Véhicule électrique en 2020 : Dyson souffle le chaud et le froid

Publié le 27 septembre 2017 à 11h00 | Fabrice SPATH | 3 minutes

Doté d’une batterie à l’état solide, le futur véhicule électrique siglé Dyson sera commercialisé en 2020 et bénéficiera d’un investissement de 2 milliards de livres

Doté d’une batterie à l’état solide, le futur véhicule électrique siglé Dyson sera commercialisé en 2020 et bénéficiera d’un investissement de 2 milliards de livres

Après avoir soufflé le chaud et le froid, James Dyson vient de confirmer son projet de voiture électrique. Lors d’une conférence de presse, le patron de l’entreprise éponyme spécialisée dans l’électroménager haut de gamme a précisé le calendrier, le montant des investissements et les recrutements à venir. Des défis colossaux que la bonne santé de l’entreprise devra être en mesure de relever avant 2020.

 

Batteries Sakti3 à l’état solide

Voilà une opération de communication orchestrée à la perfection ! Après avoir annoncé l’abandon probable de son projet de véhicule électrique au cœur de l’été (lire notre article à ce sujet), James Dyson a confié hier mardi 26 septembre devant des journalistes à Londres que sa firme d’électroménager allait bien se diversifier dans l’automobile. Précisant que plus de 400 employés – dont certains transfuges de Tesla et d’Aston Martin – planchent depuis près de deux ans et demi sur le véhicule mais aussi sur la batterie. Une pile révolutionnaire à l’état solide dont Dyson avait acquis le brevet en 2015 via le rachat de la start-up Sakti3. L’an passé encore, Sir Dyson qui possède la totalité du capital de son entreprise avait confié qu’un milliard de livres (1,14 milliards d’euros) sera engagé dans le développement d’un véhicule électrique.

 

2 milliards de livres d’investissement

Lors de la conférence de presse qui s’est tenue hier à Londres, le spécialiste de l’électroménager premium n’a fourni que peu de détails sur son projet de Dyson Car. Aucune spécification concernant la batterie ou l’autonomie, les caractéristiques techniques ou encore son lieu de production. Une discrétion souhaitée par le britannique pour qui le marché automobile est rude et les compétiteurs trop nombreux et puissants pour se laisser aller à des confidences. Tout juste a-t-on appris que l’entreprise investira 1 milliard de livres dans le véhicule en lui-même et qu’une enveloppe supplémentaire d’1 milliard de livres sera dédiée à la batterie solide, alternative au Lithium-Ion. Un investissement financé sur fonds propres grâce à l’excellente santé financière de l’entreprise (valorisée 4,7 milliards de livres) et via des subventions du gouvernement pour qui le projet constitue une belle opportunité de soutenir la filière.

 

2020 : un calendrier très serré

Reste que l’enthousiasme général suscité par ce projet peine à cacher des défis colossaux. A commencer par le calendrier et les ressources allouées. Selon les propos de James Dyson, son véhicule électrique sera commercialisé à l’horizon 2020 et plusieurs milliers de personnes seront recrutées pour mener à bien le programme. Très courts, les délais le sont encore davantage pour une entreprise qui ne possède ni plateforme, ni banque d’organes communes et encore moins un quelconque site de production. Si la conception devrait être assurée au Royaume-Uni, la fabrication des batteries et l’assemblage des véhicules seront vraisemblablement réalisés en Chine, premier marché automobile mondial. Un pays dans lequel le britannique fait déjà assembler ses aspirateurs, sèche-mains, sèche-cheveux et ses produits de traitement de l’air (dont les ventilateurs). Autant de défis que Dyson devra relever et qui ne sont pas sans rappeler ceux de Faraday Future qui, faute d’argent frais, a considérablement réduit ses ambitions (pour aller plus loin, lire Faraday Future : la grande ambition électrique touche à sa fin).

Fabrice SPATH

Fabrice SPATH

Cofondateur du site, Fabrice roule en électrique la semaine et en hybride rechargeable le week-end. Après être passé par la case ingénierie chez des constructeurs et équipementiers outre-Rhin, il collabore régulièrement avec la rédaction et travaille au développement de la place de marché.