Bornes de recharge : la course à la puissance est lancée

Publié le 07 janvier 2017 à 11h00 | Fabrice SPATH | 4 minutes

Au CES de Las Vegas, le constructeur et opérateur américain ChargePoint a dévoilé sa nouvelle borne 400 kW

Au CES de Las Vegas, le constructeur et opérateur américain ChargePoint a dévoilé sa nouvelle borne 400 kW

Tesla Motors n’aura bientôt plus le monopole mondial de la charge ultra-rapide. Après les constructeurs allemands qui ont annoncé vouloir déployer un réseau délivrant une puissance de 350 kW en Europe puis aux Etats-Unis, l’équipementier et opérateur ChargePoint a profité du CES pour présenter sa solution de charge culminant à 400 kW. Décryptage réalisé par Fabrice Spath depuis Las Vegas.

 

Nissan et Tesla Motors, les pionniers

CHAdeMO, CCS et 43 kW AC : un triptyque qui sonne comme une délivrance pour le conducteur de véhicule électrique à la recherche d’une borne de recharge rapide sur un long trajet. Trois standards qui cohabitent aujourd’hui sur les puissances de charge les plus élevées et qui permettent de recouvrir 80 % de l’autonomie en 30-40 mn sur la plupart des modèles électriques. Une révolution initiée dès le début des années 2010 par Nissan et Tesla Motors. Tandis que le Japonais s’est attaché les faveurs de grands noms de la distribution (grande et spécialisée) à l’image des marques Auchan, Avia, BP Delek, Cora ou encore Ikea, le Californien a déployé seul ses Superchargeurs.

Leurs points communs ? Déployer une infrastructure de charge mondiale pour accompagner les ventes de leurs véhicules électriques et offrir un accès gratuit et illimité aux clients des Nissan LEAF et e-NV200 ainsi qu’à ceux plus fortunés des Tesla Model S et, plus récemment, de Model X. Là s’arrêtent les comparaisons, la firme de Yokohama ayant fait le choix de déployer à l’unité des bornes de recharge rapide au standard nippon CHAdeMO dont la puissance est limitée à 50 kW. Contrairement à l’entreprise d’Elon Musk qui a implanté de véritables stations de charge dotées de leurs propres standards et comprenant plusieurs bornes délivrant d’abord une puissance de 120 kW pour progressivement atteindre 145 kW.

Allemands et Américains dans la surenchère

Face au phénomène d’hypertrophie des batteries et donc de croissance de l’autonomie des véhicules électriques, les constructeurs n’ont d’autre solution que de faire croître à leur tour les puissances délivrées par les stations de charge rapide. Une surenchère qui se traduit par un flot d’annonces destinées à rassurer le marché, les investisseurs mais aussi les futurs acheteurs. Au CES de Las Vegas, Nissan a ainsi annoncé que ses futurs modèles accepteraient une charge équivalente à 150 kW. Toujours au Consumer Electronics Show (CES), événement annuel incontournable de l’électronique grand public, l’équipementier et opérateur américain ChargePoint a dévoilé une borne de recharge rapide capable de délivrer 400 kW en crête.

Une petite révolution disponible dès juillet prochain sur le continent nord-américain mais qui ne sera compatible qu’avec les futurs modèles électriques à l’image des Audi Q6 e-tron et Porsche Mission E dont la commercialisation est attendue pour 2018-2019. Une architecture évolutive et une déferlante de Watts qui, avec plusieurs mois d’avance, coupe l’herbe sous le pied des équipementiers du Vieux Continent qui, à l’image du Français DBT CEV, pourtant leader européen sur la charge rapide, a pris beaucoup de retard dans la conception des bornes de nouvelle génération. Sous nos latitudes encore, un consortium de constructeurs automobiles allemands et américain (Ford) a récemment confirmé le déploiement d’un corridor électrique au standard CCS dont la puissance de charge atteindra 350 kW. De quoi recouvrer 300 km d’autonomie en une dizaine de minutes seulement.

Voiture électrique : la recharge ultra-rapide est pour demain

Un réseau probablement cofinancé par l’Union européenne dont le déploiement démarrera courant 2018 et qui, sans surprise, sera doté du standard de charge Combined Charging System (CCS). Un standard adopté par l’ensemble des industriels outre-Rhin ainsi que par le groupe sud-coréen Hyundai Kia. En France, Renault qui vient de renouveler sa citadine électrique ZOE en lui greffant une plus grande batterie devrait lui aussi adopter le CCS d’ici la fin de la décennie. Au détriment du format 43 kW AC qui équipe plusieurs centaines de bornes rapides en Europe. Des équipements financés en grande partie par les pouvoirs publics et qui finiront par devenir quasi obsolètes, seules les ZOE produites depuis 2012 acceptant ce standard spécifique.

Fabrice SPATH

Fabrice SPATH

Cofondateur du site, Fabrice roule en électrique la semaine et en hybride rechargeable le week-end. Après être passé par la case ingénierie chez des constructeurs et équipementiers outre-Rhin, il collabore régulièrement avec la rédaction et travaille au développement de la place de marché.