Alstom : son train à hydrogène circulera en Allemagne dès 2018

Publié le 05 décembre 2017 à 11h00 | La rédaction | 3 minutes

Outre-Rhin, la région de Basse-Saxe a commandé 14 exemplaires du Coradia iLint dont les premiers essais sur le réseau auront lieu en 2018

Outre-Rhin, la région de Basse-Saxe a commandé 14 exemplaires du Coradia iLint dont les premiers essais sur le réseau auront lieu en 2018

Les autorités de la région allemande de Basse-Saxe viennent de signer un protocole d’accord avec le groupe Alstom pour la fourniture de 14 trains à pile à combustible (hydrogène). Une première mondiale dans le domaine du transport ferroviaire.

Commande de 14 trains alimentés à l’hydrogène

Les autorités de la région de Basse-Saxe (Allemagne) viennent de signer un protocole d’accord d’une valeur de 200 millions d’euros avec le groupe Alstom pour la fourniture de 14 trains à pile à combustible alimentés à l’hydrogène. Une grande première dans le monde, alors que le diesel est principalement poussé vers la sortie dans le secteur des véhicules particuliers.

Baptisés « Coradia iLint », ces trains « zéro émission » qui sont fabriqués dans l’usine Alstom de Salzgitter, en Basse-Saxe, devraient arriver au printemps 2018 sur le réseau ferré allemand pour des essais et en 2021 pour les voyageurs. « Nous sommes maintenant à l'aube d'une nouvelle ère », a déclaré Wolfram Schwab, directeur des trains régionaux au sein de la compagnie française.

Avec une autonomie de 1 000 kilomètres – le plein d’hydrogène est réalisé en quelques minutes – et une vitesse maximale de 140 km/h, les Coradia iLint sont en mesure de faire aussi bien que les modèles classiques roulant au diesel ou à l’électricité en termes de trajet. Ils peuvent par ailleurs transporter jusqu’à 300 personnes. Mais surtout, ils ont la particularité de ne rejeter que de la vapeur d’eau à l’échappement.

Alstom train à hydrogène 

Production de l’hydrogène au moyen d’énergie éolienne

De son côté, le gouvernement fédéral de Basse-Saxe va investir 8,4 millions d’euros pour fabriquer de l’hydrogène non plus à partir d’énergies fossiles mais par électrolyse et au moyen d’énergie éolienne. En somme, les nouveaux trains seront véritablement « zéro pollution ». 

« L’association de l’hydrogène et des piles à combustible est la solution idéale pour protéger l’environnement et révolutionner les secteurs de l’énergie et des transports », a fermement maintenu Olaf Lies, le ministre des Transports de Basse-Saxe. Et d’ajouter : « Nous finançons des technologies innovantes et contribuons de manière durable à la révolution énergétique dans le secteur des transports ».

Par ailleurs, selon les pouvoirs publics de la région, « la technologie des piles à combustible a toutes les chances de s’imposer en Allemagne dans les 10 à 15 prochaines années ». Les vieilles locomotives au diesel vont-elles ainsi être bientôt remisées sur une voie de garage outre-Rhin ? C’est encore trop tôt pour l’affirmer.

 

HYDROGENE : dans le cadre de la COP23, conférence mondiale sur le climat, qui s’est récemment tenue à Bonn, en Allemagne, l’Hydrogen Council (Conseil de l’hydrogène) a publié une étude intitulée « La montée en puissance de l’hydrogène ». D’après celle-ci, le secteur pourrait générer jusqu’à 2 500 milliards de dollars de chiffre d’affaires et 30 millions d’emplois à l’horizon 2050. Dès 2030, le Conseil prévoit entre 10 et 15 millions d’automobiles et un demi-million de camions équipés de piles à combustible.

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