à l’horizon 2023, la direction s’est fixée l’objectif que 50 % de sa production sera électrique ou hybride rechargeable. Une véritable révolution pour l’industriel créé en 1931 dans un quartier de Stuttgart. Et la nouvelle déclinaison à très faibles émissions du break Sport Turismo doit contribuer à l’atteinte de cet objectif. Au programme : un V8 4.0 l turbo de 550 ch posé sur le train avant, un bloc électrique de 136 ch installé sur l’essieu arrière, une batterie Lithium-ion de 14,1 kWh (capacité inchangée par rapport à la version 4 E-Hybrid), le tout piloté par une boîte automatique PDK à 8 rapports et offrant une puissance cumulée de 680 ch (850 Nm).

Porsche Panamera Sport Turismo Turbo S E-Hybrid 

Volume : de 425 à 1 296 litres

Premier break dans la catégorie des grandes berlines dont les Audi A8, BMW Série 7, Mercedes Classe S, Jaguar XJ et autres Lexus LS, la Porsche Sport Turismo n’a pas sacrifiée son style au profit du volume de chargement. Sur les versions thermiques, le coffre de ce break de chasse gagne 50 litres par rapport à la berline (à 520 litres). Comme souvent, la variante hybride est pénalisée par l’implantation de la batterie. Résultat : un volume réduit à 425 l. Fort heureusement, le coffre de la ST peut être chargée jusqu’au toit et la banquette arrière 40/20/40 rabattable électriquement offre un plancher parfaitement plat dont le volume atteint 1 295 l. Une bonne nouvelle pour les pères pressés de familles nombreuses.
 

Configuration « 4 + 1 »

Mais que ces derniers, réfractaires aux SUV Macan et Cayenne dotés d’une cinquième place, réfrènent leur enthousiasme : la Sport Turismo offre une configuration « 4 + 1 ». Soit une place centrale arrière d’appoint qui souffre du passage du tunnel central et d’une faible largeur. Une petite déception dont le dernier-né de la famille devra s’accommoder, tant la ST est une véritable Porsche. Assise basse, volant droit, contacteur à gauche, trois superbes écrans digitaux – deux écrans de 7 pouces et un grand écran tactile de 12,3 pouces –, sièges massants et ventilés, boutons de climatisation à retour haptique (vibrations), … Seul le compte-tours au centre de l’instrumentation reste analogique.

 

Autonomie électrique de 30 km

Avec sa batterie Lithium-Ion rechargeable en 6h sur une prise de courant domestique (10 A) ou en 2h30 sur une borne de recharge semi-accélérée (7kW), à domicile, au travail ou sur la voie publique (via une trappe de charge située sur l’aile arrière droite), la Panamera hybride rechargeable offre une autonomie théorique de 50 km selon le très irréaliste cycle européen NEDC. En conditions réelles de roulage, la trentaine de kilomètres est dans ses cordes. De quoi rouler en mode « zéro émission » sur tout ou partie de ses trajets quotidiens. Le passage du mode électrique au mode hybride est imperceptible et seules les accélérations et reprises musclées font chanter le V8.

Redoutable efficacité

Mais grâce au pack optionnel Sport Chrono, le mode Launch Control transforme ce paisible break en une bête capable d’avaler le 0 à 100 km/h en seulement 3,6 secondes. La magie Porsche opère : calé à un régime de 5 000 tr/mn, le V8 coupleux à souhait gronde littéralement. En sortie de virage, le moteur électrique offre un surplus de couple disponible immédiatement, bien aidé par le différentiel arrière piloté électriquement (Porsche Torque Vectoring), la barre antiroulis adaptative et les roues arrière directrice. Redoutable d’efficacité, la Panemera ST Turbo S E-Hybrid fait oublier ses 2 035 kg à vide. Malheureusement, ses très (trop) nombreuses béquilles électroniques destinées à dompter le V8 gomment en partie le plaisir de conduite.

L’hybride remplace le diesel

Sans l’option freins céramiques, le système de freinage est rapidement dépassé par les événements en conduite sportive. Restent que son comportement routier est exemplaire, que sa suspension pneumatique absorbe avec aisance toutes les petites aspérités, que son habitabilité offre une belle polyvalence et que la combinaison essence-électrique est d’une redoutable efficacité, quel que soit le régime ou la vitesse (maximale 320 km/h). Facturée 191 942 euros en France, la ST Turbo hybride rechargeable coiffe la gamme Panamera. Aussi bien par son tarif que par sa puissance. Du jamais-vu pour un modèle électrifié chez Porsche. Mieux encore : la firme de Zuffenhausen, estimant que l’hybride offre suffisamment d’atouts en termes de consommation (11 l/100 km sur notre parcours mixte) et de fiscalité, n’a pas souhaité commercialiser une version diesel. Du moins pas avant 2018 …

Arme d’optimisation fiscale

Seule sur son marché depuis la mise en retraite du Mercedes CLS Shooting Break, la Sport Turismo Turbo S E-Hybrid pourrait être défiée par les Audi RS6 (605 ch) et Mercedes Classe E Estate AMG S (612 ch), moins performantes. Mais surtout sans électrification et donc sans avantage fiscal, ni pour les particuliers et encore moins pour les entreprises. Avec ses 69 g de CO2 et ses 680 ch, le modèle allemand devient une référence en matière d’optimisation fiscale automobile. Aucun malus, une taxe sur les véhicules de société (TVS) réduite à 138 euros par an et une vignette CRIT’Air de première catégorie offrant à son propriétaire de rouler malgré la mise en place du dispositif de circulation différenciée. Presque une bonne affaire, tout de même facturée près de 60 000 euros de plus que la version hybride rechargeable « civilisée » et 2 880 euros de plus que la berline animée par la même motorisation.

Galerie de photos

Les plus

  • lignes proches du concept
  • performances
  • 5e place d'appoint
  • fiscalité douce

Les moins

  • gabarit imposant
  • endurance du freinage (hors option céramique)
  • tarif élevé
  • liste des options
Fabrice SPATH

Fabrice SPATH

Cofondateur du site, Fabrice roule en électrique la semaine et en hybride rechargeable le week-end. Après être passé par la case ingénierie chez des constructeurs et équipementiers outre-Rhin, il collabore régulièrement avec la rédaction et travaille au développement de la place de marché.